Les cheveux dressés d’effroi

 

 

 

effroi

A dix jours de la fin juillet, le va et vient du personnel médical, ainsi que des malades et de leurs accompagnants, avait perdu de son intensité habituel. En effet le service des consultations n’accueillait pas beaucoup de monde, et les chaises adossées au bureau de l’oncologue étaient vides. N  sa secrétaire était probablement en vacances, Chantal signala notre présence à sa remplaçante.

J’avais l’espoir d’être libéré très vite de cette consultation, et pourtant l’entretien entre le docteur R et le patient qui me précédait, durait plus longtemps que la moyenne. Sans doute avait-il une mauvaise nouvelle à lui annoncer, je connaissais malheureusement trop bien cette  situation, pour avoir vécu le même cataclysme à plusieurs reprises.

Ma planche à mots fléchés me détourna l’esprit de ces vilaines pensées, et ce fut l’oncologue lui-même qui vint nous chercher.

Il nous invita à nous assoir, puis scruta mon visage sans me poser de questions, il savait que j’allais parler. Je ne pouvais pas faire autrement que de lui relater les derniers évènements. Il était au courant puisqu’il avait reçu un courrier de l’hôpital.

« Comment allez-vous à présent ? »

« Je ressens toujours un extrême fatigue, mais surtout j’ai recommencé à vomir. »

Impossible de savoir la cause exacte de cette pathologie récurrente, je ne voulais pas cependant qu’il me diminue mon traitement au Votrient, et il semblait ne pas être enclin, à le faire lui non plus.

« Je vais vous prescrire un anti vomitif extrêmement puissant. »

Le Zophren était utilisé spécifiquement pour les malades traités par chimiothérapie, et dont les effets secondaires étaient particulièrement virulent sur eux. L’oncologue devait remplir une ordonnance à part, car en raison de son coût élevé, le produit n’était distribué qu’à titre exceptionnel.

Il fallait aussi que je lui parle de mon audition, et de cette sensation de liquide en mouvement derrière les tympans.

« Je vais vous envoyer à un spécialiste. En connaissez-vous un dans votre ville ? »

« Oui le docteur O au centre hospitalier. »

« Ah oui ! Je le connais bien. »

Le docteur R marqua un temps de silence, sans doute pour réfléchir à ce que nous aurions pu oublier de nous dire.

« Bon ! On se revoit dans un mois, disons le 22 août. Cette fois vous passerez un scanner de contrôle. »

L’idée ne me réjouissais guère, et elle me faisait dresser d’effroi les quelques cheveux qui me restaient sur la tête. L’oncologue donna ses instructions à la secrétaire, puis il prit congé de nous. Je désirais ardemment passer l’examen au CAC de l’espoir, elle téléphona donc au service concerné qui pouvait me recevoir le 20 août.

« Je ne peux vous proposer mieux. »

En effet l’inconvénient majeur de ce rendez-vous, c’était qu’il m’obligeait à attendre deux jours pour connaître les résultats. Un délai bien difficile à supporter par les nerfs, lorsqu’il faut vivre dans l’incertitude du moment. Je n’avais cependant pas envie de le refuser.

« Pour ce qui est de votre rendez-vous chez l’ORL, je vais m’en occuper, et vous recevrez un courrier pour vous informer de la date. »

Munis des ordonnances de prise de sang, de médicaments, et de mes convocations du 20 et 22 août, nous pûmes quitter les lieux, avec déjà dans un coin de l’esprit, l’appréhension de notre prochaine visite.  

A l’extérieur le soleil brillait de mille feux, mais il était trop tard pour en profiter, trois quart d’heure de route nous attendaient pour rejoindre nos pénates, et ensuite la journée serait bien avancée.



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