Autonomie retrouvée

 

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Je ne savais que faire de mon autonomie nouvellement acquise, je devais surtout reprendre de l’assurance. Alors que le matin on me massait les talons, le dos, et les fesses, pour éviter les esquarres, alors que le matin même on m’aidait à rejoindre le lavabo pour que je fasse ma toilette, alors que le matin même on m’assistait pour m’allonger dans mon lit ou pour m’asseoir dans mon fauteuil, à présent il fallait me débrouiller tout seul, et j’avais un peu peur d’en avoir ni la force, ni la volonté.    

Le kinésithérapeute considérant que mon état de santé ne requérait plus ses compétences, avait mis un terme à nos rencontres. Cependant privé définitivement de surrénales, et compte-tenu du fait que j’allais très prochainement quitter la clinique, une endocrinologue se présenta devant moi pour m’expliquer comment me soigner. Je ne m’opposai pas à dialoguer une nouvelle fois avec le psychologue, quant à l’infirmière de service, je la côtoyais essentiellement pour ma piqûre anti-phlébite, et pour me distribuer à heure régulière mes médicaments, nos rapports restant ainsi purement médical.  

La hantise de voir mes douleurs cervicales s’intensifier après cette surrénalectomie s’était un peu estompée, car à ma grande surprise mon séjour se passait plutôt bien de ce côté-là,  mais je n’avais jamais manqué jusqu’à ce jour de rappeler aux personnes qui s’étaient occupées de moi, de prendre les précautions nécessaires pour ne pas provoquer de nouvelles crises.

Après un peu plus de huit jours d’absence, l’urologue qui m’avait opéré était de retour au sein de son service. Il ne manqua pas de passer dans ma chambre lors de ses visites du soir. Il préférait me garder une journée supplémentaire par mesure de prudence, mais il me fit la promesse de me ‘’libérer’’ le jour suivant.

Un fois le diner avalé, je savais que ma solitude durerait la soirée et la nuit entière. J’avais été l’objet de toutes les attentions, mais à présent d’autres malades étaient beaucoup plus nécessiteux.

Sortir d’un seul coup de deux semaines d’enfermement physique et psychologique me faisait l’effet d’un électrochoc. De plus mon esprit semblait beaucoup plus clair, sans aucun doute,  les effets des anesthésies et de la morphine s’estompaient. Ces deux raisons étaient probablement à l’origine de l’intérêt que je portais de nouveau à regarder certains programmes de la télévision. Et puis j’avais envie de retarder le plus longtemps possible le moment où il faudrait sombrer dans l’obscurité, car en faveur de la nuit je savais que la crise d’angoisse ne serait pas bien éloignée, et ce malgré le travail accompli sur moi-même pour lutter contre mes émotions. 

Finalement je n’avais pas trop souffert du traumatisme bien ancré dans mon esprit en raison de cette expérience sur le point de s’achever, mais par contre la fraîcheur qui s’était installée dans notre paysage des Mauges en ce début septembre s’était invitée également dans ma chambre, pour mon plus grand déplaisir.

Le jour s’était levé sous un ciel gris et automnal, faute de couverture j’avais remonté sur moi mon couvre-lit et je regrettais de ne pas y avoir pensé plut tôt. Les prises de constantes par l’équipe médicale du matin avaient précédé le petit déjeuner apprécié par mon organisme qui commençait doucement à se réchauffer.

Comme je l’ai déjà mentionné précédemment, j’avais été tellement assisté pendant ce séjour que ma confiance en mes forces physiques était fortement limitée. Pourtant il ne s’agissait point de se dérober, car j’avais besoin expressément de prendre une bonne douche, la toilette quotidienne de ces quinze derniers jours ayant été quand même relativement succincte.

Un simple antalgique avait remplacé toutes les drogues que l’on avait pu m’administrer depuis mon arrivée en soins de suite, aussi je sentais des endolorissements certes de moindre intensité s’installer durablement à l’intérieur de moi. Mes déplacements étaient lents et mes pas peu assurés, ma tête semblait vide à la limite de l’étourdissement, et surtout je tremblotais sans trop savoir comment faire pour arrêter le phénomène.

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