Comme un pantin

 

pantin

 Depuis tout ce temps que durait mon ‘’calvaire’’, ma poche d’urine s’était bien remplie et en glissant de mon brancard elle tomba sur le sol. Je poussai un cri de douleur, ce qui alerta un infirmier. Rien de grave m’avait il dit, tout en vérifiant que les bijoux de famille n’avaient pas trop morflés. La poche était maintenant solidement attachée pour ne plus poser le moindre problème, et l’incident étant clos, l’attente repris de plus belle. 

Le pneumologue s’était absenté pour une urgence, j’appris l’information de sa bouche. Il corrigea  de suite l’incompétence de l’infirmier, en effet mon drain bullait normalement. Dans le cas contraire, je ne préférais pas imaginer, ce qui aurait pu m’arriver. 

Je n’étais cependant pas au bout de mes malheurs, car l’équipe de brancardiers chargée de m’accompagner à ma chambre, trouva le moyen d’emberlificoter le tuyau de mon drain dans une roue de chariot, ce qui provoqua immédiatement un tiraillement au niveau de ma peau, et donc une profonde douleur. Je sentais le stress de ces hommes qui devaient résoudre rapidement le cas sans aggraver la situation. Grâce au ciel le problème fut rapidement résolu, et le brancard put de nouveau se mettre à rouler.

J’étais dans l’incapacité totale de faire le moindre effort physique, et tuyauté comme je l’étais, il ne fallait pas moins de quatre personnes pour soulever mon poids mort, afin de me transférer vers mon lit. Comme ce mardi 3 septembre n’était décidément pas mon jour de chance, un des brancardiers manquait à l’appel au moment de passer à l’acte. Le retardataire s’était isolé pour répondre à une communication téléphonique, je crus le comprendre à son retour. Son absence n’avait pas contribué à faire baisser la tension au sein de l’équipe qui se rétablissait difficilement de l’incident précédent.

Tous ces imprévus ne remettaient pas forcément en cause le professionnalisme du milieu médical, et comme dit le proverbe, il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. Je n’étais donc pas rancunier, et avant qu’ils ne me laissent en paix,  je me permis même de remercier les deux brancardiers qui m’avaient raccompagné jusque dans ma chambre.

Cette fois je prenais conscience que mon séjour en soins intensifs allait se prolonger, mais avant toutes choses, j’étais un pantin que l’on avait cessé d’articuler, j’appréciais donc ma tranquillité retrouvée, et pour mes perspectives d’avenir, j’abandonnais mon destin entre les mains des médecins.

L’équipe soignante avait autorisé ma famille à transgresser le règlement, car j’avais passé la majorité du temps des visites autorisées au bloc opératoire, aussi Chantal et ma fille ne me quittèrent pas avant dix huit heures. Je n’avais pas été très réactif à leur présence, car la fatigue physique et les différents calmants avaient tendance à me faire planer dans une autre dimension. Pourtant il me restait encore  une petite part de lucidité, aussi je pressentais l’arrivée de la nuit. Je redoutais sa noirceur, et son emprise négative sur moi. J’avais envie de fuir cette menace, comme les gens  fuyaient  la peste au moyen-âge.

Dormir restait un exercice difficile, cependant avec beaucoup de peine et en m’agrippant à la barrière de protection, je parvenais à changer de position l’espace d’un moment. Cette petite portion d’autonomie retrouvée, m’aidait moralement à supporter mes insomnies. L’équipe médicale continuait à me prodiguer les soins nécessaires, et notamment j’appréciais les massages qui soulageaient mon dos et mes fesses endoloris. Je sollicitais toujours autant l’infirmière et ses collègues pour me remonter vers la tête du lit. Globalement ces périodes nocturnes restaient toujours un moment délicat, dont je me serais bien passé.

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