L’agressivité de Râ

râ

Un peu comme lorsque l’on a fait l’acquisition d’une voiture, sauf que je n’ai rien choisi, le cancer est le modèle de base que le destin m’a imposé, et en option ce même destin m’a également affublé d’autres pathologies dont je me serais bien passé.

En effet, outre l’hypertension et l’hypothyroïdie que je soignais depuis déjà bien des années, le CAC de l’espoir avait découvert en 2007 à l’occasion d’un électrocardiogramme, la présence de troubles du rythme cardiaque, troubles  que j’avais effectivement commencé à percevoir, et qui au fil du temps s’étaient aggravés.

Rythmol puis Digoxine n’avaient pas eu l’effet escompté et les crises de plus en plus fréquentes et de plus en plus invalidantes me rendaient la vie insupportable.

C’est à la suite d’un nouveau rendez-vous chez un cardiologue que celui-ci me prescrivit  l’Amiodarone, molécule qui s’avérait jusqu’à présent plutôt efficace.

A la mi-juillet de l’année 2014 donc, alors que je sortais de l’hôpital suite à une déshydratation causée par différents facteurs liés au cancer, j’avais rencontré le docteur R afin qu’il procède à de nouveaux examens cardiaques, ma situation ne pouvant plus durer. L’Amiodarone semblait être la solution à mes problèmes, à la seule condition que je ne m’expose pas au soleil. Fort des conseils du médecin, nous étions rentrés à la maison l’esprit rempli d’espoir.

Suite à mes vomissements répétitifs, ainsi qu’aux effets secondaires de ma radiothérapie, je n’avais pas mis le nez dehors de tout l’été, je n’avais donc pas eu l’occasion de tester les dires du cardiologue.

Une année était passée depuis cette période difficile, et comme un lion relâché de sa cage, je profitais autant se faire que peu de cette liberté retrouvée.

Notre sortie week-end de la fin mars avait eu valeur d’un premier test, car malgré un soleil timide, j’étais rentré le visage anormalement rougi pour la saison.

Les conseils du médecin m’étaient donc revenus rapidement à la mémoire, et à présent sans m’affoler réellement, je faisais cependant attention à ma tenue vestimentaire, et surtout je badigeonnais ma peau de crème solaire, en privilégiant entre autres choses, les coins ombragés.

En ce début de juin 2015, il était bien difficile d’éviter le soleil, quelque-soit l’endroit où nous nous positionnions sur le passage du défilé. Je pensais avoir tout prévu, pantalon, veste légère à manche longue,  casquette, crème sur le visage. J’étais heureux de participer à l’évènement, car un an plus tôt je n’aurais pas parié sur mes chances de recouvrer sinon la santé, du moins une nette amélioration de mes conditions de vie.

J’avais conscience de ma fragilité, mais j’avais aussi le sentiment d’avoir fait le nécessaire pour me protéger,  et même si les rayons du soleil brûlaient un peu, je voulais être entièrement à la fête, en ne pensant à rien d’autre.

Les premiers picotements sur le pavillon de mon oreille gauche m’alertèrent qu’il était déjà trop tard, mais j’en déniais le fait.  La prudence est mère de sureté et de toutes vertus, oui mais voilà lorsque vous passer votre vie à bannir la moindre des choses nuisibles à votre santé, il est parfois agréable de lâcher prise, et de se laisser aller à l’insouciance.

J’avais oublié d’enduire mes  oreilles et le dessus de mes mains de crème solaire, les ultras violets ne me pardonnaient pas cette erreur, et  je savais que les coups de soleil étaient désormais inévitables, j’en ignorais cependant la portée.

Grisé par la liesse populaire, je n’écoutais pas ce que mon corps me dictait de faire, nous restâmes donc plantés là, jusqu’à ce que le dernier participant de la cavalcade soit passé devant nos yeux.   

Se réveiller avec la gueule de bois dans un désordre sans nom,  après avoir vécu une nuit de fête, vous ramène à la dure réalité de la vie.  Pour moi c’était un peu la même chose, j’avais voulu participer pleinement aux évènements, parce que j’estimais que j’en avais le droit, mais il fallait à présent sortir de mes chimères, et payer la facture de mon détachement.   

Maintenant que le silence se faisait autour de moi, et que je n’avais rien d’autre à penser qu’à mes petits et grands malheur, mon corps prenait l’ascendant sur mon esprit, et je mesurais enfin l’ampleur des dégâts. 

J’avais écopé de brûlures au second degré sur le dessus de la main gauche, et sur le pavillon de l’oreille située du même côté, le dessus de main droite quoique très rouge, étant moins atteint.

Le cardiologue n’avait pas exagéré dans son avertissement, aussi n’étais-je pas bien fier de moi, car je n’ignorais pas à quel point la période avant guérison allait être douloureuse, et particulièrement inconfortable à supporter.

Comme je devais donc m’y attendre, la nuit qui suivit ne fut pas des plus paisibles, ceux qui ont connu ou qui connaissent les effets d’une brulure importante, comprendront à quel point j’étais maltraité. Au fil des heures je sentis des tiraillements de la peau, ma main se gonflait d’œdème et j’avais du mal à plier les doigts. Pire encore, le matin au réveil mon oreille pliait sous le poids d’une cloque inesthétique, mais je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre que de constater les faits. 

Là où un individu dit ‘’sans problème’’ attrape  un simple coup de soleil en une demi-heure, en ce qui me concerne, il ne me faut désormais que dix minutes pour atteindre un résultat bien pire encore, j’ai bien compris la leçon, mais pour l’occasion il était trop tard.

Ma désinvolture, puisqu’il fallait bien employer ce mot, me privait également de mes sorties habituelles, car il n’était pas question de m’exposer ne serait-ce qu’une minute de plus au soleil.

Ce que j’avais entendu du cardiologue n’était pas de vaines paroles, pourtant malgré mes années de galères et d’expériences dans le domaine des blouses blanches, je n’avais pas assez pesé le poids de ses paroles. Au lieu d’éviter l’adversité, j’avais en effet tout mis en œuvre pour l’affronter.

 



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