Les petits bobos du quotidien

bobos

Malgré l’heure tardive, le hall d’accueil grouillait de monde, malades, accompagnants, personnel administratif, personnel de santé, personnel de maintenance, et autres venus d’horizons différents.

L’ambulancière n’avait pas eu trop de mal à trouver de la place, et à présent ticket en main, nous étions en train d’attendre notre tour au guichet d’enregistrement des arrivées.

J’étais très ennuyé car j’avais pu constater durant le trajet, la perte d’une partie de la branche gauche de mes lunettes, bien difficile dans ces conditions de les maintenir correctement sur le nez.

L’ambulancière se voulait rassurante, elle ne les trouvait pas spécialement de travers, mais moi je me sentais un peu ridicule.

« Ça ne se voit pas peut-être, mais moi j’ai l’impression du contraire, et je ne me sens pas très à l’aise. »

Joignant le geste à la parole je décidai de les retirer, et tant-pis si ma myopie devait m’handicaper quelque-peu.  

Un regard d’étonnement de Chantal, me fit comprendre qu’il se passait quelques choses.

La partie de la branche que nous croyions perdue était en fait restée bien calée sur le contour de l’oreille.

Puisque je n’avais pas d’examen à passer, ce voyage à Nantes était comme me l’avait dit le docteur R, une visite de courtoisie, aussi étions-nous relativement détendus. L’anecdote nous fit donc plus que sourire, et ce n’était pas si souvent que nous avions l’occasion de nous lâcher dans un endroit pareil.

Est-il nécessaire de le rappeler, mes oreilles me faisaient défaut, et m’isolaient pas mal du reste du monde, aussi tandis que nous empruntâmes l’ascenseur pour rejoindre le second étage  et qu’une voix synthétique nous signala le numéro de palier, je crus que Chantal venait de m’adresser la parole, ce qui rajouta de la bonne humeur à cette escapade en terre non inconnue.

La récréation était cependant terminée, car les choses devenaient beaucoup moins drôles, l’oncologue avait en effet une bonne heure de retard, aussi  fallait-il s’armer de courage avant de commencer cet ixième entretien avec lui.

Lecture pour l’un, et sport cérébral pour l’autre, nous étions ferrés pour affronter dans les meilleures conditions possibles ce contretemps qui nous retenait bien plus longtemps que de coutume, dans un lieu parmi les moins réjouissants.     

Comme je le dis souvent lors de l’écriture de ce témoignage, au fil de nos voyages réguliers au CAC de l’espoir, nous entretenions des rapports différents avec le personnel de santé, rapports qui n’étaient  plus simplement ceux qui existent le plus souvent entre malades et blouses blanches. Dans ce contexte N la secrétaire du médecin n’hésita donc pas à sacrifier un bref instant de son précieux temps pour nous saluer et demander de nos nouvelles. Elle nous proposa même de venir nous asseoir auprès de son bureau, après avoir invité deux ambulancières à nous céder la place.

Je commençais à le lasser de mes mots fléchés lorsque la porte du cabinet s’ouvrit, et que notre tour fut enfin arrivé.

L’oncologue nous accueilli avec le sourire que je lui connaissais bien, il commença par s’excuser pour son grand retard, puis nous présenta l’une des pharmaciennes du centre. Il me demanda si j’étais d’accord pour qu’elle assiste à notre entretien, et je n’y voyais évidemment pas d’inconvénients.   

La femme était plutôt réceptive à mes plaisanteries, car elle riait de bon cœur.

« Comment allez-vous depuis la dernière fois ? »

A la question rituelle, je devais répondre en essayant de ne pas me répéter, et comme je n’avais justement pas eu de gros soubresauts depuis mon scanner du mois de mars, il fallait faire preuve d’imagination.  

« Beaucoup moins bien qu’avant la maladie, mais pour l’instant je m’en tire plutôt bien compte-tenu de ma pathologie. »

« Ne me dîtes pas que tout va pour le mieux dans le meilleur du monde ? »

« Bon puisque vous me condamner à me plaindre, je vous dirais à peu près les mêmes choses que lors des rendez-vous précédents. »

« A savoir ? »

Je commençai donc la litanie des petits bobos, qui entravaient plus ou moins sérieusement mon quotidien.

 



1 commentaire

  1. physiosciences 10 juin

    Bonjours, j’ai lu tout tes articles, je pense vais poster bientôt sur mon blog , la physiologie rénale et tout ce que les médecins ne disent jamais à leurs patients par exemple, ainsi qu’une quantité de plantes très banal qui soutiennent énormément les reins…..

    Dernière publication sur Physiosciences : L'utilisation de la foudre, l'âge d'or.

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