La cruauté de l’espoir

corps en souffrance

L’amélioration que m’avait apportée la consultation chez l’ORL avait été de courte durée. Voilà que de nouveau les bruits se faisaient de plus en plus sourds, et la sensation désagréable d’oreille bouchée recommençait. La paracentèse de mon oreille gauche, avait permis l’écoulement de ce liquide infecté, que je sentais glouglouter derrière mon tympan depuis plusieurs semaines, mais il semblait que la petite perforation pratiquée par le généraliste se soit refermée, et à cause de ça, mes problèmes refaisaient surface.   

Un rendez-vous avec le docteur M était prévu pour le lundi 11 août, je prenais donc mon mal en patience, quoiqu’à force de cumuler des pathologies de différentes natures, il m’arrivait parfois de me lever le matin avec un sérieux coup de blues.

Entre temps une prise de sang était prévue, ce qui me rappelait que nous approchions dangereusement de la date de mon examen au scanner, cette perspective ne m’enchantait guère, pire elle me désarçonnait l’esprit.

Depuis le début des vacances la période estivale avaient du mal à se mettre en place, la pluie était beaucoup plus souvent au rendez-vous que le soleil. Ce lundi matin c’était le soleil qui nous accompagnait non pas pour s’en aller faire une promenade de plaisir, mais pour nous rendre hélas à l’hôpital.  

Le docteur M constata très vite que la paracentèse n’avait pas apporté pour le moment une amélioration significative. Contrairement à ce que j’avais pensé le petit orifice par lequel le liquide infecté était en mesure de s’écouler n’était pas refermé.

Il me demanda de me boucher le nez, de fermer la bouche et de souffler très fort pour exercer une pression dans les tympans, et je sentis le liquide de nouveau se libérer de son emprisonnement. Le docteur M introduisit ensuite quelques gouttes d’eau oxygénée dans le conduit auditif, puis par micro aspiration me nettoya soigneusement le fond des deux oreilles.

« Est-ce que vous entendez mieux maintenant ? »

Je lui répondis que oui, mais ce mieux n’était que relatif, car lorsqu’il s’adressa à Chantal pour lui donner multiples explications, je constatai que je ne comprenais pas complètement la conversation.  

Une semaine s’était écoulée depuis cette petite intervention chez l’ORL, je n’étais finalement pas si mal loti que ça, même si mon audition laissait toujours à désirer, le médecin m’avait débarrassé de cette incommode impression d’avoir toujours l’oreille de gauche obstruée, et j’accueillais plus que positivement tout ce qui pouvait contribuer à améliorer mes conditions de malade.   

Le mercredi 20 août s’affichait au calendrier, j’allais traverser une nouvelle fois les pires moments de ma vie, le CAC de l’espoir m’attendait pour effectuer mon 46ème examen au scanner. Comme à chaque approche de ces échéances fatidiques, ma vie s’était arrêtée quelques jours plus tôt, il n’était pourtant point question de me dérober, or j’avais vraiment l’impression d’aller à Nantes, comme on mène une bête à l’abattoir.

Plusieurs personnes occupaient les sièges de la salle d’attente, j’avais envie de ne rien faire, sinon que de prier pour que je sois rapidement libéré de ce cauchemar. Le radiologiste ne donnerait pas les résultats il faudrait donc attendre la consultation avec le docteur R pour savoir si je devais effectivement m’inquiéter ou non.

Le passage dans le tunnel de l’impressionnante machine, n’avait été qu’une simple formalité de routine, mais il fallait que j’attende avant de partir, le médecin voulait savoir si les clichés étaient viables.

Cette procédure était relativement récente, et d’habitude je n’attendais pas plus de cinq minutes avant que le manipulateur ne vienne me donner le feu vert. Cette fois le temps s’écoulait sans que rien ne se passe, faisant monter d’autant chez moi la pression, au point où je n’arrivais plus à tenir en place.

Comme un lion en cage, je faisais des va-et-vient dans le couloir, pour canaliser mon agressivité, mais aussi et surtout pour essayer de ne pas exploser.

Je comprenais à présent pourquoi dans le film de Spielberg, Amon Goethe disait à Schindler, qui était en train d’arroser avec une lance à incendie, les wagons des déportés assoiffés par la chaleur.

« Vous êtes plus cruel que moi Oskar, car en leur donnant de l’eau, vous leur donnez de l’espoir ! »

Terrible à entendre, mais le mal qui m’avait rongé les cervicales, me donnant aucune illusion, je m’étais présenté au précédent examen, résigné et donc zen comme je ne l’avais jamais été. Avec les rayons, et la disparition des souffrances, j’avais repris l’espoir de continuer encore un petit bout de chemin sur terre, et voilà que ce médecin qui tardait tant à me libérer de mes chaînes, recommençait à me faire douter, oui vraiment mon destin était cruel.  

 

 

 

 

 

 



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