Le cri du désespoir

cri du désespoir

A cause d’une trop grande rigidité du cou, j’avais renoncé à conduire ma voiture, pour atteindre l’orée d’un bois, ou les abords d’un étang, aussi mes balades en campagne se faisaient rares, uniquement lorsque quelqu’un était disponible pour m’accompagner. Le reste du temps je partais directement à pied de chez moi, et écourtais chaque jour un peu plus ces moments de détente. Pourtant c’était bien lors de ces exercices physiques qui réchauffaient les muscles, que mon corps souffrait le moins. Seulement la fatigue accumulée par des nerfs à vifs, et par des nuits sans sommeil limitaient mes capacités de résistance à l’effort. La télévision devenait mon seul refuge pour occuper mon esprit, et mon fauteuil provisoirement un oasis de paix, lorsque les antalgiques remplissaient correctement leur fonction.  

Le projet que ma famille avait mis sur pied dans le but de fêter mon 60ème anniversaire, me donnait le sursaut d’énergie pour ne pas craquer définitivement. J’avais à cœur que nous passions, ainsi que nos 75 convives la meilleure journée qui soit. D’ici là je me forçais de dénier la réalité, pour continuer jour après jour à avancer.

Un mois c’était passé depuis ma dernière consultation chez le généraliste, alors que je devais me rendre au cabinet de mon urologue pour une visite de pur forme, puisqu’on mon dernier bilan concernant ma surrénale était bon, et que son travail était désormais, terminé. J’en profitais néanmoins pour lui demander un antalgique plus puissant, dans l’espoir de détenir une arme enfin efficace, capable de m’apporter du soulagement. Lamaline composée notamment de paracétamol et d’opium, ne fut rien d’autre que de la poudre de perlimpinpin, et ne procura aucune solution à mon problème. Forcément qu’en ayant fondé beaucoup d’espoir sur ce médicament, mon attente fut plus que déçue, et m’asséna un coup supplémentaire au moral.

Moi qui m’était trop souvent vanté, malgré toutes mes hospitalisations, et toutes mes opérations de ne pas avoir trop souffert physiquement de la maladie, je rattrapais désormais allégrement ‘’le temps perdu’’. Ce fut à partir du soir du 27 mars, jusqu’au petit matin du 28 mars, que mon calvaire atteignit son paroxysme. Le silence et la solitude effrayante de la nuit, la douleur lancinante et insupportable qui me tenaillait inlassablement le cou, les nerfs que je ne pouvais plus contrôler, eurent tôt fait de me faire sortir de mes gongs, et de me faire verser les larmes d’un désespoir infini. Terrible de penser que plus personne ne peut plus rien faire pour vous. Ce fut Chantal qui me ramena à la raison en s’engageant de téléphoner au généraliste, dès l’ouverture de son cabinet. Elle me promit de lui forcer la main pour qu’il emploie cette fois ci, les grands moyens. Ces paroles m’avaient apaisé quelque peu, ce qui me permit de m’allonger pour dormir un moment.

Compte-tenu de mon dossier médical bien rempli,  compte-tenu également des rapports que nous entretenions avec le médecin, et qui allaient bien au-delà du simple contact praticien malade, nous avions obtenu un rendez-vous en urgence. Après lecture des différents récits inscrits par ses différents remplaçants durant sa période de congés maladie, et qui dataient pour le premier d’entre eux du 20 juin 2013, le docteur C m’avait ausculté et en était arrivé à la même conclusion que ses collègues, les muscles trapèzes et les nombreux nerfs qui cohabitaient avaient morflé, suite aux différents opérations. Je souffrais également d’une déformation morphologique importante, il n’était donc pas étonnant que mes tortures soient extrêmes. Il ordonna l’arrêt immédiat des séances de kiné, qui me nuisaient davantage qu’elles me soulageaient, et me prescrivit de la morphine sous forme de patchs en commençant le traitement par une dose relativement faible (25 microgrammes par heure.) Il ne fallait pas hésiter à le rappeler si le résultat escompté n’était pas à la hauteur de nos espérances.

Le fait que l’on s’occupe de moi, en me persuadant qu’il existait des moyens efficaces pour combattre le mal, le fait que le généraliste par son diagnostic, me réconfortait dans ma politique de déni, il n’en fallu pas davantage pour que mon mental reprenne un sérieux avantage sur le découragement qui s’était emparé de moi depuis déjà bien trop longtemps



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