Petite ou grande zone de turbulence ?

je suis fatigué je suis fatigué

Depuis l’annonce de l’apocalypse, je n’avais jamais cessé de communiquer avec mon entourage, mais je n’avais également jamais cessé durant mes périodes de répit, de m’aérer le corps et l’esprit, par de fréquentes balades dans la campagne environnante. 

Pourquoi vivons-nous? Où allons-nous? Dans quel but? Etc.

Sans en connaître réellement la raison, ces longues périodes de solitude et de questionnement sur l’existence, m’apportaient une source inépuisable d’énergie, énergie essentielle dans ma lutte acharnée contre le malin. 

L’opération de ma surrénale droite en 2013, ma radiothérapie osseuse  en 2014, et surtout mon nouveau traitement anti-arythmique, mettaient à mal cette philosophie de vie, m’interdisant soit par de l’extrême fatigue, soit par les effets dévastateurs du soleil sur ma peau, de poursuivre activement l’objectif que je m’étais fixé.

En ce mois d’octobre 2015 alors que la nocivité de l’astre solaire avait largement décliné, et que ma capacité à exercer une activité physique était plutôt satisfaisante, j’avais peine à reprendre mentalement du poil de la bête. Troquer ne serait-ce qu’une petite heure mon fauteuil et mes pantoufles, contre mon ‘’bâton de pèlerin’’, me paraissait assez éloigné de mes motivations du moment.   

Je ressentais toujours des séquelles de mon indisposition du 20 septembre, indisposition qui nous avait interdit de profiter des journées du patrimoine. Ces nouveaux problèmes de santé n’avaient rien à voir avec ma prostatite aigue qui n’était plus qu’un mauvais souvenir, mais étaient plus vraisemblablement dus à l’un de ces vilains effets indésirables, causés par l’absorption massive de médicaments, ou tout simplement à la faiblesse de mon organisme ayant de plus en plus de mal à combattre virus ou autres bactéries.  Ma chute de tension associée à ma pathologie du moment n’était pas faite pour m’arranger, bref tout ceci renforçait ma décision de rester figé dans mon fauteuil, plutôt que de sortir m’aérer les poumons. 

Un changement radical de style de vie s’opérait-il  irrémédiablement au fond de moi-même, ou traversais-je une petite zone de turbulence de laquelle je pouvais espérer aisément m’extirper. Une chose était sûr, le danger d’un tel comportement viendrait de sa durée, il fallait donc réagir au plus vite. Je m’accordais néanmoins un délai supplémentaire tout en étant conscient que cette situation devait impérativement changer, au risque de voir mon mental s’effondrer face aux contraintes incessantes de la maladie.  Pour l’heure j’avais encore trois rendez-vous à honorer dont l’un me faisait flipper rien que d’y penser.

La Miratazapine aidant, ma qualité de sommeil s’était un peu améliorée, les nuits restaient agitées, mais au petit matin je dormais généralement comme un bébé. Justement en ce jour du 29 septembre c’était le cas, et se fut avec beaucoup de peine que je m’extirpai de mes draps. Mon agenda de cette matinée ne me laissait en effet guère le temps de souffler.  Je devais voir consécutivement, dès 8 heures l’angiologue à la clinique, puis deux heures plus tard l’ORL à l’hôpital.

Le docteur F n’était pas pour moi un inconnu, j’avais dû faire face à sa mauvaise humeur le samedi 1 juin 2013 lorsque l’hôpital par manque de spécialistes m’avait envoyé chez lui pour passer un doppler suite à ma phlébite. Je l’avais revu pour un contrôle, et deux autres fois encore lors de mon hospitalisation d’aout 2013, hospitalisation consécutive à  l’opération de ma surrénale.  L’homme n’était pas d’un abord facile, mais son indifférence à mon égard ne pouvait pas être pire que celle que l’on m’avait exprimée lors de mon écographie prostatique. De toute manière j’étais préparé pour une telle éventualité, mon souci majeur étant de connaître les résultats de l’examen.   

Compte tenu de l’heure aussi matinale, il n’y avait personne dans la salle d’attente, la secrétaire venait à peine de quitter sa veste, et le médecin n’était pas encore arrivé. La clinique étant construite en haut d’une butte venteuse, le trajet entre la voiture et l’entrée des consultations m’avait donné le temps d’avoir froid. Je tentais en vain de me réchauffer  lorsque l’angiologue apparut dans l’encadrement de la porte.

Il y avait deux ans que je n’avais pas eu à faire à lui, mais physiquement  il n’avait pas changé. Il hocha légèrement de la tête pour répondre à mon salut, puis nous pénétrâmes dans son cabinet.  

J’étais son premier client. Reposé de la nuit il me semblait un peu plus détendu  que lors de mes précédents examens. Il demeurait cependant peu loquace, et je doutais fort que la chose puisse s’améliorer. L’ambiance un peu pesante ne m’aidait guère à conserver une certaine forme de sérénité.

Il m’invita à m’allonger sur la table d’examen, enduisit la sonde du gel nécessaire à la bonne conduction des ultra-sons, fixa les yeux sur l’écran lumineux de son écho doppler, puis commença à promener la sonde sur la peau de mon cou.

Comme j’en avais l’habitude, je n’étais pas surpris d’entendre de temps à autre, des bruits saccadés, correspondant au passage du sang dans mes artères.

Le silence devenait de plus en plus oppressant, je savais que mon examinateur restait sans parler pour mieux se concentrer sur son travail, mais la scène me ramenait inexorablement à de trop mauvais souvenirs.   

 

 

 

 

 

 



Sans matière à appréhension

sérénité

Nous avions donc quitté le CAC de l’espoir avec beaucoup de retard sur l’horaire, et comme prévu en rejoignant  le périphérique nantais,  nous nous étions noyés dans le tumulte d’un trafic routier on ne peut plus dense, en cette fin de journée. 

Le période estivale qui m’avait permis  d’écarter partiellement la maladie de mon esprit était derrière moi, à présent il fallait revenir à la triste réalité d’une situation qui n’avait aucune raison de changer.

Si mon histoire de malade atteint d’un cancer du rein était l’inspiratrice d’une série télévisée, cette nouvelle saison s’annonçait plus que prometteuse.

Outre mon rendez-vous du 24 septembre pour une échographie de la prostate déjà noté sur notre éphéméride,  je reçus dans les deux jours qui suivirent notre retour de Nantes, un courrier du CAC de l’espoir qui m’informait de la date de mon doppler, ainsi que de celle de mon prochain examen au scanner, à savoir le 29 septembre  pour la première,  et le 30 octobre pour la seconde.

De plus j’avais oublié qu’il était également convenu de revoir le 29 septembre mon ORL, des perspectives peu réjouissantes en vérité, qu’il me fallait pourtant assumer, en évitant de sombrer autant se faire que peut dans le découragement.  

Ce jeudi 24 septembre le soleil voilé de ce début d’automne n’était pas en mesure de réchauffer une atmosphère relativement fraîche. Le centre de radiologie vers lequel nous nous dirigions était géré par le docteur H, un lieu et un nom qui me rappelaient bien des mauvais souvenirs.

Ce n’était pas de gaîté de cœur que j’allais passer cet examen, mais je ne me sentais pas particulièrement stressé, en tout cas beaucoup moins que lorsqu’il s’agissait de subir un scanner.

La salle d’attente était quasiment vide en ce début de matinée, aussi je fus invité très vite à rejoindre l’endroit où l’examen devait avoir lieu.

Une assistante m’avait demandé de me déshabiller et de m’allonger sur la table, un médecin au patronyme inconnu, mais dont le visage me disait tout de même quelque-chose, s’installa à côté de moi sans me saluer. Il m’ordonna de me coucher sur le côté gauche puis il m’enduisit l’abdomen de gel conducteur, et commença l’examen. L’homme était peu loquace, j’entendais seulement les bips répétés de la machine, et le cliquetis régulier des touches et boutons de son clavier de commande.

Au bout d’un moment qui me parut interminable, il commença à me poser quelques questions, sur mon cancer d’abord, puis sur ma prostatite proprement dite.

Sans tenter de me rassurer il m’informa qu’il allait procéder à une opération qui n’allait pas être agréable, il fallait néanmoins que je me détende.    

Depuis presque onze ans que je me baladais de médecin en examen,  cette information ne me donna pas particulièrement  matière à appréhension.   

Je crus comprendre malgré mon audition déficiente qui fallait que je m’installe en chien de fusil, et le radiologue inséra sans d’autres préavis  la sonde de l’échographe dans mon rectum. Le geste me parut aussi brutal que ses effets furent douloureux, je ne pus m’empêcher de pousser un petit cri. Ma réaction ne sembla pas impressionner le ‘’bourreau’’  qui continua son travail sans aucune compassion pour sa ‘’victime’’

A mon deuxième sursaut il me sembla qu’il prenait conscience de ma position inconfortable, il cessa  en effet de me ‘’torturer’’. En fait ce n’était pas pour me donner un peu de répit qu’il stoppait là sa besogne, c’était tout simplement parce qu’il avait terminé l’examen. 

« Bon rien de grave, je confirme que vous avez souffert d’une prostatite. Vous pouvez vous rhabiller.»

Pendant tout le temps de la visite, il s’était montré distant, indifférent à ma personne, j’étais un client parmi tant d’autres, et mon ressenti d’être humain  ne l’avait guère interpellé, pas plus que lui importait celui des autres patients

Ce fut donc sans un sourire, et sans un seul mot de gentillesse, qu’il quitta les lieux, après m’avoir demandé d’attendre son compte-rendu dans la salle d’attente.

A bien réfléchir, il me sembla que l’homme qui m’avait copieusement énervé de par sa froideur, lors du contrôle de ma thyroïde  en janvier 2014, était celui-là même qui venait à l’instant de me quitter.  

Finalement même si j’avais réussi à me persuader avant de partir de mon domicile que cet examen ne serait pas aussi impressionnant que bien d’autres, c’était avec soulagement que je retrouvai ma maison et mes pantoufles.  



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