Au bal, au bal masqué ohé ohé

 

 

masque au bal

 

L’envie d’en finir une bonne fois pour toute avec cette ‘’chienlit’’, nous fit sortir de la voiture beaucoup plus tôt que prévu. Tout compte fait, tant qu’à trépigner d’impatience, autant s’éloigner de l’étuve dans laquelle nous étions renfermés, et donc s’impatienter dans une salle sinon confortable, du moins un endroit adapté à une température que nos pauvres corps seraient capables de supporter.

Le couloir qui nous donnait accès à notre prochain rendez-vous semblait interminable, et bien peu de monde l’arpentait, en ce début d’après-midi. Chantal avait oublié les deux comprimés de mon hydrocortisone, nécessaires à ma survie, afin de compenser l’absence de surrénales. Elle cherchait donc à trouver une infirmière qui pourrait nous dépanner, et justement nous venions de repérer son bureau. J’attendis à l’extérieur que le problème soit réglé.

La pharmacie des lieux ne disposait pas du médicament désiré, en revanche suivant une ordonnance prescrite par le radiothérapeute, je pus recevoir du Solupred, médicament dérivé de la cortisone, un anti-inflammatoire puissant sensé me délivrer de tous les maux.

« Vous attendez depuis longtemps ? »

Chantal répondit à la question.

« Ah mais vous ne passerez pas avant seize heures ce soir, car les médecins avant d’effectuer des rayons, doivent procéder à des calculs extrêmement pointus, dont les résultats ne sont pas connus habituellement avant trois jours. C’est à titre exceptionnel, et c’est parce-que nous sommes dans un cas d’urgence, que vos soins débuteront aujourd’hui. »

En fait nous n’avions obtenu que très peu d’explications sur le déroulement de la journée, sans doute de notre faute, pour ne pas avoir été suffisamment curieux. Au fil des heures nous mesurions à quel point rester dans l’ignorance des choses peut être matière à frustrations.

A nos regards assombris, l’infirmière intervint de nouveau.

« Ou étiez-vous à vous reposer depuis l’heure du repas ? »

Elle apprit que nous avions avalé un sandwich sur le pouce, et que nous avions tenté de faire une sieste dans notre voiture.

« Ça ne va pas du tout cette affaire, le monsieur semble très fatigué, je vais mettre à votre disposition une chambre, où il pourra s’allonger ! »

La  chambre située donc dans cette aile moderne du centre, possédait un éclairage naturel, bien que les stores fussent presque fermés, et le lit sur lequel j’étais à présent étendu, ressemblait fort à une bénédiction. Dormir paraissait mission impossible, mais cet isolement silencieux contribuait largement à me détendre. Chantal assise à côté de moi dans une chaise beaucoup moins confortable fermait les yeux, j’ignorais si le sommeil l’avait emportée. Nous n’avions pas échangé beaucoup de mots depuis que nous étions seuls, la fatigue avait eu raison de nous.

Finalement ce fut avec un peu d’avance sur l’horaire prévue, qu’une employée du service radiothérapie vint nous chercher. Physiquement j’étais assez mal, et surtout relativement angoissé, je ne savais pas ce qui m’attendait, mais d’instinct je ne sentais pas les choses se faire sans problème.

La salle de traitement était immense et légèrement encavée par rapport aux autres pièces du service. La machine ne ressemblait en rien de ce que j’avais connu jusqu’à présent. Elle était pourvue de plusieurs caméras que le manipulateur faisait pivoter autour du patient de manière à prendre des clichés, ceci afin de peaufiner de nouveaux calculs, avant d’envoyer les rayons. Le patient quant à lui était allongé sur une table peu confortable, et dans mon cas, le masque que l’on m’avait fabriqué le matin même était fixé sur cette table, afin de m’empêcher de bouger, pas même d’un iota. Outre le fait de me sentir seul, la salle de traitement était sombre, inquiétante, et ‘’robocop’’ m’écrasait pas sa supériorité de technologie. Le personnel m’avait expliqué que durant les rayons, je pourrai à tout instant me manifester car depuis leur ‘’PC’’ il pourrait non seulement me voir, mais également m’entendre. La compagnie créole ouvrit le bal, mais je n’avais pas du tout envie de danser.

 



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