Malheureux papa d’une vilaine métastase

vilaine fille

 

Cet état d’esprit m’avait considérablement aidé à rester tranquille, durant la séance finalement assez longue, où l’homme et la machine ne font qu’un. De plus comme aucune communication ne me serait faite, et qu’il faudrait attendre de revoir le docteur R pour s’effondrer de nouveau, nous avions repris  la voiture direction notre foyer sans nous retourner sur notre chemin, car je n’avais en effet qu’une seule idée en tête, retrouver nos petites habitudes, en oubliant ne serait-ce qu’une seule heure le merdier dans lequel je m’enfonçais de plus en plus.   

Sans doute étions-nous encore sur le trajet de notre retour que l’oncologue connaissait l’ampleur de la catastrophe. Il avait déjà essayé par l’intermédiaire de sa secrétaire, de nous contacter. Elle nous avait laissé un message, un rendez-vous était déjà fixé auprès d’un radiothérapeute. Par la suite,  ce rendez-vous avait d’ailleurs modifié à plusieurs reprises, ceci afin de réduire le plus possible le temps d’attente. De coup de fil en coup de fil, Chantal avait enfin obtenu la date et l’heure de l’entretien définitif avec le docteur S, il s’agissait du jeudi 15 mai en milieu de matinée. 

Je n’étais pas chiche de rencontrer de nouveaux médecins, la liste de ceux que j’avais déjà fréquentés était longue, et sans doute  non exhaustive, l’avenir m’apprendrait que j’avais raison de le penser. Pour l’heure sa secrétaire me paraissait très expansive, elle ne ménageait pas non plus ses efforts pour dispenser de la gentillesse aux patients de son boss. La salle d’attente était située dans une partie ancienne du centre, mais elle était plutôt bien éclairée. Il y avait peu de monde à poiroter, je n’avais pas envie de faire des mots fléchés d’ailleurs Chantal qui ne lisait pas non plus, ne les avait sans doute pas amenés.  

Le radiothérapeute m’avait appelé avant les autres personnes, nous étions à présent dans son tout petit bureau. A l’inverse de sa secrétaire, l’homme parlait à voix basse et semblait devoir compter les mots, qu’il avait à prononcer. Des mots qui pesaient pourtant de tout leur poids.

Et pan dans la gueule ! A l’origine de tous mes maux, j’étais bien le malheureux parent d’une jolie métastase, nichée sur une vertèbre cervicale, il fallait faire le nécessaire au plus vite pour soigner cette partie de mon corps gravement touchée par le cancer.

Mon interlocuteur m’avait demandé si j’avais des questions à lui poser, en espérant sans doute que non, car il n’avait pas très envie à sa gêne évidente de m’exposer davantage, la gravité de la situation. Du coup je ne savais guère ce qu’on allait faire de moi, je me laissai guider sans broncher, en ne posant pas davantage de questions à Chantal, qui avait sans doute compris ce que le médecin nous avait expliqué avant que l’on ne sorte de son bureau.

Il nous guida vers un autre et nouveau service, et cette fois je crus saisir qu’il s’agissait pour moi de passer une densitométrie osseuse, avant d’envisager une radiothérapie. La petite salle d’attente se situait dans un renfoncement du couloir, elle était triste et trop faiblement éclairée. Aucune fenêtre ne donnait sur l’extérieur, et le décor que se présentait sous mes yeux, contribuait largement à anéantir ce qui me restait de moral.

Nous n’avions pas attendu trop longtemps, de toute manière j’étais dans un état second, et plus rien n’était en mesure de me faire réagir, l’impatience encore moi que tout le reste. La salle d’examen était copie conforme à l’endroit que nous venions de quitter, peut-être était-elle même encore plus sombre. Pour accéder au scanner nous fûmes contraints de soulever une bâche en plastique, mon accompagnant m’ayant expliqué que des travaux importants étaient engagés dans cette aile du service.

« Vous connaissez le principe d’une densitométrie ? »

J’avais fait signe que non de la  tête.

« Pour résumer l’examen étudie la masse de calcium dans l’os et donc son état de solidité, la radiothérapie risquant de le fragiliser davantage. »

Il m’invita ensuite à m’allonger sur la table, aucun de mes vêtements n’étant gênant pour l’image que l’équipe souhaitait obtenir de la machine.



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