Le poids de la solitude

 

mon ange gardien

A présent je regardais le plafond,  ma solitude allait durer, mon corps était allongé dans ce lit, mais mes pensées allaient vers cette réunion de cousins, sans doute réussie, grâce à un soleil fort généreux. Une photo de groupe était prévue, j’imaginais le déroulement de cette journée, et je ne doutais pas un seul instant qu’à l’heure où j’espérais pourvoir débuter ma sieste, l’apéritif ne devait pas encore être servi. Pourquoi fallait-il encore que je sois dans cette situation d’injustice ? Quelles fautes avais-je commises pour passer ma vie à payer factures sur factures ? Je repensais à ma mère, j’espérais de là-haut qu’elle puisse me voir  dans cet état. Pourquoi ne faisait-elle rien pour adoucir ma peine ? Les larmes se mirent à couler, personne ne pouvait me venir en aide, j’étais seul face à mon destin, tant pis pour moi, tant mieux pour les autres. L’infirmière de service était rentrée soudainement, je sentis sa gêne, lorsqu’elle constatât mon état.

« C’est juste de la fatigue, simplement une grosse fatigue, » lui assurai-je, alors qu’elle détournait le regard, pour préserver ma pudeur.  Elle garda le silence, et continua son travail comme si de rien n’était, puis quitta ma chambre pour aller s’occuper sans doute, d’un autre patient.

Aujourd’hui était une journée particulière, car en tant qu’organisatrice du rassemblement, je ne savais pas à quel moment Chantal allait pouvoir se libérer. Pourtant je ne pouvais compter que sur les visites de ma famille, pour apaiser le poids de l’ennui, et pour rompre  ma sensation d’isolement, deux réactions négatives qui jusqu’à présent n’avaient guère affecté mon état d’esprit. La télévision n’avait pas la vocation de me distraire, plutôt celle de briser le silence. Je ne pouvais pas tabler sur un petit moment de sieste pour effacer la monotonie des lieux, car l’assoupissement ne venait pas non plus. Un coup de fil m’apporta une jolie bouffée d’oxygène, je savais à présent que Chantal et ma fille seraient en retard, mais qu’elle passerait me raconter le déroulement de la fête, je n’avais donc plus qu’à faire preuve de patience.

Qu’il est réconfortant de recevoir des nouvelles de l’extérieur quand votre horizon se compose d’un lit, d’un fauteuil, d’un téléviseur et de quatre murs, et que le passage régulier du personnel médical représente votre unique distraction du moment. La visite de mes proches avaient été rapide, mais elle m’avait permis  de faire le plein d’énergie et de bonne humeur avant une nouvelle nuit d’enfermement.

Ce lundi matin 9 septembre bouclait ma deuxième semaine de confinement en soins intensifs, je ne savais pas très bien si cette situation allait perdurer, je n’étais pas inquiet pour mon pneumothorax car au fil des radiographies je n’avais que de bonnes nouvelles, mais je n’étais pas curieux pour autant de savoir si nous allions enfin un  jour parvenir à ‘’ma libération sans conditions’’.

Les unes à la suite des autres  les aides soignantes, l’infirmière et une femme de service avaient peuplé  ma chambre, pour les constantes médicales, les médicaments, et le petit déjeuner du matin. Il était pourtant encore bien tôt lorsqu’une autre infirmière équipée d’un fauteuil roulant se présenta à son tour devant moi.

« Monsieur Gautier, bonne nouvelle, le pneumologue va retirer votre drain aujourd’hui. Vous allez passer une radiographie debout, car les résultats de l’examen seront plus précis. Justement je viens vous chercher pour ne pas perdre de temps, vous n’aurez pas besoin d’attendre un brancardier, et vous passerez plus vite au service radiologie. »

Je voulais bien tout ce qu’elle voulait, mais des examens debout j’en avais déjà passé dans ma chambre, devant mon fauteuil,  avec un appareil mobile. Si cet appareil ne remplissait pas correctement ses fonctions, pourquoi dépenser autant d’énergie et de finances publiques pour l’utiliser à tout bout de champ.

Ma descente au rez-de-chaussée avait été effectivement très rapide. Mon accompagnatrice m’avait installé dans la salle d’attente au centre de la pièce, alors que j’étais entouré de plusieurs patients en consultation externe, espérant entendre leur nom à chaque apparition de la manipulatrice en radiologie. Il y avait face à moi accroché au mur, un écran plat de télévision qui diffusait des images d’une émission quelconque, à laquelle personne ne s’intéressait. Mon infirmière était passée au service avant de venir me susurrer à l’oreille qu’on allait s’occuper tout de suite de moi. Elle  s’éloigna ensuite en m’adressant un sourire, sans doute partait-elle rejoindre son poste de travail. 

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