Pas le temps de respirer

respirer

 

Ainsi donc en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, nous avions rayé de notre emploi du temps, deux de nos sorties estivales prévues, sacrifiées toutes les deux sur l’autel des aléas malchanceux de la vie.

Compte-tenu de mes antécédents, on ne peut pas dire que cette prostatite m’avait fait souffrir outre-mesure, mais elle avait mis à mal mon énergie, énergie durement acquise, et qu’il fallait maintenir inéluctablement au plus haut.

Je voulais ainsi conserver toutes mes forces restantes, afin d’accomplir l’ultime projet établi par ma famille pour cette fin d’été, à savoir un voyage à Versailles.

La motivation était assez forte pour que mon esprit aille à contrecourant de mon organisme exprimant pourtant  haut et fort  sa lassitude.

Outre une énième prise de sang, et des analyses d’urine, je ne sais pas par quel miracle, mais rien de fâcheux m’arriva de plus, durant cette période qui précéda notre escapade. Aussi ce n’est pas sans plaisir, qu’en ce matin du 11 septembre 2015, je montai dans la voiture pour m’éloigner l’espace d’un temps de mes préoccupations quotidiennes.

On ne peut pas dire que le séjour ce soit mal passé, bien au contraire, mais le temps pluvieux s’était imposé sans qu’on l’ait convié. Je ne revins pas sans une petite pointe de nostalgie, mais j’avais des souvenirs pleins les yeux, et j’étais possesseur de quelques 450 photos, qu’il  me faudrait difficilement sélectionner, pour conserver l’empreinte la plus fidèle  de ce séjour.

Je n’avais guère eu le temps de respirer, lorsque le mardi 15 septembre 2015, nous remontâmes dans la voiture, cette fois pour nous rendre dans un endroit que je connaissais trop bien,  le CAC de l’espoir.

Malgré l’heure tardive le parking était encore assez plein, néanmoins nous trouvâmes de la place, en évitant de nous garer sur le seul emplacement pour personne à mobilité réduite restant.

L’enregistrement de mon arrivée fût rapide, et nous montâmes de suite rejoindre le second étage.

N, la secrétaire de l’oncologue s’affairait à photocopier une pile de documents, elle se retourna à notre approche, nous reconnut immédiatement, et ne manqua pas de nous exprimer sa sympathie.

Les vacances étaient derrière elle, mais elle avait fait le plein d’énergie, et sa bonne humeur était à ne point en douter très communicative.

J’avais laissé mes mots fléchés à la maison, au profit d’un bon roman. Nous nous installâmes sur notre banquette, deux patients devaient encore passer avant moi.  

La lecture ne manquait pas de nourrir ma patience, lorsque N vint nous rejoindre pour la seconde fois.

« Vous y voyez quelque-chose plongés dans cette pénombre ? »

Il est vrai que les lumières censées nous éclairer montraient quelques signes de faiblesse.

« Allez-vous installer dans le box d’à côté, vous serez beaucoup mieux. »

Nous nous exécutâmes immédiatement, et constatâmes effectivement que l’endroit était plus adapté à nos yeux.

La conversation se poursuivit entre Chantal et N, mes appareils auditifs avaient leurs limites, je ne comprenais guère leurs chuchotements, j’abandonnai donc rapidement la partie, et replongeai dans ma lecture, à l’endroit où je l’avais laissée.  

Elles furent interrompues par un ambulancier qui n’était manifestement pas content d’un problème administratif non résolu, il menaçait de faire payer sa cliente.

« Alors là monsieur non ! Je ne rentre pas dans ce petit jeu, vous avez de la chance d’avoir la santé. »

N avait porté le son de sa voix suffisamment haut, pour que je comprenne mot pour mot ce qu’elle venait de balancer à son interlocuteur. L’homme resta pantois et fila son chemin, à la recherche d’une solution fortement improbable à cette heure avancée de la journée.

N était un petit bout de femme qui venait de montrer qu’elle n’était pas de celles qui se laissaient facilement impressionner. L’incident ne l’avait donc en aucune façon déstabilisée, elle nous laissa cependant à nos occupations, pour regagner ensuite son bureau.

Faisant l’apologie en détail des qualités de soins apportées aux patients en ce lieu,  un court reportage passait en boucle, sur un large écran de télévision accroché au mur. Je connaissais le sujet du film sur le bout des doigts, mais je ne pouvais pas m’empêcher de le regarder en même temps que mes yeux  fixaient régulièrement sur ce même écran l’ordre d’arrivée des malades, en espérant que mon numéro s’affiche enfin.

 

 

 

 

 

 



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