Bête de somme

bête de somme

 

Le cancer, ce n’est pas seulement les opérations et les traitements, c’est aussi la fatigue présente à peu près tous les jours que Dieu fait, une lourde charge que mon pauvre corps fragilisé par la maladie doit porter comme une bête de somme. Faible consolation du médecin lorsqu’il me dit que l’absence de surrénales entraîne forcément des manifestations négatives sur l’organisme.

« Les glandes surrénales produisent entre autre des hormones intervenant dans la production d’énergie, qui régulent le métabolisme des glucides, lipides et protéines. Une autre hormone contrôle l’équilibre hydro électrolytique. Cet équilibre est primordial pour la contractilité des muscles. La production  varie selon les besoins du corps, dans votre cas L’Hydrocortisone et le Flucortac n’agissent que de manière linéaire, aussi cette distribution d’hormones de synthèses n’est pas une situation idéale, pour vous sentir en forme.» 

Une mauvaise nouvelle parmi tant d’autres qui me privait de l’espoir d’une vie à peu près normale, une déveine donc qu’il fallait accepter comme toutes les autres, au risque de polluer dangereusement mon esprit.

Comme toutes les fois que je me sentais capable de le faire, ce Vendredi 6 février 2015, j’étais sorti faire de la marche, une activité physique pour moi primordiale, afin de conserver mon mental dans sa position de combat.

La reprise de l’évolution du cancer, et celle des traitements qui allaient de pair, m’interdisait de bénéficier d’une protection vaccinale antigrippale, jusqu’à présent j’avais échappé à l’épidémie, et j’espérais bien passer à travers les mailles du filet. En fait ce n’était pas la grippe qui m’attendait au virage, mais une trachéite qui commença à se manifester le soir même de cette balade ensoleillée.

Comme un coup de tonnerre qui vous foudroie, l’état fébrile se manifesta alors même que j’étais tranquillement assis devant la télévision.  Outre mes nuits perturbées par un an de soulagement par la morphine, cette indisposition supplémentaire ne plaisait guère à Morphée. Je n’avais pas besoin de prendre ma fièvre pour savoir que j’en avais, et les frissons qui me parcouraient le corps me rappelaient le très très mauvais souvenir de ma septicémie.  Après une nuit cauchemardesque j’étais trop fatigué pour me lever. Avant même d’ouvrir la chambre pour prendre de mes nouvelles, Chantal savait déjà qu’il faudrait appeler le médecin à la rescousse.

Le docteur C accepta de se déplacer, ce n’était d’ailleurs pas la première fois, de plus il connaissait ma pathologie sur le bout des doigts, aussi souhaitait-il ne prendre aucun risque à mon sujet.

Donc comme je l’ai dit précédemment je souffrais d’une trachéite, qu’il fallait soigner avec des antibiotiques pour protéger les poumons. Avec un thermomètre frôlant les quarante degrés de fièvre, je ne fis pas surface de la journée, et les jours suivants furent difficiles.

Malgré toutes les précautions prises par le médecin, je sus très vite que le phénomène de nez et d’oreilles bouchées n’étaient pas un bon signe pour l’avenir. Le hasard voulait qu’un rendez-vous avec l’ORL ait été fixé pour le jeudi 12 février. Entre temps je devais subir une prise de sang, suivie le lendemain par une piqure de Xgeva. Je savais que tout ça n’allait pas m’aider à remonter la pente, car si le traitement préservait autant se faire que peut mes os, les effets secondaires n’étaient pas toujours sans conséquence sur ma forme, d’autant plus qu’un terrain favorable s’y prêtait.

Le docteur M comme tant d’autres sur la liste devenait au fil du temps mon fidèle parmi mes fidèles. En ce jeudi 12 février, Il ne tarda pas  à venir nous chercher dans la salle d’attente pour mon auscultation. Je lui fis part de mes problèmes récents de santé, et il confirma comme je le savais déjà que mon système auditif avait une nouvelle fois morflé. Comme en septembre, la trompe d’Eustache était affectée, entrainant la disparition progressive de l’air, une baisse de la pression des oreilles et une contraction des tympans. Le docteur M  me confirma aussi les raisons de ces sensations d’oreilles pleines, de bourdonnements, d’une nouvelle baisse auditive, et d’un épanchement de liquide plus important qu’à l’accoutumé.

Il ne pouvait pas faire grand-chose d’autre, sinon que de m’aspirer les impuretés et de me nettoyer le conduit auditif avec de l’eau oxygénée, après quoi il me prescrivit de l’Ofloxacine, un antibiotique en gouttes comme j’en n’avais déjà eu  l’année précédente. Le traitement était assez contraignant, matin et soir il fallait être allongé vingt bonnes minutes pour que le produit fasse effet, des soins qui se rajoutaient à tous les autres.  

L’esprit d’un malade atteint d’une très grave pathologie, ressemble au chariot du grand huit, tantôt le moral est dans une phase montante, tantôt il aborde une descente vertigineuse.  Ce nouveau coup dur ma plaçait plutôt dans le deuxième cas de figure.

Il faut bien l’admettre, et je n’ai de cesse de vous le répéter, le cancer c’est comme un boulet que l’on traîne au pied, on veut suivre les bien-portants, on voudrait faire la même chose qu’eux, mais avec une telle entrave, il est impossible de rivaliser, il ne nous reste donc plus qu’à vivre la plupart du temps par procuration, c’était ça ou mourir de désespoir.

 

 

 

 



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