Un petit moment de privilèges

 

privilège

A l’inverse, la matinée demeurait un moment privilégié de ce séjour prolongé, toujours à cause de ces nombreux contacts humains, qui n’avaient de cesse de s’étendre et de s’enrichir. En effet, les gens qui gravitaient autour de moi, commençaient à me connaître, et la convivialité l’emportait le plus souvent sur les rapports conventionnels entre personnel de clinique, et malade.

Mes progrès en matière de mobilité, me permettaient de passer un petit moment au fauteuil, bien que mon drain soit excessivement douloureux. Depuis peu, je faisais moi-même la toilette de mon visage, je me rasais, et je me lavais les dents. Une fois cette tâche accomplie j’avais hâte de retourner me coucher, car ma vaillance ne durait guère.

Je n’avais plus d’injection de morphine par cathéter péridural, mais je continuais à être soulagé par perfusion, aussi depuis le mardi de mon admission je n’avais toujours ni mangé, ni bu. Le staff médical avait décidé de commencer à me réalimenter par voie veineuse, aussi une énorme poche d’un produit laiteux pendait au dessus de mon lit.  

Autre signe d’une avancée significative vers la convalescence, j’étais débarrassé de ma sonde urinaire, et en matière de confort, le cadeau que l’urologue m’avait fait n’avait pas de prix.

Si pour ma surrénale, la situation s’améliorait nettement, en ce qui concerne mon pneumothorax, j’avais entamé plutôt une longue attente. Le personnel médical, gardait le silence total à ce sujet, mais je n’avais pas non plus la curiosité de demander la moindre des explications. Pourtant les examens des poumons s’enchainaient à un rythme quotidien, et à chaque fois je me soumettais au bon vouloir du radiologiste, sans jamais broncher. Encore une fois avec du recul, je me demande encore à ce jour,  la raison pour laquelle je me comportais de la sorte. L’explication venait-elle de l’absorption de médicaments inhibiteurs de la pensée, des effets secondaires de ces anesthésies à répétition,  ou à cause d’un épuisement physique et psychologique  extrême, mais une chose est sûre, je n’étais pas acteur de ma maladie.

En fait je me focalisais davantage sur les progrès que j’accomplissais dans d’autres domaines, notamment l’infirmière m’avait retiré mon cathéter sous clavière, j’étais autorisé à absorber un peu d’eau, et surtout le matin je retrouvais le plaisir de boire un bol de café au lait, avec deux petites biscottes garnies de confiture. Un retour à la normale qui s’était fait désirer, mais que j’appréciais là encore à sa juste valeur.

Le drain pleural ne bullait plus, sans doute que les derniers clichés radiologiques étaient encourageants, car l’infirmière avait reçu l’ordre de le clamper. Sans entrer dans les détails, elle m’en donna l’information. Malgré cette bonne nouvelle je ne remontais pas la pente aussi vite que ma famille l’aurait souhaité, essentiellement en raison des moments difficiles que j’avais passé, mon corps en payait encore les factures, et puis et surtout à cause d’une qualité de sommeil insuffisante, qui agissait négativement sur mon humeur, provoquant en autre chose, une hyperémotivité qui ressemblait davantage à l’expression d’une profonde fatigue physique, plutôt qu’à du découragement. D’après le témoignage de Chantal, la journée la plus dure fut celle du  jeudi 5 septembre, où elle avait eu peur que j’abandonne la lutte, avec cette fâcheuse  perception de me voir m’enfoncer dans un univers qui n’était pas le sien. Mon coup de fil du lendemain l’avait cependant rassuré, sans doute parce qu’elle m’avait senti plus réceptif à ses paroles, ma meilleure forme résultant probablement d’une assez bonne  nuit de sommeil.  

privilège 2

 



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