Le côté négatif de ma personne

 

 

 

agressivité

Le premier mois des vacances d’été s’achevait, et j’étais plein d’amertume. Alors que j’avais déjà passé le mois d’août de l’année précédente coincé dans un lit de clinique, voilà qu’il me fallait également annuler le séjour que m’avait offert mon fils aîné à l’occasion de mes soixante ans. Il m’arrivait parfois de sortir un peu de chez moi, et d’effectuer quelques pas, souvent en fin d’après-midi d’ailleurs, pour éviter un soleil trop ardent. Le plus souvent j’étais au bord du malaise, et bien incapable de faire autre chose que de passer de mon fauteuil à mon lit. Du côté de la nourriture ça ne s’arrangeait pas non plus, et je continuais à perdre du poids.

Cette impression croissante de me sentir captif par des chaînes, exacerbait le côté négatif de ma personne. Mon agressivité prenait le pas sur toute autre forme de raisonnement, et comme souvent dans ce cas-là, je me mettais à envier les autres, voir même à les détester.

Bougrement terrible de vivre avec ce sentiment d’injustice qui vous colle à la peau, et vous empêche d’avancer par sa lourdeur. Mon environnement n’arrangeait pas les choses, le quartier, la ville partout où je passais me semblait désert. En regardant les nombreux reportages à la télévision consacrés à ce sujet, j’avais l’impression d’être le seul couillon à ne pas profiter de la plage, pire je gardais ma femme avec moi en otage, ce qui m’insupportait encore plus que tout le reste.

Au risque d’un isolement total, je n’avais  surtout pas intérêt à jouer les méchants, il fallait au contraire afficher mon plus large sourire, et écouter les autres me raconter les anecdotes de leur séjour estival.

Ravaler son amertume n’était pas bon pour mes nerfs, ni pour mon estomac, mais je n’avais malheureusement aucune solution décente de défoulement.

La secrétaire du docteur R, nous avait téléphoné pour m’informer de la date de mon rendez-vous avec l’ORL. Il était fixé au jeudi 24 juillet, la démarche avait donc été énergique.

Deux jours après mon passage en Nantes, nous nous rendîmes à l’hôpital, dans le service du docteur O, qui était en congé. Ce fut  monsieur M, qui le remplaça.

Je n’imaginais pas à tel point que mon audition avait baissé, l’audiogramme le confirma, et c’était un résultat sans appel. Nous passâmes ensuite dans une autre salle, où le médecin m’invita à m’allonger sur la table d’observation. 

« Je vais faire une otoscopie de vos tympan, ne bouger pas ça ne fait pas mal. »

L’examen confirmait une forte inflammation des tympans. Il n’y avait pas d’autres moyens que d’effectuer une parasynthèse pour libérer le liquide infecté, ce qui devait théoriquement m’aider ensuite à mieux entendre.

L’idée d’une aiguille qui me perce une partie aussi sensible, me donnait des sueurs froides. Je craignais l’intervention du docteur M, comme la peste. Il y avait longtemps que je n’avais pas été stressé à ce point, la crise d’angoisse n’était d’ailleurs pas très loin de moi. Il fallut que son assistante me tienne la main, comme un petit garçon, pour que l’opération de l’oreille gauche puisse être menée à terme. Après dix ans de calvaire, j’avais tellement, tellement souffert, que mon corps et mon esprit, n’en voulaient plus. Je refusai catégoriquement qu’il s’occupe de mon autre oreille, qui de toute façon me paraissait beaucoup moins douloureuse.

Je ne suis pas sûr que le médecin encore moins son assistante eurent compris ma réaction, leur regard étonné  me prouvait que non. J’entendais légèrement mieux, c’était pour moi l’essentiel de mes préoccupations du moment. Puis nous partîmes avec une ordonnance d’antibiotiques en gouttes, qu’il fallait introduire dans le creux de l’oreille deux fois par jour, pour tenter d’éliminer l’inflammation.

Le mois n’était pas totalement terminé pour autant, j’avais sur mon mémento, une prise de sang à faire à domicile pour un contrôle approfondi de mon état de santé, puis à cause de mon extrême sécheresse buccale, il fallait me rendre le 28 juillet chez le dentiste, car j’étais un sujet à risque concernant les carries. Enfin sans jeux de mots, pour couronner le tout, j’avais un rendez-vous de fixer au CHD de Nantes, pour y rencontrer un chirurgien orthopédique, comme le service antidouleur du CAC de l’espoir, me l’avait conseillé.

Avec un programme aussi chargé, il n’y avait plus aucune place pour le plaisir, il fallait cependant tenter de s’accrocher aux branches, car le courant risquait de m’emmener bien loin, et pour toujours, de toutes vies humaines.

 



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