Gaz hilarant

gaz hilarant

Alors que le travail que j’effectuais sur moi-même portait ses fruits, et que par conséquent je me libérais progressivement de mon obsession,  le médecin et plusieurs membres du personnel investirent les lieux. Le moment tant désiré arrivait enfin.

L’infirmière en chef sortit à la recherche d’une bouteille de gaz hilarant, elle estimait que j’avais assez souffert comme ça, et qu’il était inutile d’en rajouter une couche. Le produit devait m’être administré au moyen d’un masque, qu’une aide soignante tiendrait fermement en couvrant mon nez et ma bouche, tandis que l’infirmière assisterait le pneumologue. 

« Vous allez inspirer expirer, profondément et régulièrement. Après quelques bouffées vous vous sentirez léger et détendu. Vous resterez toutefois toujours conscient, et vous pourrez réagir en cas de problème. »

C’était la première fois depuis que j’avais entamé en 2004 cette série de graves interventions, que l’on me proposait cette méthode, au moment de me retirer un drain. Dans tous les autres cas,  les médecins avaient fait le travail sans se soucier de mon confort personnel. Ils comptaient sur leur expérience et sur la rapidité de leur geste,  pour que ma souffrance soit brève,  je ne m’étais jamais plein car j’ignorais totalement que la technique pouvait être améliorée.

J’entendis quelques très rapides échanges verbaux entre le médecin et son acolyte pour coordonner leurs mouvements, je sentis ensuite un fort désagréable picotement au niveau de la peau, mais la parole rassurante du spécialiste me fit oublier tout le reste.

« Voilà monsieur c’est terminé. »

Cette annonce fut accompagnée par de discrets petits applaudissements émanant du personnel qui me suivait depuis le début de mon séjour, et qui comprenait parfaitement mon état d’esprit du moment. Cette réaction remplie de compassions, me fit tirer des larmes autant de fatigue que de soulagement.

A partir de cet instant, tout s’accéléra. On me fit porter mon plateau repas qui avait été mis de côté pendant l’intervention, mais avant que je me mette à déjeuner, une aide soignante collabora à mes efforts pour que je me rende à mon fauteuil. Il me restait une entrave pour être totalement libre, mes électrodes qui me reliaient au moniteur cardiaque, n’avaient toujours pas été retirées. Pour l’heure je ne savais pas encore ce qu’on allait faire de moi, au pire je pensai qu’il me resterait encore une nuit à passer dans ce service.

Mon séjour ici avait été jusqu’à ce jour comme un film tourné au ralenti, mais désormais les images défilaient à la vitesse de celles que nos ancêtres avaient pu voir sur un écran au début du cinéma. Aussi comme s’il fallait évacuer de toute urgence les locaux pour cause de danger, l’infirmière et ses deux aides-soignantes s’engouffrèrent dans ma pièce, l’une pour me défaire de mes électrodes, les autres pour rassembler toutes mes affaires dans mon sac. Un fauteuil roulant n’attendait plus que moi pour me transférer, et en quelques minutes, je fus réinstallé dans l’une de ces chambres qui auraient dû m’accueillir depuis déjà bien longtemps.

« Et bien monsieur Gautier nous attendons notre verre de champagne ? »

J’avais promis paraît-il d’offrir à l’équipe une bouteille de champagne le jour de ma ‘’libération’’.

«  Nous vous souhaitons un bon retour chez vous, et rétablissez-vous très vite. Ma collègue qui va vous prendre en charge viendra vous voir dès que possible. »

Je ne restai pas longtemps tout seul, il était l’heure des visites et ma famille avait été prévenue de la bonne nouvelle. L’émotion était forte, mes larmes coulaient exprimant autant l’état de fatigue dans laquelle l’expérience m’avait laissé, que la joie d’apercevoir enfin le bout du tunnel.

Bien des choses allaient changer, je ne reverrais pas aussi souvent les équipes médicales, mais en contrepartie le champ des visites serait élargi à d’autres personnes que mes proches, avec en prime une plus grande amplitude horaire pour les recevoir.

gaz hilarant 2

 



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