Plus dure sera la chute

Plus dur sera la chute

 

Les jours suivants des commentaires satisfaits, et le plaisir des photos échangées permirent de maintenir quelques échos joyeux de la fête, puis la journée fut classée petit à petit dans le rayon des bons souvenirs de moments passés entre amis.

A peine une semaine suffit, pour que mes épreuves reviennent sur le devant de la scène, et effacent les bienfaits de cette précieuse journée du 13 avril. Après une nuit terrifiante, une crise d’angoisse difficile à gérer, il fut impératif de consulter de nouveau le généraliste. Celui-ci confirma à Chantal que nous avions à faire à des problèmes liées à des terminaisons nerveuses douloureuses, à d’importantes contractures musculaires, le tout à cause de l’opération récente de mon bras. Il passa le patch morphinique à 75 microgrammes par minute, et comme je lui avais parlé de mes angoisses qui augmentaient d’intensité, il me prescrivit également un second anxiolytique du Cymbalta, à rajouter à mon pilulier du matin celui-là. 

Il est vrai que si la souffrance ne me quittait guère, la morphine de plus en plus forte et le Bromazepan du soir, associé au Cymbalata ingurgité au petit déjeuner, finissaient tout de même par produire leurs effets, aussi mes nuits devenaient progressivement plus calmes, et mon sommeil bien qu’artificiel gagnait sur mes temps de réveil. Le fait de pouvoir dormir et me reposer permettaient à mon esprit de s’apaiser, et à mon corps de se détendre, aussi les crises devenaient un peu moins douloureuses, et donc un peu plus supportables. Pourtant rien n’était résolu, je n’existais plus en tant qu’individu, je n’étais désormais qu’un esclave qui n’avait rien d’autre à espérer que sa condition misérable. Jusqu’ici la maladie m’avait éloigné de la société en me privant de mon activité professionnelle, il avait fallu m’adapter justement pour ne pas me sentir isolé, et bien vite oublié. Je dois le dire, de ce côté-là, mes efforts avaient porté leurs fruits. Même si administrativement j’étais considéré comme un invalide, j’occupais mes journées le plus normalement possible, les petites tâches ménagères genre courses au supermarché, et cuisine par exemple, faisaient partie de ces petits moments, où je me sentais utile, sinon à la société, au moins à ma famille. Ma récompense de ce qui représentait pour moi, malgré tous des efforts, c’était les après-midi promenades qui sans conteste m’avaient considérablement aidé à traverser les épreuves, en consolidant mes forces physiques, mais également et surtout mes forces mentales. A présent même avec la meilleure volonté du monde, j’étais bien incapable de retrouver cet équilibre entre normalité et ce raz de marée que représentait le cancer, j’avais la certitude que je mettrais longtemps à m’en remettre, pire je me battais farouchement contre l’idée que je ne m’en remettrai jamais. 

La date de mon 43ème scanner  approchait à grand pas, cette fois je ne pourrai passer sous silence, les problèmes largement visibles de mon corps, qui se déformait à la base gauche de mon cou, entraînant avec lui une atrophie de mon épaule, et une immobilité progressive de l’ensemble. Je n’avais d’ailleurs aucunement l’intention de dénier une vérité, que j’espérais la moins cruelle possible. Pourtant les jours s’égrainaient au calendrier, faisant en même temps monter la pression au sein de mon corps et de mon esprit. Comment discuter de ses angoisses, alors que la famille toute entière retenait son souffle, et que le monde extérieur continuait de tourner, en se foutant pas mal du destin de cette petite fourmi que j’étais au milieu de l’’univers. Le bon Dieu ne m’écoutait pas non plus, ou je ne savais pas lui parler, ou je ne savais pas l’entendre, j’étais seul au milieu d’un désert de sable, sans avoir rien à quoi, ou à qui  m’accrocher.

Comme à notre habitude le trajet s’était passé sans gros incident, mais surtout dans un profond silence, qui en disait long du bonheur que nous ressentions de parcourir les 70 kilomètres qui nous séparaient du centre.  Seul consolation mon scanner avait lieu au CAC de l’espoir, ce qui limitait le stress du trajet d’un établissement à l’autre. J’avais avalé la veille la première dose de sulfate de Baryum, et ce matin avant de monter dans la voiture le second flacon qui commençait d’ailleurs à me peser sur la vessie. L’enregistrement de mon arrivée, et l’examen furent très vite expédiés, restait le moment de devoir patienter avant de rencontrer l’oncologue.

 



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