L’éphéméride

 

l'héphéméride

Lorsque le cancer me fut annoncé une chape de plomb s’abattit sur ma tête, pourtant  au fil du temps j’ai compris qu’il fallait réagir face aux enjeux  du combat. Certes je pense beaucoup plus souvent à la mort qu’une personne dite en bonne santé, mais peu à peu j’apprivoise ma peur bien qu’en périodes d’examens, elle reprenne l’avantage, d’une manière on ne peut plus significative.

‘’Aide-toi, le ciel t’aidera’’ telle aurait pu être ma devise, si  j’avais été seul face à l’adversité. Heureusement ce n’est pas le cas, sans l’appui de mon entourage, il m’aurait fallu en effet déposer les armes, avant même d’affronter l’ennemi.

Il existe toute une logistique autour de la maladie, d’abord il faut compter sur le travail des médecins, des chirurgiens, des chercheurs, des infirmières et bien d’autres personnes du milieu, qui par leur compétence me permettent de sortir la tête hors de l’eau.

Que dire aussi de la gestion des médicaments, des rendez-vous à prendre, des tracasseries administratives, sans l’appui d’un tiers, en l’occurrence Chantal, mais également parfois de mes enfants, je ne pourrais sûrement pas concentrer mon énergie sur l’essentiel. La famille est un pilier qui complète le travail des blouses blanches, en vous maintenant autant se faire que peut,  la tête hors de l’eau.

Il faut se dire qu’il y a toujours plus malheureux que soit, j’offre particulièrement ma compassion aux malades qui vivent dans la solitude. Lorsque les chances vous paraissent minimes, en ce qui les concerne, il faut être bien plus courageux et bien plus déterminé que je le suis, pour regarder chaque matin, le soleil se lever. Porter sans personne autour de soi fatigue et souffrances, comme le Christ a porté sa croix, ne serait sûrement pas de mes capacités mentales.

Chaque rendez-vous de mon emploi du temps bien chargé de patient atteint d’un carcinome métastatique rénal, sont contentieusement notés sur l’éphéméride. Au fil des pages, je sais donc si ma journée va être ponctuée ou non par des rencontres avec le corps médical.

En ce 22 mai l’infirmière sonna à ma porte pour m’injecter une nouvelle dose Xgéva, médicament hautement nécessaire, pour la prévention des complications osseuses (fractures pathologiques, irradiation osseuse, compression médullaire ou chirurgie osseuse) chez des patients adultes atteints de tumeurs solides présentant des métastases osseuses, comme indiqué sur la notice, notice que je ne le lisais plus depuis longtemps.

L’assistance d’une infirmière à domicile n’est pas en ce qui me concerne une contrainte importante, car la plupart de ses interventions concernent une prise de sang à faire à jeun, donc très tôt le matin. Pour la piqûre de Xgéva, il n’existe aucun horaire à respecter, aussi m’arrive-t-il  parfois de poiroter jusqu’à tard dans la matinée, mettant à mal mon programme d’avant midi.

Justement ce vendredi c’était le cas, elle tardait à venir et je n’aimais guère devoir attendre, sachant que mes habitudes allaient être perturbées quelques peu.

Fallait-il avoir pour autant une attitude désagréable vis-à-vis de l’infirmière, sûrement pas car d’autres malades avaient été probablement prioritaires. Il fallait faire preuve d’intelligence, et accepter comme tant d’autres choses encore, les aléas de mon parcours de patient ‘’ressuscité’’.

Six jours plus tard il fallait une nouvelle fois mettre mes occupations habituelles entre parenthèses, car le docteur M m’attendait dans la matinée pour surveiller mes tympans, et l’après-midi  du même jour, madame H  m’avait fixé rendez-vous pour vérifier l’état que j’espérais positif, de mon œil droit.

Ces trajets réguliers vers le centre hospitalier devenaient quelque peu routiniers, cependant je ne pouvais pas me dérober, l’angoisse de perdre définitivement l’audition était belle et bien présente dans mon esprit, et j’avais besoin d’être rassuré.

De ce côté-là, je pouvais si je puis dire dormir sur mes deux oreilles, l’ORL ne constata pas d’aggravation de la situation, et fut plutôt satisfait de voir que j’avais adopté mes appareils aussi rapidement.

L’itinéraire me conduisant cette fois vers la polyclinique ne m’était pas moins familier que celui du matin. Ce ne fut pas Chantal qui me mit des gouttes pour faire l’examen du fond de l’œil, mais l’ophtalmologiste elle-même. L’épreuve ne me parut pas moins pénible que les précédentes, mais là encore je pus me tranquilliser, le chapitre décollement du vitré arrivant enfin à son terme.



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