Dans ma bulle

ma bulle deux

L’oncologue avait beaucoup de retard, ce qui pouvait aisément ce comprendre, car il n’abordait pas tous les malades de la même façon. Il est évident que lorsque la consultation correspond à une simple visite de routine, l’entretien est très court. Lorsque le patient subit un examen au scanner, l’entretien  est plus ou moins long en fonction des bons ou des mauvais résultats à annoncer.

Je n’avais pas besoin d’être une petite souris pour savoir ce qui se tramait derrière cette porte désespérément close, j’avais enduré suffisamment de fois l’épreuve pour comprendre le désarroi de la personne qui me précédait dans ce cabinet.

Lorsque la secrétaire vint nous chercher dans la salle d’attente, nous croisâmes le couple qui sortait de chez l’oncologue.  Je compris à la mine déconfite de l’homme, et aux petites larmes qui perlaient au coin des yeux de la femme, que mon instinct avait vu juste.

« Excusez-moi de vous avoir fait attendre, mais décidément ce matin je prends beaucoup de retard. »

Il était bien au-delà de midi lorsque nous intégrâmes le bureau de la secrétaire. Cette visite n’était pas de simple routine, mais madame Q m’avait rassuré sur mon sort la première, ce qui avait balayé totalement  le poids de l’incertitude dans mon esprit.

Nous repartions avec un nouveau rendez-vous, une nouvelle prise de sang, et une nouvelle ordonnance de médicaments, comme à chaque fois que nous mettions les pieds au CAC de l’espoir.

Nous n’avions pas plus faim que ça, aussi nous décidâmes de nous rendre à la cafétéria pour prendre une boisson chaude avant de repartir.

Que c’était bon de trainasser devant ma tasse de chocolat fumant, l’esprit libéré des contraintes du matin.  

Peu de temps après l’avoir quitté, nous aperçûmes l’oncologue qui venait acheter un sandwich et boire une collation.

« Je ne peux tout de même pas reprendre mes consultations sans avoir rempli mon estomac ! »Nous avait-il dit en souriant.

Il était en effet treize heures passé et du fait de son retard, la pause de midi s’était réduite comme une peau de chagrin.

Alors que nous montions dans notre voiture pour rejoindre notre domicile, le parking de centre commençait effectivement à se remplir de nouvelles  ambulances et de nombreux véhicules de particuliers, la plupart venant honorer les consultations de l’après-midi.

Mon programme ne s’arrêtait pas là pour autant, car je devais effectuer ma piqûre de Xgeva en fonction des résultats de mon analyse de sang du 17 septembre, communiqués par le laboratoire, et comme le bilan était positif, l’infirmière vint m’injecter le produit, le lendemain matin.

D’autre-part une consultation chez l’ORL était programmée pour le 22 septembre, car du côté de mon audition, l’amélioration n’était pas franchement au rendez-vous.

Ce que je redoutais arriva, le docteur M n’avait pas d’autres choix que de me poser des diabolos, l’écoulement naturel de l’oreille gauche était insuffisant pour soulager réellement ma surdité, et il fallait également s’occuper de l’oreille droite sans que j’aille cette fois mon mot à dire.

Depuis dix ans j’avais tenté tant bien que mal de contenir le mal. Peut-être que je me surestime, mais j’ai l’impression que je ne m’étais pas plein outre mesure auprès de mon entourage. Cette fois mon corps refusait de nouveaux supplices, pourtant bien minimes par rapport à d’autres que j’avais malheureusement trop connus. Il ne fallait pourtant point songer à se dérober, car je commençais à me lasser de mal entendre.

L’ORL commença par me nettoyer avec de l’eau oxygénée, puis aspira les impuretés, avant de mettre à l’intérieur de l’oreille un coton imbibé d’un produit anesthésiant.

Je ne peux pas dire que j’étais décontracté, c’était même plutôt le contraire, je cramponnais ferme des deux mains, le rebord de la table d’opération. Je sentis comme une épine qui vous pique le doigt, mais l’idée que l’on venait de ma percer le tympan avec une aiguille, me fit pousser un léger cri, plus d’appréhension après coup, que de souffrance réelle.

« Voilà monsieur Gautier, je vous ai posé le diabolo à gauche, maintenant nous allons faire la même chose à droite. »

Au bout d’une vingtaine de minutes je sortis enfin de la salle d’intervention, en vacillant quelque-peu, mais tout à fait heureux d’en avoir fini, du moins provisoirement, avec le docteur M.

« Est-ce vous entendez mieux à présent ? »

Il était indéniable que j’entendais mieux lorsque l’on m’adressait directement la parole en articulant, mais quand le médecin s’adressa à Chantal pour lui expliquer, je ne sais trop quoi, j’eus l’impression direct de retourner dans ma bulle.      

 

 

 

 



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