Lourdeurs administratives

 

lourdeurs administratives

Il n’y a que deux jours dans l’année où l’on ne peut rien faire. Ils s’appellent hier et demain.

Pour le moment, aujourd’hui est le jour idéal pour aimer croire faire et principalement vivre.

Dalaï Lama

 

Pas plus que les autres jours, il ne fallut compter sur l’équipe médicale pour m’autoriser la grâce matinée, et à 7h 30 j’étais déjà devant mon bol de café au lait. Qu’importe-le manque de sommeil, j’espérais pouvoir me rattraper chez moi, et la fatigue consécutive à une nuit, somme toute assez écourtée, ne devait pas gâcher mon plaisir du départ. 

A l’extérieur le temps ne s’était guère arrangé, le soleil chaud de juillet et août avait laissé sa place à une grisaille peu stimulante pour recouvrer de l’énergie. J’avais réellement la flemme de prendre une douche, j’optai donc pour une toilette complète au lavabo, assis dans une chaise pour ménager mes efforts. Cependant je n’osais pas m’habiller et repris ainsi mon pyjama en attendant la visite du grand boss. Patient est un mot qui port bien son nom. Depuis décembre 2004 j’avais passé des heures à attendre mes différentes rencontres avec les médecins ou autres blouses blanches, ce jour ne dérogeait pas à la règle.

Toutes choses finissent par arriver, et lorsque le docteur C se présenta à mes yeux, je compris très vite que ma libération était définitivement proclamée.

Un coup de fil à Chantal et le temps nécessaire pour m’habiller plus tard j’étais fin prêt pour respirer le grand air.

Auparavant j’avais été faire un petit tour du côté des soins de suite, et j’avais laissé à l’accueil une boîte de gâteaux, que Chantal s’était chargé d’acheter à ma place, pour remercier le service de nos relations privilégiés.  

Pas de délivrance cependant sans passer par les lourdeurs administratives. Chantal s’y était employée par la force des habitudes. Elle était sensiblement énervée de penser que nous allions devoir nous occuper d’annuler un rendez-vous de scanner IRM à Nantes pour la seconde fois, (la première date tombant en plein milieu de mon hospitalisation). L’urologue pensait que mon opération était beaucoup trop récente pour que l’examen au scanner soit viable, il m’avait promis de se charger de cet autre contretemps auprès de CHD avant de se raviser auprès de sa secrétaire qui avait informé Chantal du virement de situation. 

Comme à chaque fois, lorsque je franchis le seuil du bâtiment, j’eus l’impression d’atterrir d’une autre planète. Le monde continuait à tourner autour de moi, et mes difficiles moments n’avaient pas fait la une des journaux, tout le monde ne s’appelle pas Johnny Halliday.

A la maison cette nouvelle période de convalescence montait d’un cran, car désormais j’allais bénéficier d’un fauteuil et d’une table de malade pour adapter les lieux à un contexte qui avait évolué dans le mauvais sens du terme.

La période post opératoire avait engendré du stress, et pas mal de questionnements, la période d’hospitalisation avait été ressenti dans l’urgence du moment, et à présent que les choses s’étaient apaisées je pouvais prendre un peu de recul et penser à l’avenir sans dramatiser ni pour autant me bercer de trop d’illusions. Il fallait de nouveau pratiquer une gymnastique de l’esprit qui me permettrait de ne pas rendre la situation invivable.

Les infirmières à domicile reprirent leur rythme de visites journalières là où elles les avaient laissées, pour pratiquer piqûres anti phlébite, prise de sang et pansements réguliers en sus.

Le pharmacien ne se plaignait guère de mes visites régulières car à chaque fois j’augmentais le ‘’panier de la ménagère’’. Sans surrénales il fallait désormais agrémenter mon pilulier d’Hydrocortisone en comprimés ainsi que de Flucortac également en comprimés en plus des autres médicaments. Certes je n’avais plus à supporter les effets secondaires du Sutent interrompu au terme de son 21ème cycle, mais pour combien de temps ? Il valait mieux ne pas y penser et vivre l’instant présent comme j’avais toujours essayé de la faire depuis le début de la maladie.

lourdeurs administratives 2

 



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