Tuer l’impatience

 

carie

 

Le lendemain de mon expédition à la clinique, le dentiste m’attendait à son tour pour réparer définitivement la dent malade, qu’il m’avait provisoirement soignée en décembre. Suite et grâce à une radiographie mal faite, il avait découvert fortuitement qu’une autre dent demandait à être bichonnée. Je n’étais pas sorti très fier de cette intervention, car la carie dentaire se situait dans la racine, et le praticien avait travaillé dur pour parvenir à ses fins, je savais maintenant qu’en février il faudrait recommencer l’exercice à un autre endroit de ma dentition.    

Les jours suivants je fus aux aguets, redoutant un coup de téléphone de l’endocrinologue ou de mon généraliste, m’annonçant encore une épreuve à affronter. Le téléphone resta silencieux, aussi je préférai sinon oublier l’épisode du moins minimiser son impact psychologique, en plongeant tout bêtement dans le déni, un mécanisme de défense efficace, quand la vie devient trop difficile à vivre.

Lors de ma dernière visite au centre anticancéreux, j’avais été un peu déstabilisé par la décision de mon oncologue de prolonger de 4 mois le délai habituel entre deux scanners. Lorsqu’au début décembre, le courrier de convocation à l’examen d’IRM fixé au 14 janvier m’était parvenu, j’avais été surpris car il allait à l’encontre de discours que j’avais pu entendre auprès de  ce même oncologue deux mois plus tôt. C’était pourtant bien lui qui avait réclamé au CHD ce rendez-vous, qui ne me rassurait pas plus maintenant qu’il m’aurait rassuré quelques mois plus tard. La période féérique et euphorisante des fêtes avait quelque peu occulté de ma tête, cette nouvelle obligation de faire face au danger potentiel d’une rechute, mais depuis lors les aiguilles avaient tourné, et la date fatidique s’affichait désormais au calendrier.

Il y avait déjà plusieurs jours que l’angoisse avait pris possession de moi, paralysant mon corps et inhibant mon esprit, c’était comme si ma vie s’arrêtait progressivement tandis que le monde autour de moi continuait de tourner. Impossible de s’échapper de ce cauchemar, car malheureusement j’étais bel et bien dans la réalité des choses.

La sonnette de la porte d’entrée marqua l’heure du départ. L’homme prétendait m’avoir déjà transporté, mais je n’avais pas le souvenir de son visage. Nous partions beaucoup plus tard que la dernière fois, de plus le pic de circulation correspondant à l’embauche du matin était derrière nous. Je trouvais malgré mon peu d’enthousiasme à faire ce voyage, la force de parler à mon chauffeur, ce qui m’aidait à désamorcer le stress, qui n’allait pas manquer de m’accompagner jusqu’au résultat final. Nous retrouvâmes Nantes comme nous l’avions quitté en octobre dernier, encombré de véhicules, noyé dans sa pollution, et toujours aussi oppressant. L’immense masse de béton qui s’imposait à nous lorsque nous franchîmes la barrière d’entrée du CHD, me noua l’estomac. Le parking était déjà rempli au-delà de ses capacités, les véhicules se garaient donc à l’arrache. Chantal se chargea de procéder aux démarches administratives, tandis que je filai précipitamment vers les toilettes. Notre ambulancier nous accompagna jusque dans la salle d’attente, puis nous laissa seul, sans doute allait-il d’ailleurs ne pas nous attendre, il reviendrait nous le faire savoir. Je n’eus pas le privilège d’entendre la réponse. 

« Monsieur Gautier ? »

La petite cabine de déshabillage était celle que j’avais déjà empruntée la dernière fois, et la manipulatrice était également la personne qui m’avait témoigné tant de compassion ce jour là. Elle me posa les  questions d’usage, j’avais oublié les résultats de ma plus récente prise de sang, ainsi que le questionnaire remis au patient avant l’examen. Je dus retourner auprès de Chantal,  pour réparer mon étourderie.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle me posa un cathéter, puis me laissa seul en attendant que la salle où se situait la machine, soit libéré de son patient.

Pour trouver le moyen de me détendre un maximum, j’avais opté de rester allonger sur la table, plutôt que de m’asseoir dans une chaise inconfortable. La cloison qui me séparait de l’IRM était très mal isolée, et j’entendais les bruits spécifiques de ce monstre de technologie, ainsi que les instructions données au malade, par la manipulatrice. Nul doute que j’avais encore du temps devant moi, il fallait donc tuer l’impatience, en essayant de ne pas trop penser à ma condition du moment.

carie 2

 



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