Travail de forçat

 

travail de forçat

Me laver s’était apparenté à un travail de forçat, j’avais dépensé le peu de ressources à ma disposition pour me faire propre, mais à présent que j’étais allongé sur mon lit, j’étais satisfait des bienfaits procurés grâce à mes efforts. 

La célioscopie n’avait pas pu être pratiquée, l’urologue avait ouvert au même endroit à droite qu’en janvier 2005. J’étais affublé d’un peu plus d’une cinquantaine d’agrafes, et j’avais été prévenu qu’après la douche il faudrait prévenir une infirmière pour qu’elle vienne en retirer une grande partie.

L’opération était lente et délicate mais à part quelques picotements je ne sentais pas vraiment de la douleur. Il n’empêche que j’étais trop tendu pour prendre plaisir à une quelconque discussion avec la personne qui se tenait à mon chevet.  

« Voilà monsieur je vous ai retiré une quarantaine d’agrafes, il faudra prévoir une infirmière à domicile pour retirer les autres. »

La douche prise, mes agrafes en moins, mon pansement proprement refait, je me sentais comme un homme neuf. Je n’avais cependant pas envie de faire grand-chose d’autre que de regarder la télévision, en espérant ne pas être rattrapé par l’ennui.

Assis dans un fauteuil finalement assez inconfortable, je crus ressentir quelques petites douleurs névralgiques derrière mon oreille gauche jusqu’à hauteur de mon épaule opérée en mai, je ne voulu pas croire à un retour en force de mes problèmes cervicaux, et j’oubliai bien vite l’incident.   

Je misais davantage sur le plaisir qu’allait me procurer l’arrivée de l’après-midi et avec elle, celle de la présence de ma famille.

Comme promis le psychologue se présenta pour discuter une dernière fois avant mon départ. J’aimais l’homme pour son approche très professionnelle du malade, pour son empathie, pour son calme  et pour sa disponibilité. Ce n’était pas un entretien au rabais, même si mes presque neuves années de confrontation avec le malin m’avaient appris beaucoup plus qu’il ne pouvait m’en apprendre lui-même.

Je considérai le repas comme un moment fort de plaisir, et c’était plutôt un excellent indicateur de mon humeur, et surtout avoir de l’appétit signifiait également que ma convalescence débutait sous de bons augures.

La cerise sur le gâteau restait en n’en pas douter l’apparition dans l’encadrement de la porte de visages familiers. Ce mercredi 11 septembre allait se démarquer du reste de mon séjour grâce aux visites également de différents amis.

Justement alors que je tentais péniblement de faire la sieste, le journal d’Elise Lucet en sourdine, mon fils Romain ouvrit le défilé des personnes qui allait m’offrir le poids d’un enferment beaucoup plus facile à supporter.  

A l’inverse de mon hospitalisation de 2010 suite à ma septicémie, où les visites avaient été nombreuses, parfois même trop nombreuses et excessivement épuisantes, ce nouveau séjour en milieu médical m’avait profondément isolé du monde extérieur, j’avais l’impression d’une réelle renaissance. Mon cancer avait les capacités de m’enfoncer au plus profond des ténèbres, et de m’accorder régulièrement l’espoir de revoir un jour le soleil.

La soirée, le diner, et la nuit seraient théoriquement les dernières étapes avant mon retour dans le monde des gens ordinaires, j’osais espérer qu’il en soit ainsi et pas autrement, car les conséquences seraient à n’en pas douter désastreuses.

Mêmes causes mêmes effets, je reculais le moment d’éteindre mon récepteur de télévision, pourtant j’avais bien besoin de dormir. Je ne voulais pas renouveler l’expérience de la veille, je pris donc la décision de me coucher avec mon couvre lit jusqu’à hauteur du cou. Malgré cette précaution, je ne sentais pas réellement mon corps se réchauffer, décidément ce nouveau séjour en milieux médicaux n’aurait pas brillé par la qualité de mon sommeil.

Malgré mes déboires, les aiguilles de la pendule ne cessaient pas d’avancer, et à force de patience, Morphée finit par m’adopter.

 

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