La maladie est un germe inépuisable d’angoisse

 

 

 

germe

 

Mardi 23 juin 2015 : une échéance au calendrier qui ne favorisait pas la sérénité. Nous avions reçu ma convocation par courrier quelques jours après ma visite d’avril chez l’oncologue, et j’avais eu la très mauvaise surprise de constater que mon scanner serait effectué aux Cliniques A,  à quelques encablures du CAC de l’espoir.  C’était pour moi le pire des scénarios, car j’avais mes habitudes au CAC de l’espoir, de plus le personnel médical connaissait parfaitement mon dossier.

Cette fois la secrétaire du docteur R avait joint dans l’enveloppe un CD téléchargeable de mon dernier examen, ce qui donnerait un point de comparaison au radiologue, mais je n’étais pas plus à l’aise pour autant.

Les jours suivants, il m’avait fallu chasser autant se faire que peut les mauvaises idées de mon esprit, car après tout il me restait bien des jours devant moi, avant d’affronter cette difficile épreuve.

Bien que ponctué par des visites chez l’audioprothésiste, l’ORL, l’Ophtalmo, cet intermède récréatif touchait à présent à sa fin, et une fois encore, il n’était point question de se dérober.

Malgré le poids de l’angoisse, la Mirtazapine avait fait son effet, je me levai donc avec l’impression de ne pas avoir trop mal dormi.

Comme bien d’autres déjà vécues, cette journée s’avérait peu réjouissante, et je rejetais de tout mon corps et de toute mon âme, l’idée de devoir affronter une fois de plus la peur de l’incertitude.

Tandis que le monde extérieur continuait de s’agiter, j’avalai mon petit déjeuner, et pris une douche sans conviction, un peu comme si je partais ensuite vers l’abattoir. 

Unique consolation, il faisait beau, ce qui donna une note un peu moins triste à notre voyage. Notre itinéraire était différent de celui que nous prenions ordinairement,  et comme à son habitude le trafic routier nantais était dense. Malgré tout,  nous ne fûmes pas ralentis par de quelconques bouchons. 

Nous arrivâmes aux Cliniques de A avec un petit quart d’heure d’avance. Il y a avait un petit moment que nous n’y avions pas mis les pieds, mais je remarquai que la plaque d’aluminium qui habillait le bureau d’accueil était toute aussi décollée et  toute aussi  rafistolée que la dernière fois.

L’hôtesse ayant enregistré mon arrivée, m’avait également remis un questionnaire médical, comme c’était l’usage ici. Je finissais de le remplir lorsque j’entendis une voix appeler mon nom.

La manipulatrice était jeune, souriante et communicative, ce qui était un avantage pour me sentir le plus à l’aise possible.

Mon taux de créatinine exigeait que l’on ne m’injecte pas la totalité de la dose du produit de contraste, mais j’en avais l’habitude, et je lui fis savoir. Elle posa sans problème un cathéter à mon bras droit, puis m’invita à la suivre.

C’était la 49ème fois en dix ans que je vivais cet examen, j’en connaissais donc la procédure sur le bout des doigts, tout n’était que pure routine, excepté l’attente des résultats qui restaient un véritable cauchemar.  De toute mon existence de malade, cette attente en solitaire dans la cabine de préparation, restait en effet mes pires moments.

Cette fois j’étais bien décidé à ne pas rester cloîtré entre mes quatre murs, aussi lorsque la manipulatrice vint m’enlever le cathéter en me proposant  d’attendre  les résultats du médecin, je luis fis part de mon intention de rejoindre la salle d’attente. Sans doute avait-elle des instructions, car elle  s’opposa à mon intention, et me proposa l’alternative de laisser la porte ouverte.  Je n’avais cependant pas l’état d’esprit  suffisamment solide, pour me satisfaire de cette suggestion.

« Serait-il possible que ma femme vienne me rejoindre, je me sentirais moins seul ? »

« Bien sûr monsieur, je vais la chercher tout de suite. »

La maladie est un germe inépuisable d’angoisse qu’il faut apprendre à canaliser, pour ne pas risquer le débordement.  Lorsque Chantal apparu à mes yeux, ma tension nerveuse baissa d’un cran, me redonnant par la même occasion suffisamment d’énergie pour y puiser la force du raisonnement.

Je m’en voulais de ne pas y avoir pensé plus tôt, l’attente restait une source de vive anxiété, mais parler de choses et d’autres allégeait considérablement  ce délai.

Nous étions en pleine conversation lorsque le radiologue pénétra dans  notre cabine.

« Je n’ai pas pu lire votre CD, mon logiciel semble incompatible, cependant je n’ai pas relevé d’autres anomalies que celles noté sur le courrier par votre oncologue. A priori donc tout va bien. »

Il observa un bref instant de silence.

« Comment se fait-il que votre tumeur fémorale n’ait pas été irradié ? »

« Le docteur S du CAC de l’espoir m’a dit qu’il n’interviendrait que lorsque j’aurais trop mal, pour l’instant la douleur est supportable. Par contre j’ai bénéficié d’une radiothérapie au niveau des cervicales. »

« Ah bon !  Il faut que je le vérifie, car le contrôle scanner a été à peine assez loin. Vous pouvez rejoindre la salle d’attente, je fais mon rapport, et ma secrétaire vous le remettra. »



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