Comportement pragmatique

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Nos invités étaient repartis au bout de leur séjour d’une semaine, l’euphorie des festivités était retombée, le sapin de Noël démonté avait retrouvé sa place dans un coin du sous-sol, et à présent le mois de janvier 2014 nous apportait son lot de perturbations venues de l’atlantique. En ce qui me concerne, les vœux de ce début d’année ne se résumaient qu’à une seule chose, recouvrer la santé, ce qui n’était pas le moindre des désirs. Pour l’heure il ne fallait pas se bercer d’illusions, et adopter plutôt un comportement pragmatique.

Courant décembre, j’avais bénéficié de trois séances de kiné soldant ainsi une ordonnance datant de juillet, mes rendez-vous ayant été interrompus par mon hospitalisation datant de la fin de l’été. Néanmoins mes douleurs cervicales ne s’étaient pas estompées. De plus j’avais  abandonné le Tramadol, un antalgique puissant, dont je ne pouvais pas supporter les effets secondaires. Il fallait essayer une autre méthode pour me débarrasser de cette souffrance lancinante, l’ostéopathie pouvait être une solution. Chantal prit sur elle pour devancer ma demande, et je me retrouvai chez madame B avant même de m’en rendre compte. La différence avec la kinésithérapie, c’était que l’ostéopathe m’expliquait les raisons et les effets de chaque manipulation qu’elle effectuait, et c’était bougrement motivant pour moi d’être associé à chaque action qu’elle menait pour déverrouiller mon corps engourdi par trop d’épreuves. Je ne savais pas si cette séance de ¾ d’heure allait m’apporter les bienfaits tant escomptés, mais je ressortais de son cabinet avec une vision un peu plus optimiste des choses.      

La semaine de la trêve des confiseurs était belle et bien derrière moi, la nuée des rendez-vous en tous genres remplissait de nouveau  ‘’mon carnet de bal’’

Le jeudi 9 janvier, notre voiture nous conduisit pour la ixième fois à la clinique en consultation externe, cette fois pour échographier ma thyroïde. Je n’y allais pas la fleur au fusil,  mais je n’étais pas angoissé non plus. Il ne faudrait pas noircir le tableau et toujours regarder le côté positif des choses, mais j’avoue que le déroulement de cet examen n’avait pas été à la hauteur de ce qu’un malade est sensé en attendre.

Une assistante m’avait invité à me mettre torse-nu dans une petite cabine prévue à cet effet, et me conduisait à présent dans la direction de la table d’examen sur laquelle elle m’empressa de m’allonger. La salle d’échographie était en ambiance lumineuse très sombre, en fait seul l’écran de contrôle, et un vasistas donnant sur une pièce, elle-même éclairée par une fenêtre donnant sur l’extérieur, m’avait permis de voir où je marchais. Comme la vedette se fait attendre au lever du rideau, le radiologue me laissait désespérément seul, faisant naître en moi un mal être dont je me serais bien passé. Le ronron de la machine, et la chaleur qu’elle dégageait me rappelait des souvenirs récents, encore profondément ancrés dans mon esprit.

L’homme apparu enfin dans l’encadrement de la porte, qu’il venait d’ouvrir, puis passa à hauteur de mes pieds sans daigner me regarder, ni même me dire bonjour. Il s’installa devant son écran de contrôle poursuivit en silence son travail, en commençant pas me passer du gel au niveau du cou.

« Avez-vous apportez les résultats de vos précédents examens ? »

Je n’avais rien ramené du tout, et c’était sans doute une faute de ma part, quoiqu’il devait avoir probablement accès à mon dossier informatisé, puisque toutes les échographies antérieures avaient été pratiquées par la même équipe médicale, mais dans un cabinet situé en centre ville. J’ignorais si j’étais la cause de sa mauvaise humeur, ou si des raisons personnelles expliquaient son comportement,  mais le praticien m’imposait son visage des mauvais jours, et son regard fort réprobateur ne m’aidait guère à conserver ce qu’il me restait de sérénité.

Il semblait embarrassé et sans aucun doute il y avait quelque chose qui devait ne pas lui convenir dans ce qu’il était en train d’explorer.

« Est-ce vous vous êtes fait opéré de la thyroïde ? »

« Non ! »

Le praticien quitta les lieux un moment qui me paru une éternité. Il revint puis s’attela de nouveau à la tâche. La valse-hésitation dont il faisait preuve, me rappelait de très vilains souvenirs, j’osai cependant lui poser la question cruciale.

« Y’a-t’il un problème ? »

« Oui et non, je n’arrive pas à localiser votre thyroïde. »

Je commençais à me mordre l’intérieur de la bouche, mon stress devenait palpable, j’avais une seule envie, celle de m’enfuir de ce lieu, on ne peut plus sinistre.

« Prenez ce mouchoir en papier pour vous essuyer, l’examen est terminé. »

Allongé sur la table, je me sentais totalement écrasé par l‘autorité du personnage assis à côté de moi, lui seul connaissait le verdict, et il  n’allait pas manquer de me le communiquer. 

« Votre thyroïde est complètement atrophiée, il faut faire preuve de beaucoup d’acharnement pour l’apercevoir à l’écran. »

« Quel en est la raison ? »

« Il ne m’appartient pas d’établir un diagnostic, mon travail s’arrête à cette simple constatation. Vous pouvez vous rhabiller, et attendre devant le secrétariat le courrier pour votre médecin. »

« Dans l’entrée ? »

« Oui évidement ! »

Jusqu’au bout le praticien avait été désagréable. Outre le fait qu’une autre merde s’apprêtait probablement à me tomber sur la figure, j’étais également blessé par cette attitude de mépris.

Chantal referma son livre, je lui fis part de mon énervement, et nous passâmes ensuite du côté de l’accueil.

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