Une bombe à retardement

 

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Le dysfonctionnement des échanges (si échanges il y avait), perdurait entre le CAC de l’espoir et le CHD virant même au burlesque, C’est ainsi que nous réceptionnâmes sans que vraisemblablement aucune concertation n’eut lieu entre le docteur R, et le CHD, un courrier du service du professeur D, me fixant un rendez-vous d’IRM et de scanner pour le mardi 10 juin (rendez-vous demandé par le docteur R précisait la lettre). Hors nous avions reçu quelques jours plus tôt, confirmation écrite du CAC de l’espoir, d’un scanner de contrôle le même jour que ma visite du 9 mai, conformément au désir exprimé par mon oncologue, lors de ma dernière visite. Il était donc très peu probable que ce dernier ait eu l’intention de m’imposer deux contrôles médicaux à un mois d’intervalle, là encore c’était au malade, ou du moins à son entourage de servir d’intermédiaire pour signaler l’anomalie. Je mesurais la chance d’avoir justement une famille pour gérer au quotidien tout ce qui gravitait autour de la maladie, rendez-vous des médecins, problèmes administratifs, contrôle du stock et de la posologie des médicaments, il était vraiment impossible à un patient non accompagné de s’en sortir sans éprouver à plus ou moins brève échéance un profond découragement au risque d’abandonner purement et simplement le combat.

A la différence de ses collègues nantais, le dysfonctionnement administratif n’était pas de mise chez mon dentiste, car sa secrétaire m’avait appelé la veille de mon rendez, pour s’assurer que je n’avais pas oublié la date. Ce vendredi 7  février ce fut donc sans grand enthousiasme que je me rendis à son cabinet pour soigner ce qui pouvait être pour moi, une grande source d’infection. Outre le fait que le dentiste devait terminer un travail déjà commencé, une seconde carie s’était invitée à la fête, logée elle aussi sur la racine d’une prémolaire. Il avait prévu de me garder une heure allongée sur son fauteuil incliné, la plupart du temps la bouche ouverte, aussi je ne sortis pas avant midi de cette ‘’séance de torture’’, la gencive par deux fois localement anesthésiée, avec la nette impression d’avoir la lèvre inférieure de travers, et boursoufflée par la même occasion.

Le fait de ne percevoir aucune sensation dans la zone de la cavité buccale endormie, me joua un bien vilain tour, et ce fut ma fille qui s’en rendit compte, en constatant que le morceau de pain que j’étais en train de grignoter était taché de sang.  Je n’avais pas trouvé mieux que de me mordiller l’intérieur de la lèvre supérieure, en mastiquant ma nourriture, et il était bien tard pour corriger le tir, car le mal était fait. Il s’en suivit au réveil des tissus, une désagréable sensation de brûlures et de picotements, exacerbée à chaque fois que je portais quelques choses à ma bouche. Cette nouvelle nuisance à ma qualité de vie dura le temps d’une bonne semaine, s’ajoutant ainsi à la liste des nombreuses pathologies dont le destin n’oubliait pas de me faire cadeau.

Contre vent et marée je profitais d’une majorité des opportunités qui s’offraient à moi, pour contrebalancer chacune des perversités, qui n’en finissaient pas de me marquer de leurs empreintes. Ces opportunités c’étaient les réunions en famille ou entre amis, les sorties cinéma ou théâtre, malheureusement beaucoup moins les voyages, car j’avais besoin de plus en plus de  mes repères quotidiens,  pour ne pas perdre pied. 

Morphée semblait également fâché avec moi car depuis notre relation houleuse datant de mon hospitalisation du mois d’août, je n’avais pas retrouvé un sommeil digne de ce nom. Sans doute que les douleurs névralgiques qui ne me quittaient plus, n’étaient pas étrangères à cet état de fait, mais je me sentais également très énervé, loin de l’état d’esprit dans lequel il aurait fallu que je me trouve, pour favoriser mon endormissement.  

L’association insomnie et souffrance était une bombe à retardement qui risquait de me faire perdre à tout moment mon sang froid. Je sentais le malin prendre sournoisement possession de mon corps, ainsi que de mon esprit, et la lutte était comme chacun le sait, très inégale.

 



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