Victoire de l’espérance

victoire de l'espérance

De tous les combats, l’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire que je puisse remporter contre l’adversité.

                                                                                                                             Joël Gautier 6 mars 2015

                                

Fatigué de lutter contre le malheur, l’infortuné s’appuie sur l’espérance.

                                                                                                                             Etienne Pivert de Senencour

 

Le silence de la salle d’attente me paraissait terriblement lourd et pesant. Parmi les gens qui m’entouraient, certains plongeaient les yeux  dans un livre ou  dans un magazine, d’autres  le regard errant, masquaient difficilement  des signes bien compréhensibles de nervosité. Je n’avais pas très envie de passer mon temps avec  ma planche de mots fléchés, je n’étais d’ailleurs même pas sûr de l’avoir emporté, je décidai néanmoins d’emprunter l’une de ces revues peu intéressantes mise à la disposition des personnes.
Un tapotement sur mon épaule, me rappela mes problèmes d’audition, je n’avais pas entendu en effet l’appel de mon nom. Je quittai ma lecture sans regret.

Chantal signifia à la manipulatrice de parler plus fort, ce qu’elle fit avant que nous nous isolions dans la cabine de préparation.

C’était la première fois en dix ans que la pose de mon cathéter se situait dans un endroit éclairé par la luminosité du soleil, je pouvais même profiter malgré le bâtiment d’en face, d’un petit coin de ciel bleu.  Ces sinistres réduits sans fenêtre, auxquels, le personnel médical avait coutume de me renfermer, avant de me passer un scanner, avaient pour effet d’augmenter un sentiment d’enfermement solitaire, ce qui engendrait automatiquement un surplus de stress. Seul un malade ayant passé par ces mêmes épreuves comprendra  le sens de mes propos.  
Combien de fois avais-je été piqué depuis le début de la maladie, sans doute plus de trois cent fois, et ce n’est certainement pas une supputation exagérée. Par voie de conséquences, la veine située à la pliure de mon coude droit était rétractée, par contre sur le bras gauche, une veine suffisamment saillante  était devenue depuis quelques temps, l’objet de prédilection des aiguilles de tous horizons.

Quelques fois il m’était arrivé de faire face à des stagiaires débutantes qui pour la plupart du temps faisaient preuve d’une maladresse très pardonnable, mais cette fois j’avais devant moi une pro, et la pose du cathéter se passa comme une lettre à la poste, c’est-à-dire vite, et sans douleur. 

Comme dans bien des secteurs d’activité, le travail s’effectuait à la chaîne, la manipulatrice me demanda donc d’attendre un petit moment, car elle devait libérer  le patient précédent, avant d’être ensuite un peu plus à moi.

Lorsqu’elle revint me chercher, elle m’accompagna alors jusqu’à la zone protégée.

La machine ronronnait comme un monstre assoupi, je fus invité à m’allonger sur la table d’examen.  

A trois ou quatre reprises, mon corps tout entier traversa le tunnel, et à chaque retour une voix synthétique m’ordonna de bloquer ou non ma respiration.

Sans que je sache réellement pourquoi, l’injection du produit de contraste effectuée en cours d’examen, m’avait chauffé les entrailles un peu plus que les autres fois.

La manipulatrice m’invita à me relever, et m’accompagna ensuite dans ma cabine. Elle me laissa seul, le temps que la poche de perfusion soit vide. Une nouvelle fois les dés étaient jetés, et j’imaginais avec angoisse le médecin radiologue en train d’examiner mes clichés.

Le temps me paraissait bien long, et cette attente me rendait d’autant plus nerveux qu’elle m’avait promis de revenir très vite. Plus les minutes s’écoulaient, et plus je paniquais, car une envie pressante me torturait la vessie, je commençais même à me sentir mal. Enfin n’y tenant plus, je dus me résigner à appuyer sur le bouton d’appel d’urgence.  

« J’ai été retenue par un imprévu, je ne pouvais pas faire mieux ! »

« Je comprends, mais j’avais urgemment besoin d’aller aux toilettes, et croyez-moi je ne pouvais vraiment plus attendre. »

L’épreuve m’avait terriblement secoué l’organisme, et je n’étais pas bien du tout, je sentais venir le malaise. Heureusement il était l’heure de déjeuner, et je voulais espérer qu’un apport alimentaire, allait résoudre mon problème.

Le contraste de température intérieur extérieur n’arrangea pas l’affaire, je regagnai la voiture en frissonnant avec une envie express de vomir, mais le fait de m’asseoir dans l’habitacle et de commencer à avaler mon sandwich, apaisèrent comme je l’avais espéré, cette crise probable d’hypoglycémie.

 

 

 

 



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie