Mes grandes faiblesses

faiblesse

La course que je mène contre la mort n’est pas de tout repos, elle exige de nombreux sacrifices. Il n’est pas question de gagner la médaille d’or, car le cancer reste et restera  le plus fort, néanmoins il ne faut pas s’avouer vaincu et ceux malgré les difficultés qui s’accumulent et qui use l’organisme aussi bien que le mental.

Le malin se donne si je puis dire un malin plaisir à me pourrir la vie, mais il peut  aussi compter sur ses acolytes pour parfaire  ‘’son œuvre’’.

Justement comme si  le cancer ne suffisait pas, le lundi 20 avril, j’avais rendez-vous à la clinique pour passer un contrôle des yeux. L’ophtalmologiste avait craint le pire, mais le décollement de la vitrée était un diagnostic qui écartait tout autre hypothèse. Cette fois l’ordonnance  stipulait qu’il ne fallait mettre des gouttes que dans l’œil droit, ce qui me permit de me diriger un peu mieux. Je savais ce à quoi m’attendre, et je n’étais pas spécialement emballé de passer l’examen.

Le voile qui m’obstruait la vue se résorbait lentement, mais sa présence continuait de me gêner, du moins lorsque mon esprit se focalisait sur le problème, car dans l’ensemble j’avais plutôt tendance à m’y habituer. Cette sensation que l’on était en train de  m’aspirer le globe oculaire me donnait la nausée, j’avais hâte que l’épreuve touche à sa fin.

« Tout va bien monsieur Gautier, nous somme sur le bon chemin, toutefois j’aimerais vous revoir une dernière fois afin d’asseoir définitivement mon diagnostic. »

Rendez-vous était donc fixé au 28 mai, d’ici là j’avais l’ordre de ne pas entreprendre des activités trop brutales.

Depuis décembre 2004 je n’avais pas eu beaucoup de moments de répit, et il n’y avait aucune raison pour que les choses ne changent durablement.

Le 22 avril il fallut donc se réveiller aux aurores pour que l’infirmière à domicile vienne effectuer une prise de sang.

Il s’agissait de faire l’analyse de la quantité de calcium dans le sang qui ne devait pas être inférieure à 88 mg par litre, auquel cas la piqure du lendemain ne pouvait pas avoir lieu.

Les résultats étant conforme aux normes, le 25 avril je subis ma douzième piqûre de Xgeva, traitement rendu obligatoire depuis la découverte de mes tumeurs osseuses.

J’étais suffisamment en forme durant cette période printanière pour profiter de la nature, et du grand air, cependant il ne fallait pas se leurrer l’épée de Damoclès restait dangereusement suspendue au-dessus de ma tête, et j’avais conscience plus que quiconque de la fragilité de la vie.

A peine avais-je eu donc le temps de bénéficier de cette très courte période récréative, qu’il fallut songer à prendre une nouvelle fois  la direction de Nantes.   

En ce mardi 28 avril 2015, malgré les rayons bienfaisants du soleil, un petit vent frais nous interdisait de nous séparer de nos petites laines. Mon entretien avec l’oncologue était fixé à 17h45, jusqu’à présent je n’avais jamais été convoqué  aussi tardivement.

L’heure n’était pas très appropriée car elles correspondaient à la période de pointe sur un périphérique déjà suffisamment encombré.

Exceptionnellement nous avions recours à une ambulance, car pour des raisons de problème d’oreille interne, Chantal n’était pas en mesure de conduire. J’avais choisi de me m’asseoir à l’arrière du véhicule, car avec cette surdité qui n’avait de cesse de s’aggraver, j’étais incapable de mener une conversation à bien,  aussi je préférai rester à l’écart de la conductrice.   

Comme redouté, à cause des automobilistes qui souhaitaient l’emprunter, les bouchons s’accumulaient à chaque voie d’accès au périphérique. Nous prenions un peu de retard mais le CAC de l’espoir était habitué à ce genre de situation.

Je n’étais pas spécialement patient lorsque j’étais coincé dans les bouchons, bien que je n’étais pas le conducteur, je sentais le stress envahir tout mon corps, pire je sentais naître une crise d’angoisse que j’espérais pouvoir maîtriser.

Il fallait vraiment s’armer de courage, car à moins de 500 mètres de l’entrée du centre nous roulions encore au pas, pourtant la partie était gagnée, car je sentais mon corps s’apaiser, mes muscles se détendre, j’avais vaincu l’une de mes grandes faiblesses.  



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