Comme la Neva en hiver

sang glacé

 

Le pouvoir du mental sur le physique est une force mystérieuse, il est bon d’en ressentir les bénéfices. En ce lundi 21 juillet, je me démenais comme un diable et c’était bien ma volonté qui était à l’origine de tout cela. Mes pensées n’étaient orientées que dans un seul but, sortir de cette prison dorée certes, mais dans laquelle j’étais resté enchaîné tout le week-end.

Je ne peux pas dire que je trottais comme un petit lapin, mais la veille je ne pouvais pas mettre un pied devant l’autre, sans voir l’humanité tout entière vaciller sous mes yeux, et voilà que debout sur mes jambes, je m’apprêtais à retrouver ma très chère liberté.  

La luminosité du ciel me fit cligner les paupières, deux jours et demi d’enfermement m’avaient suffi pour me donner l’impression d’atterrir d’une autre planète. La polyclinique n’était pas bien loin, en deux temps trois mouvements, notre voiture fut garée dans un emplacement prévu à cet effet.

Le soleil à l’extérieur brillait de tous ses éclats, il devait faire chaud car les patients arrivaient aux consultations externes très légèrement vêtus. A l’inverse j’étais frigorifié, ma peau était chaude, mais le sang qui circulait dans mes veines ressemblait à la Neva au mois de décembre

Le docteur R remplaçait le cardiologue que j’avais l’habitude de rencontrer, j’eus très vite la certitude qu’il suppléait d’ailleurs pas mal de monde à cause des vacances.

Nous avions rendez-vous à quatorze heures, et ce fut précisément à cet instant qu’il partit déjeuner. Je ne pouvais pas lui reprocher de prendre un peu de repos, mais ce contretemps n’arrangeait guère mes affaires.  

Notre salle d’attente ne regorgeait pas de personnes, et le silence régnait un peu partout dans le service. Chantal avait prévu de la lecture, mais moi je n’avais pas envie de m’intéresser à quoique ce soit. J’essayai de poser ma tête sur le mur en glissant les fesses légèrement à l’avant de mon siège, mais mon cou me fit très mal, me rappelant que lui aussi avait besoin d’être bichonné, je compris donc que la sieste serait pour une autre fois.  

Il fallait faire preuve de patience, aussi en songeant à mon départ précipité du samedi, je m’encourageai à conserver mon calme, car le dénouement heureux était proche.

Le cardiologue avait mis une heure à se restaurer et sans doute aussi à se détendre, il y avait une seule patiente après moi dans la salle, je ne comprenais guère pourquoi il avait pris tant de retard le matin.

Je m’attendais à rencontrer un homme fatigué par une charge de travail trop lourde, il n’en fut rien. Le docteur R était au contraire quelqu’un d’affable, à l’écoute du patient. Chantal lui tendit le courrier que le généraliste nous avait confié, puis j’entamai pour la énième fois des explications que beaucoup trop de médecins et de spécialistes en tous genres avaient déjà entendus à mon goût. Je doutais en effet que les traitements soient efficaces puisqu’ils changeaient sans arrêt suivant l’humeur et la façon de soigner de chacun.

Je n’échappai pas à l’électrocardiogramme, plus poussé que celui que l’on m’avait effectué à l’hôpital, et les conclusions étaient plutôt rassurantes. Forcément mon cœur était toujours sage quand on lui demandait de ne pas l’être, et il piquait toujours ses colères lorsque je lui avais surtout rien demandé.

Compte-tenu du rapport du docteur C et de mes propres indications, il conclut qu’il fallait de nouveau changer de traitement. Il me prescrivit de l’Amiodarone en remplacement de tout ce qui avait pu m’être ordonné avant. Je voulais bien lui obéir, j’espérais simplement que cette troisième ou quatrième molécule, je ne savais plus très bien le nombre testé, serait la bonne pour que mon confort de vie en soit enfin amélioré.    

« Surtout pas du tout de soleil avec ce médicament. » M’avait-il dit, il fallait impérativement que je suive le conseil.

Lorsque nous sortîmes de son bureau, deux autres personnes avaient pris place dans la salle d’attente, je n’avais qu’une hâte quitter les lieux et rejoindre mes pénates.  



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