Des frissons dans le dos

stress

« Et bien puisque  vous voulez tout savoir, la maladie et ses traitements m’agrémentent la vie de plus ou moins gros inconvénients, mais vous connaissez la plupart d’entre eux. »

« A savoir ? »

« Sommeil perturbé, diarrhées, fatigues, étourdissements etc.. le dernier en date étant des rougeurs persistantes sur le visage. »

« Est-ce que vous vous exposez beaucoup au soleil ? »

« Non pas plus que nécessaire, j’ai reçu une consigne stricte du cardiologue dans ce domaine, car l’Amiodarone pour soigner mes arythmies cardiaques ne fait pas bon ménage avec les rayons UV, mais même sans cela, plusieurs fois dans la journée ou même dans la nuit, je ressens comme des bouffées importantes de chaleur qui me mettent le feu au visage, le colorant d’un rouge de plus en plus persistant, et pour le moins inesthétique. »

Comme je m’en doutais, l’oncologue n’avait pas de solution à me proposer, le cancer est une maladie extrêmement complexe, qui agit différemment d’une personne à l’autre. Les effets secondaires des médicaments sont eux aussi tellement variés,  qu’il était impossible pour lui d’avoir la solution à tous les problèmes, son travail étant de soigner dans l’urgence et de stabiliser si possible l’état de santé de ses patients.

« J’ai arrêté de mon propre chef la morphine, car j’estimais que mes douleurs étaient à présent supportables, croyez-vous que ma fièvre à 40° de la nuit suivante en fut la conséquence ? »

Là encore je n’eus droit qu’à une réponse évasive, les doutes étant beaucoup plus important que les certitudes.

« Et vos diarrhées, vous prenez bien régulièrement Smecta et Immodium ? »

Il m’était difficile de répondre pas l’affirmative, car dans ce domaine j’étais en effet un peu laxiste.

« Ah ça non ! Et c’est bien dommage car lorsqu’il suit son traitement, il y a une nette amélioration ! »

Cette fois ce fut Chantal qui rentra dans la course, elle voulait que l’oncologue appuie ses dires pour me convaincre de changer de comportement, mais notre interlocuteur semblait bien plus amusé d’assister à notre ‘’querelle’’, que de chercher à prendre parti.

« Ceux-là il va y avoir bientôt dix ans que je les connais ! »

Il s’était tourné en souriant du côté de la pharmacienne, qui semblait elle aussi bien s’amuser du ‘’spectacle’’.

Je n’avais pas besoin de grand-chose, en dehors du renouvellement des deux traitements essentiels, à savoir Xgéva et Votrient.

Nous quittâmes donc son cabinet avec la confirmation que notre visite avait été de pure courtoise, les choses sérieuses étant fixées pour le 23 juin.

N sa secrétaire ne pouvait pas prendre contact avec le service scanner, car il était beaucoup trop tard, et le personnel était déjà parti.

« Je ferais le nécessaire demain, et j’enverrais votre convocation par la poste. »

L’ambulancière nous attendait patiemment dans le couloir, cette fois il n’y avait plus personne aussi bien dans les couloirs que dans les salles d’attente. A l’image du CAC de l’espoir déserté par ses visiteurs, le périphérique nantais n’était emprunté que par quelques usagers, aussi profitions nous d’une circulation fluide, sans les difficultés habituelles des heures de pointes.  

Il était bien tard quand nous franchîmes le seuil de notre maison, moi qui avait un appétit fragile depuis l’opération de ma surrénale, le fait de dépasser l’heure habituelle du diner, je me contentai d’une légère collation avant de retrouver le confort de mes pantoufles et de mon pyjama.

Comme à chaque fois que je revenais d’une consultation intermédiaire, l’idée de passer une nouvelle épreuve de scanner en juin ne me réjouissait guère, car à chaque fois, cet examen remettait en cause mon existence sur cette terre.

J’ignorais que cette appréhension avant l’heure n’était qu’un amuse-gueule, puisque j’étais persuader que le scanner aurait lieu au CAC de l’espoir, là où j’avais tous mes repères, et là ou mon dossier était parfaitement connu. 

Quelques jours après notre entrevu et comme promis par N, nous reçûmes la lettre de convocation qui me donna des frissons dans le dos. Mon rendez-vous était fixé aux Cliniques de A, une situation que je détestais au plus haut point, pour l’avoir vécu déjà plusieurs fois, je ne voulais pas en faire une obsession, mais nul doute qu’à l’approche de la date fatidique ma vie redeviendrait très difficile, avant d’éprouver je l’espérais profondément un réel et durable soulagement.



Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie