La peur, une maladie dans la maladie

la peur une maladie

Pour tous ceux qui y cèdent, la peur est une maladie dans la maladie. Elle les ronge au plus profond d’eux-mêmes. Elle se faufile dans leur âme, et les gangrènent pour souiller leur paix intérieure.

La vie n’est pas faite pour s’éterniser dans la peur, il faut la bannir de son cœur, et si elle existe, faire en sorte de ne jamais l’exprimer face à son entourage, au risque de les contaminer également.

Il ne m’était pas toujours facile d’être fidèle à cette courageuse résolution, je dirais même que l’exercice devenait de plus en plus compliqué, et ce malgré mes dix années d’expérience face à la mort.

Justement en cette fin septembre, je devais affronter un de ces nombreux épisodes qui faisaient tanguer mon navire. Tenir le cap et ne pas céder à la panique, avaient dilapidé une grande partie de mon énergie.

Donc sans réel volonté de ma part, le livre que j’avais commencé à lire restait à sa place, mes grilles de mots fléchés subissaient le même sort. Je n’avais pas plus envie d’enfiler un gilet pour prendre l’air, et comme la radiothérapie récente de mes cervicales m’avait brûlé les tympans, me contraignant à ne plus entendre, je n’avais aucune raison de regarder la télévision. Mon ordinateur déprimait de rester constamment éteint, car ma boulimie d’écriture s’était pour l’heure entièrement évaporée.  

Bref un état d’esprit qui laissait libre cours à des pensées négatives, elles-mêmes  source d’angoisse, et de peur. Peur de ne pas recouvrer l’ouïe, peur de perdre à jamais la motivation des activités de l’esprit qui jusqu’alors m’avaient bien aidé à défier le malin, peur de ne plus avoir le courage de prendre mon bâton de marche pour aller saluer dame nature, bref j’avais le sentiment de prendre un virage extrêmement dangereux.  

L’état de fébrilité dans lequel je me trouvais, ne faisait que de s’aggraver, et ne m’aidait guère à ne pas déraper.  Je n’avais pas la force de lutter contre mes visions cauchemardesques, produites par mon imagination.

J’avais certainement de la fièvre, mais le thermomètre ne fonctionnait plus. Cela ne m’importait guère, car finalement le résultat du test n’aurait rien changé à la donne.

J’étais très fatigué, je déclarai donc forfait, je choisis de me réfugier dans mon lit, l’endroit idéal pour me sentir en sécurité. Le sommeil me ferait oublier l’abime sans fin, dans laquelle le cancer m’avait plongé.

Je priai l’être suprême pour qu’il m’accorde un petit moment de répit, et je fus entendu, car Morphée m’enveloppa dans ses bras une partie de la journée du samedi. Je me réveillais par intervalles irréguliers de courtes périodes, souvent lorsqu’un membre de ma famille s’était penché au-dessus de moi, inquiet de savoir comment j’allais. Sinon la morphine aidant, mes rêves me faisaient voyager sereinement dans un monde improbable, aux  antipodes de ce que je connaissais dans la vie réelle.  

En milieu d’après-midi j’eus un sursaut d’audace, et me sentit suffisamment solide pour me lever prendre un encas, mon premier repas de la journée. 

Je regardais mes proches s’agiter autour de moi, ne comprenant évidemment pas un traitre mot de leurs paroles échangées, comme si j’évoluais dans une autre dimension sensorielle.

Prisonnier dans ma sphère comme un poisson rouge dans son bocal, je n’avais pas d’autres issues que d’attendre bêtement que le temps passe.

Déçu ou pas déçu, révolté ou pas révolté, mon état de santé m’avait privé de pas mal d’occasions de sorties depuis 2004, et la manifestation de ce samedi soir, organisée par le service culturel de la CAC, marquant ainsi le début de la saison théâtrale, faisait partie de celles-là. Chantal et sa sœur  se rendirent donc sans moi sur les lieux des différents spectacles proposés, tandis que Morphée malgré déjà beaucoup d’heures de sommeil  accordées, m’invita en m’assoupir quand même dans ses bras.

Le dimanche nous avions prévu d’assister à un grand rassemblement familial, à moins de l’aide efficace d’une puissance divine,  mon absence serait excusée, et mon programme de l’après-midi sans surprise.



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