La somme de toutes les peurs

la fée

Justement ce 21 octobre outre mon rendez-vous du matin avec le docteur M, qui ne pouvait malheureusement pas se transformer en ma marraine la bonne fée, je devais également effectuer un voyage à Nantes. Un ixième bilan de santé au CAC de l’espoir, était programmé dans le courant de l’après-midi. Cette rencontre ne m’inquiétait pas à l’excès, le renouvellement de mon traitement chimiothérapique étant la raison principale de ce déplacement. En revanche  j’avais quand même mal au ventre, en pensant à mon oncologue, car il n’allait pas manquer de me fixer une date en novembre, pour me faire passer mon 47ème  examen au scanner.

Comme à chaque fois que la météo faisait des caprices, le réchauffement climatique était sur toutes les lèvres. Il faisait beau et anormalement chaud pour la saison, c’est donc en tenue quasi printanière que Chantal et moi nous montâmes dans la voiture, pour rejoindre la nationale. Mon appréhension habituelle de la route, lorsque le trafic est intense, n’avait pas lieu d’être, car il y avait peu de véhicules à cette heure de l’après-midi. Mes nuits étaient très souvent agitées, je souffrais d’un manque de sommeil, que je compensais presque quotidiennement par une sieste, aussi  le ronron du moteur et la relative sérénité dont je faisais preuve, me permirent de perdre conscience un bref, mais néanmoin  précieux moment.

Le périphérique nantais était également très fluide, nous ne rencontrâmes ni bouchon, ni ralentissement. A l’inverse les parkings du CAC de l’espoir étaient complètement engorgés. C’était une constatation plutôt de mauvais augure, car cela signifiait fâcheusement que le nombre de malades étaient en constante progression.  Habituellement notre solution de secours était de se garer sur une place handicapée, j’étais détenteur de la carte adéquate, je n’en abusais pas outre mesure, mais cette fois même ces emplacements étaient occupés.

Pour ne pas retarder le mouvement, j’étais descendu devant la porte principale du centre, tandis que Chantal alla poiroter un peu plus loin, dans l’espoir de profiter rapidement d’une possibilité de stationnement.

La patience étant mère de toutes les vertus, Chantal finit donc par me rejoindre alors que je n’avais pas encore accompli les démarches administratives de mon arrivée.

Au second étage à l’image du nombre de voitures parquées à l’extérieur, les malades étaient nombreux. La secrétaire du monsieur R nous avertit que l’oncologue avait pris un peu de retard sur la planning, mais retard était un mot du vocabulaire qui ne nous effrayait plus depuis bien longtemps, livres et mots fléchés étant là pour nous faire oublier le temps.

Autant qu’à son accoutumé, le médecin arborait une mine joviale. Comment je vivais mon cancer au quotidien était le sujet de ma présence dans son cabinet, notre conversation n’en demeurait pas moins banale, un état de fait qui n’aurait pas manqué de déconcerter un témoin non initié.

Docteur Q qui devait calquer notre rencontre en fonction de celle fixée par monsieur R, ne nous avait pas donné signe de vie, le médecin lui téléphona pour lui faire remarquer, et lui livra l’information de ma future visite en ces lieux.

Je ne peux prétendre qu’à chaque fois c’est la même chose, mais ce jour-là, l’entretien avait été expéditif, restait un seul point à aborder avant de prendre congé, programmé un scanner qui puisse coïncider avec le 18 novembre date de mon prochain rendez-vous.

Je suppliai la secrétaire de me caser sur le planning du service radiologie du CAC de l’espoir. En effet je détestais cordialement de passer l’examen dans un autre établissement. Cette situation me procurait un stress supplémentaire, voir même des manifestations paroxystiques d’angoisse.   

Depuis août 2005 que je franchissais régulièrement la porte de son bureau, la secrétaire me connaissait bien, nous avions même sympathisé, aussi fit elle le forcing pour me procurer satisfaction. Il fallait se présenter le 17 à l’examen, et le 18 chez l’oncologue, mais je préférais cette solution, à n’importe qu’elle autre.

S’il m’arrivait parfois de ne pas penser à ma condition de malade, je ne risquais pas en revanche de l’oublier. Lorsque nous quittâmes le centre, un véritable compte à rebours se déclencha dans ma tête, en attendant cette journée du 17, date à laquelle j’endosserai une nouvelle fois à n’en pas douter, la somme de toutes les peurs.



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