Carnaval oblige, contre vent et marées

carnaval oblige

Cette musique, dans d’autres circonstances, je l’aurais trouvé chaleureuse. Elle  était  diffusée à un niveau sonore légèrement au-dessus de la normale, dans ce genre de circonstances. Elle était sensée m’offrir un peu de réconfort,  néanmoins dans ces conditions, je n’étais pas sûr de pouvoir dialoguer avec le manipulateur.

Je n’avais pas jusqu’à ce jour souffert de claustrophobie, bien qu’il me soit arrivé de m’impatienter, lors d’examens qui me paraissaient durer dans le temps. Cette fois je ressentais comme un profond malaise, la domination de la machine sur moi, de plus ce masque qui m’emprisonnait comme un insecte dans une toile d’araignée, ne faisait qu’aggraver la chose. On m’avait pourtant bien expliqué ce que j’allais subir, mais pour l’heure je ne me sentais plus en confiance du tout. Je voulus me rassurer, pour savoir si on allait entendre ma détresse. J’appelai donc à l’aide, lorsque la manipulatrice vint de délivrer de mon enfer, visiblement elle n’avait pas pris conscience de mon état.   

Lorsque je fus débarrassé de mes ‘’chaines’’, la  seule chose qui m’importa fut celle de rejoindre Chantal dans la salle d’attente. Un  autre rendez-vous était programmé pour le lendemain après-midi. Nous quittâmes les lieux après une journée plus que bien remplie, j’étais complètement dévasté de fatigue. Mon fils cadet nous attendait à notre arrivée, il commençait à s’inquiéter de notre longue absence, Chantal lui expliqua le déroulement de notre journée, tandis que moi je me précipitai dans mon fauteuil, soulagé enfin d’avoir retrouvé un semblant de vie.  Le jour suivant je demandai expressément à l’équipe de m’expliquer point par point et en direct, ce qu’il était en train de me faire, je préférai largement leur voix, plutôt que celle d’un chanteur quelconque à la radio. Nous quittâmes le centre, alors que dans ma tête résonnait le son du bonheur de pouvoir enfin  m’éloigner des milieux médicaux,  le temps d’un week-end.  

Il faisait beau ce dimanche 18 mai. Dans notre ville avait lieu le carnaval de jour, précédemment déprogrammé pour cause de mauvais-temps. Le carnaval de nuit s’était déroulé conformément à la date prévue, j’en gardais un très mauvais souvenir, ayant eu la volonté de m’y rendre,  malgré mes douleurs cervicales intenses.

Je décidai dans ma tête que nous allions nous y diriger à pied, je ne voulais pas céder contre le coup de boutoir de la maladie, ma progression était lente et peu assurée. L’effort avait été grand, et il était nécessaire pour moi de trouver un endroit où m’asseoir. Chantal n’avait rien emporté à cet effet, car c’était par ma volonté que nous étions là, au milieu du bruit et de la foule. Très vite je m’étais rendu compte que j’avais poussé le bouchon un peu trop loin, c’était mon entêtement qui nous avait conduit ici, et à présent j’étais prisonnier et victime de mes actes. Il fallait pourtant rentrer, tandis que mon cœur manifestait sa désapprobation. La marche lente et très progressive nous emmena malgré tout, sur un bon bout du chemin retour. Néanmoins je déclarai forfait avant la fin, avec la hantise de tomber en syncope, car j’étais en effet au bord de l’évanouissement. Chantal m’abandonna l’espace d’un moment pour aller chercher la voiture. J’avais été jusqu’au bout de mes forces morales, mais mes forces physiques m’avaient abandonné, il fallait bien me rendre à l’évidence, nous abordions une nouvelle phase difficile de la maladie.

Il restait encore trois séances de rayons concentrées sur le début de la semaine suivante. Outre la fatigue de ces voyages fréquents, personne ne m’avait informé des effets secondaire du traitement. Je me rendais compte à quel point le dialogue avec le docteur S avait été quasi nul, et j’en payais les conséquences, au fur et à mesure que les jours avançaient. D’abord les douleurs cervicales étaient toujours intenses, voir même plus virulentes encore. Sur les forums de santé que l’on peut rencontrer sur internet, j’avais appris que cette recrudescence de la souffrance était due à l’inflammation des muscles, et qu’il faudrait attendre plusieurs jours, avant d’espérer un net soulagement. La peau de mon visage et de mon cou était très sèche et rougeâtre, un peu comme si j’avais récupéré un coup de soleil. Le pharmacien nous conseilla la Biafine qui s’avéra efficace au fil du temps. Le larynx, le pharynx, l’intérieur des oreilles, la bouche, la langue tout me paraissait avoir subi un fort traumatisme. Un ami qui venait régulièrement me rendre visite, proposa de parler de mon cas à un de ses collègues de travail, qui traitait les brulures sur photo, j’acceptai cette aide qui risquait au pire de ne pas être efficace, et au mieux de me soulager durablement. Il n’était donc point question de tergiverser, tout était bon à prendre pour ne plus être torturé.



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