Torture et dévastation

dévastation

Le pire je l’avais vécu dans la nuit du 20 au 21 février, à tel point que j’appréhendais à présent de me coucher dans la peur de revivre le même cauchemar. J’avais pourtant consulté la veille mon généraliste qui avait pris soin de m’ausculter et de dresser un bilan complet de mes problèmes du moment, en tentant d’y apporter une solution. Pour l’instant, je n’avais bénéficié d’aucune des séances de kinésithérapies prescrites, aussi j’étais toujours aussi raide au niveau de l’épaule gauche ainsi qu’au niveau du cou. D’autre part la posologie d’hydrocortisone revue radicalement à la baisse, suite à un surdosage constaté,  n’avait pas encore produit ses effets. L’excitation anormale dont j’étais la victime, perduraient toujours, alimentant des tremblements intempestifs du corps, pour mon plus grand déplaisir.   

La  sonnerie du téléphone que j’attendais impatiemment avait enfin retentie. La secrétaire de mon oncologue venait m’apporter une réponse à notre entretien datant de quelques jours, et son discours ne manqua pas de me réserver quelques surprises. Les visites périodiques pratiquées dans le cadre de la surveillance renforcée sous la responsabilité du professeur D ou du docteur R dépendaient de deux protocoles différents, aussi il n’était pas envisageable de supprimer l’un des deux examens au scanner. Mon interlocutrice m’avait souhaité bon courage avant de raccrocher, j’ignorais si cette phrase était empreinte de compassion ou si elle correspondait davantage à la formule d’usage, mais quoi qu’il en soit c’était encore sur moi que tombait cette mauvaise nouvelle. 

Je n’étais absolument pas convaincu de ce que je venais d’entendre, je doutais même fortement qu’il y eut échange téléphonique entre le CAC de l’espoir et le CHD, mais que pouvais-je faire de plus. M’opposer aux décisions prises par le professionnel de santé qui s’acharnait à me garder en vie depuis si longtemps n’aurait pas apporté grand-chose à mes conditions de vie du moment, pire la crispation qui en aurait résulté ne pouvait être pour moi que néfaste, aussi je pris la décision d’oublier mes contrariétés, en attendant d’inévitables nouvelles périodes de tension. 

En fait les périodes de tension étaient devenues  répétitives, aussi j’oubliais de plus en plus que l’existence méritait d’être vécue autrement. Suite à l’opération de ma surrénale, j’avais subi dans ma tête un tel chamboulement psychologique, qu’une nouvelle et progressive  mutation de ma personnalité s’était mise en marche. Avec le temps j’avais espéré voir les choses redevenir comme avant, mais c’était sans compter sur ces douleurs cervicales qui étaient réapparues au fur et à mesure que l’arrêt de la morphine avait estompé ses effets. Plus rien de ce qui me donnait l’opportunité de me sentir vivant n’avait désormais assez de force pour contrer suffisamment longtemps, cette noirceur qui envahissait progressivement mon cerveau. Une sorte de sixième sens me disait que mes douleurs cervicales n’avaient rien à voir avec les causes que je voulais bien, avec la complicité des médecins, leur attribuer. Je tentais de cohabiter jour et nuit avec cette souffrance extrême, mais je sentais bien que mes efforts pour tenir le choc, n’étaient qu’un coup d’épée dans l’eau, face à l’effrayante réalité, que j’allais tôt ou tard être amené à combattre. Mon corps ne connaissait plus jamais le repos, debout, assis, allongé, tout n’était pour moi que torture et dévastation. Mon esprit tentait de résister toujours et encore aux assauts du mal, pour que je puisse conserver sinon la sérénité, au moins un peu de calme face à un ennemi qui gagnait jour après jour du terrain, mais les nuits favorisaient l’apparition de crises d’angoisse, déstabilisantes. L’espoir de constater une amélioration en faisant confiance au destin devenait peu à peu une illusion. La chance ne m’avait guère souri durant ma chienne de vie et il n’y avait aucune raison, pour que le cours des choses ne s’inverse.

 



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