Une fièvre de cheval

une fièvre de cheval

En trois coups de cuillères à pots, l’audioprothésiste établit le devis du modèle des prothèses qu’elle m’avait conseillées, puis me tendit le mystérieux document.

Mystérieux document car je ne savais pas à quelle sauce j’allais être mangé, pourtant le montant de la facture me rappela à l’esprit  qu’il ne fallait pas se fier aux dires des gens, mais au contraire se rendre compte par soi-même. D’autre-part les soi-disant tarifs les plus bas proposés par la concurrence, n’étaient pas l’apanage de cette dernière, puisque avec des appareils de qualité égale, on me proposait une prestation que je jugeais légèrement plus pointue, pour un écart de prix fort négligeable.    

Nous rentrâmes satisfaits de cette entrevue avec la conviction que nous allions choisir cet établissement plutôt que l’autre.

Deux jours plus tard j’avais le matin un rendez-vous hyper important de contrôle oculaire avec au programme l’examen du fond de l’œil droit, pour savoir si le décollement de la vitrée était en passe d’être guéri, ou s’il y avait matière à s’inquiéter.

Sans précision sur l’ordonnance, Chantal avait cru bon de me mettre des gouttes dans les deux yeux, ce qui avait pour conséquence de me rendre très sensible à la lumière, et ce qui me troublait également singulièrement la vue.  

Madame H avait peu de retard, aussi nous passâmes quasiment à l’heure qui avait été fixée. Elle avait le fâcheux inconvénient de ne pas parler très fort, et j’avais beaucoup de mal à entendre ses instructions. Une chose était sûre c’était que je ne pouvais pas distinguer grand-chose des tableaux de lettres qu’elle me proposait à la lecture. J’étais un peu stressé car j’avais l’impression de ne rien maitriser de la situation.

L’examen n’était pas fait non plus pour me décontracter, je trouvais l’épreuve très désagréable, outre la lumière intense qui m’éblouissait, j’avais l’impression que l’ophtalmo m’aspirait carrément l’œil, je ne fus donc pas fâché lorsque madame H retira son appareil.

Je n’entendais pas grand-chose de ses conclusions, mais je comptais sur Chantal pour me répéter mot pour mot ce qu’elle avait dit. 

Je pouvais être rassuré car la situation était stable, d’autre part elle confirma que l’espèce de toile d’araignée qui m’obstruait la vue, finirait par disparaître. Il fallait néanmoins reprendre un rendez-vous car il était important de contrôler l’évolution de la maladie.

Le soleil ardent de ce 1er jour d’avril me rendait totalement aveugle, je rejoignis donc péniblement la voiture avec l’aide de Chantal, qui devait impérativement me tenir le bras.

Ce même jour nous avions également de nouveau rendez-vous avec l’audioprothésiste, cette fois pour prendre l’empreinte des oreilles. L’entretient n’avait lieu qu’en début d’après-midi, et j’espérais que d’ici là les gouttes auraient fini de produire leurs effets.

La jeune femme était toujours aussi affable, munie de son otoscope elle m’examina soigneusement les deux canaux auditifs pour s’assurer l’absence d’infection. Elle me confirma que les épanchements qui avaient lieu régulièrement la nuit, n’existaient pas le jour.

« Votre oreille droite est légèrement plus humide que la gauche, mais je ne vois aucune contre-indication pour effectuer mon travail. Je vais vous insérer des protèges-tympans en mousse, puis je vais vous injecter ensuite une matière silicone à l’aide d’une seringue. L’opération est complètement indolore. »

Elle introduisit le bec de la seringue dans le canal auditif de gauche et appuya doucement sur le poussoir. Lorsque le creux de l’oreille fut plein elle dégagea l’empreinte qui avait déjà durci.

Elle procéda de la même manière à droite, avant de constater que les moulages seraient parfaits.

L’opération demanda un certain laps de temps, mais nous sortîmes avec la certitude que nous venions de franchir une étape importante dans le périple que j’avais désormais entamé pour retrouver un peu plus de vie sociale.

Les périodes positives étant rares, je profitai donc de l’embellie du moment pour tenter de mettre un terme à mes très nombreuses nuits d’insomnies. Un an de traitement à la Morphine  me soulageait certes de douleurs plus ou moins supportable, mais avait pour principal inconvénient de provoquer des hallucinations nocturnes, qui ne m’aidaient pas à retrouver un sommeil réparateur.

Le 7 avril un jour après mon anniversaire je décidai donc de stopper cette dernière en espérant pouvoir remporter le challenge.  

J’ignorais si l’arrêt brutal de cet antalgique puissant en était la cause, mais la nuit suivante je dus affronter une fièvre à 40, que l’on pouvait supposer provenir  d’un état de manque. J’étais  pourtant  fermement résolu à ne pas céder au ‘’chantage’’ de mon organisme.  



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