Le coeur au bout des lèvres

vomissements

Retrouver ma maison était la meilleure façon pour moi de reprendre un peu de courage, afin de combattre cette fatigue lancinante, et le coup de blues qui risquait d’aller avec. Ce que je craignais le plus c’était de voir réapparaitre les vomissements, car j’avais le plus souvent le cœur au bout des lèvres, et un simple regard sur la nourriture me provoquait des spasmes à l’estomac, bien difficile à contrôler, dans l’immédiat.

Cette épisode à nouveau désastreux m’avait affecté beaucoup plus que je l’imaginais. Je ne voulais pas connaître de nouveau cette situation dans laquelle je m’étais empêtré, me conduisant irrémédiablement à l’hôpital, aussi je prenais soin de moi, à la manière d’un flacon de nitroglycérine que l’on n’aimerait pas voir exploser. 

L’interne de service avait maintenu mon rendez-vous chez le cardiologue, mais également celui qui était programmé pour le mardi 22 juillet au CAC de l’espoir. Elle m’avait vivement recommandé de me déplacer quitte à prendre une ambulance en position allongée.

Au matin de ce mardi, le réveil fut douloureux puisque je vomis ce que je n’avais pas mangé, c’est-à-dire rien sinon un peu de bile.

Il y a une expression populaire qui dit ceci : « Ne vous faites pas de bile. »

Eh bien moi, je me faisais de la bile dans les deux sens du terme.  

Cette 83ème visite programmée au service du docteur R, devait suivre deux autres rendez-vous dans le même lieu. Le docteur P m’avait téléphoné dans la semaine pour me dire qu’une radiographie du cou avait été décidée, et qu’ensuite je serais reçu par sa collègue qui prenait le relais. En effet le docteur P était anesthésiste avant d’être spécialiste de la douleur, désormais madame Q suivrait mon dossier, y compris si je devais être hospitalisé pour injection de morphine, à des doses beaucoup plus élevées que celles que l’on me prescrivait en patchs, jusqu’à présent.

Depuis que je faisais tous les matins le traitement par TENS (neurostimulation électrique transcutanée), la raideur de mon épaule gauche et de mon cou s’était nettement améliorée, il n’en restait pas moins vrai que le voyage vers Nantes fut pénible à supporter. Mon collier cervical rigide, et mon repose tête, restèrent tout le long du trajet, des alliés précieux.

Le service radiologie était désert, en pleine période estivale et avec l’avance que nous avions, sur un examen planifié en tout début d’après-midi, il ne fallait guère s’en étonner. Il avait fallu donc attendre que le personnel de service rentre de déjeuner, en lisant dans la salle d’attente, des vieux ’Paris Match’ bien froissés, pour avoir été trop souvent manipulés.

Une femme probablement proche de la retraite, et son acolyte, s’occupèrent de prendre les clichés qu’on leur avait demandé. Pas satisfait de leur travail ils s’y étaient repris souvent à deux fois, avant de me libérer. Immédiatement après l’examen, nous redescendirent au premier étage pour rejoindre le service antidouleur. Le sol, les canapés et les murs étaient toujours aussi colorés, j’appréciais également le silence des lieux. Trois ou quatre personnes attendaient qu’on veuille bien les recevoir, quant à moi ce déplacement à Nantes commençait à peser lourd sur mon corps.

La doctoresse Q était d’une petite taille et très menue, elle était jeune son âge ne devait guère dépasser la trentaine. Elle consulta mon dossier sur intranet et me demanda à quel stade j’en étais avec les douleurs de mon fémur gauche, ainsi que celles de mes cervicales. De ce côté-là je ne pouvais guère me plaindre, il fallait que je touche du bois avant de le dire, mais les horribles souffrances que j’avais dû endurer étaient derrière moi, restait un je ne sais quoi de sensation qui m’indiquait clairement qu’il se passait quelques choses à ces deux endroits, mais rien qui puisse m’empêcher de vivre disons normalement.   

Pour ce qui était des vomissements, mon interlocutrice rejoignait l’analyse de sa collègue interne de l’hôpital de Cholet, les explications étaient diverses, mais aucune réponse n’était à retenir au détriment des autres. Nous décidâmes de baisser la morphine, et de changer le dosage de Lévothyrox. Elle me rappela aussi qu’un rendez-vous avait été fixé au CHD avec le professeur B pour trouver une solution concernant ma hanche.

Elle donnait l’impression de ne pas comprendre le rapport qu’elle venait de recevoir sur Intranet, concernant la radio que je venais de passer. Elle prit son téléphone, puis s’adressa au service concerné. Je crus comprendre que le radiologiste n’était pas satisfait de son travail, car madame Q avait répondu que l’on ne pouvait tout de même pas me faire passer un scanner tous les huit jours. Après avoir raccroché, elle s’adressa à moi, en me disant que les résultats ne montraient aucun signe de progression maligne. Je voulus bien la croire. Nous quittâmes notre interlocutrice, alors qu’elle nous avait précisé que notre prochaine rencontre serait calquée sur celle choisie par l’oncologue. A présent, il nous restait plus qu’une étape à franchir, avant de rentrer chez nous, le service des consultations et monsieur R  nous attendaient de pied ferme.      



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