Les dés jetés

dés

Les dés avaient été jetés, et bien jetés, il aurait été inimaginable de passer à côté d’un si bon week-end. Je n’étais ni plus ni moins gêné par cette légère opacité qui perturbait l’acuité visuelle de mon œil droit, mieux encore, changement d’air oblige, je la redécouvrais après l’avoir sensiblement oubliée durant notre courte escapade.

Un nouveau rendez-vous chez l’ophtalmologiste était fixé au 1 avril, d’ici là il fallait que j’apprivoise mon nouveau compagnon de route, de toute manière je n’avais pas le choix. Bien d’autres sujets d’entraves cherchaient aussi une solution,  mes problèmes d’écoute entre autre étaient en passe d’être réglés.

Les nerfs  auditifs étaient atteints, la greffe de tympan était inenvisageable, restait l’appareillage seule marge de manœuvre que nous avions à notre disposition. J’avais enfin admis que je devais en passer par là, la décision n’avait pas été aussi évidente à prendre, mais l’idée avait finalement fait son chemin, et même si nous avions pris un peu de retard dans la procédure, il était fort possible de le rattraper.

Se payer une nouvelle paire d’oreilles, n’était pas un petit investissement, trois mille euros environ, et si la sécurité sociale s’était avérée généreuse durant ces dix années d’un combat excessivement coûteux, cette fois elle faisait si je puis dire, relativement la sourde oreille.

Premier enseignement avant d’entrer dans l’univers très spécialisé de l’audioprothésiste, c’est qu’il ne faut pas prendre son rendez la veille pour le lendemain, nous apprîmes donc la chose à notre dépens, puisqu’il fallut attendre un bon mois avant d’être reçu en consultation. 

Nous avions opté pour faire marcher la concurrence, ou du moins pour comparer les compétences et  le rapport qualité prix, un premier entretien était fixé au mardi 24 mars, c’était un établissement situé à deux pas de chez nous, ce qui constituait donc un bel avantage pour les contrôles réguliers dont je serais régulièrement assujetti par la suite.

En ce mardi 24 mars, nous fûmes donc reçus en fin d’après-midi par une hôtesse d’accueil somme toute assez souriante, mais surtout très communicative. La pièce était largement éclairée par la vitrine extérieure du magasin, et jouissait d’un concept d’agencement moderne, d’emblée je me sentis en confiance.  Il fallut s’asseoir dans un petit coin salon, car l’audioprothésiste était toujours retenu par le client précédent, tandis que Chantal s’occupait de glaner quelques conseils pour obtenir d’éventuelles aides financières de tel ou tel organisme.   

Je me sentais totalement isolé de la conversation, et je n’avais pas besoin d’y prêter une attention particulière, car je faisais confiance à ma femme pour défendre nos droits.

Dix petites minutes plus tard, nous fûmes reçus par une jeune femme ne dépassant certainement pas la trentaine, mais qui semblait avoir déjà pas mal d’expérience dans son métier.

Son bureau était bardé de technologie moderne en rapport avec son domaine, je ne connaissais pas un tel déploiement de matériel chez l’ORL.

L’auscultation ressemblait en tout point de vue à celle d’un médecin spécialiste en la matière. Elle en arriva donc aux mêmes conclusions que le docteur M, et procéda ensuite comme il l’aurait fait, aux tests auditifs.

« Je vais vous faire entendre des sons de fréquence pure de plus en plus forte, jusqu’à ce que vous les perceviez en me le signalant de la main, de manière ainsi à noter votre degré de surdité. »

A chaque fois qu’un genre de sifflement bizarre me parvenait à l’oreille, je réagissais comme il me l’avait été demandé. J’ignorais si j’étais un très bon, un bon, un mauvais, ou un très mauvais élève, mais je me concentrais un maximum pour que le test soit le plus viable possible.

« Je vais à présent vous faire entendre des mots, et vous me répéterez ce que vous avez entendu. Cet examen complémentaire me permettra d’évaluer la gêne auditive réelle, car l’audiogramme tonal n’est pas totalement infaillible. »

Certains mots me paraissaient évident à redire, d’autre me demandais un éclair de réflexion, d’autres encore me donnaient du fil à retordre, et je révélais le mot comme il me semblait l’avoir compris.  

A l’orale du BAC j’aurais été irrémédiablement recalé, pour l’heure il ne s’agissait pas d’obtenir un diplôme scolaire, mais d’évaluer le type d’appareillage qui pouvait me convenir le mieux.

La perte d’audition était estimée à environ 50%, avec une déficience très aggravée des aigus.

Bien entendu dans mon cas il ne s’agissait pas de prendre la prothèse auditive de bas de gamme, j’avais besoin d’un confort d’écoute maximum, et surtout d’une marge de sécurité, c’est-à-dire la possibilité d’amplifier le son.

La société mutualise qui embauchait l’audioprothésiste était normalement une association à but non lucratif, j’espérais donc qu’elle n’était pas un train de me proposer un produit trop sophistiqué par rapport à mes besoins réels, mais ça j’étais bien incapable de m’en assurer.  Je n’avais qu’une seule alternative lui faire confiance.

Nous sortîmes une heure plus tard satisfaits de cette entrevue, sûrs que nous ferions ici le bon choix, car nous avions un a priori envers le second établissement sélectionné, en raison de certaines rumeurs sur la cherté de ses appareils.

 



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