La logique destructrice de l’isolement

 

isolement

 

L’examen ne m’avait apporté qu’une seule réponse, je ne souffrais pas de problèmes vasculaires. Pour le reste je n’avais rien d’autre  à ‘’me mettre sous  la dent’’ que des suppositions.

Ainsi-donc il était envisageable que cet œdème soit le fruit de ma radiothérapie de l’année passée, ou peut-être fallait voir plus loin du côté du larynx.   

Lorsque nous sortîmes du service des consultations externes, le petit vent d’est n’avait pas faibli, je n’étais pas bien couvert, et connaissant ma fragilité, je m’en voulais de na pas avoir anticipé la chose.

Nous avions une bonne heure à tuer, avant de nous rendre à ma deuxième consultation. Notre domicile étant géographiquement proches des deux établissements médicaux, nous décidâmes de rentrer.

Habituellement la lenteur administrative était de rigueur lorsqu’il s’agissait de récupérer le bon de prise en charge nécessaire avant toutes consultations. Cette fois en deux coups de cuillère à pot, nous nous installâmes dans la salle d’attente du docteur M. J’eus à peine le temps d’être assis que le médecin apparut dans l’encadrement de la porte d’où il cita mon nom.

Je connaissais la procédure par cœur. A l’aide de son otoscope monsieur  M commença par l’examen attentif de mes tympans, puis au bout de quelques minutes, il débuta le travail d’aspiration de leurs impuretés.  

Chantal était la seule à pouvoir entendre ce qu’il était en train de nous expliquer, j’avais en effet fort à faire avec les désagréables effets provoqués par la capacité de succion de son appareil.    

Les nouvelles n’étaient pas bonnes, le tympan gauche était à son tour perforé. L’ORL nous montra le minuscule diabolo qu’il avait été contraint de retirer de mon oreille. Il nous répéta que la greffe était impossible du fait de la fragilité de mes vaisseaux sanguins, il fallait donc que je me contente de cet état de fait.

Soudainement je pris conscience du risque que j’avais de devenir totalement sourd, l’idée même de cette éventualité me noua les entrailles. Ce n’était pas la première fois, et sans doute pas la dernière que mon ventre exprimait ma peur face aux effets perverses de cette saloperie de cancer, il fallait vivre avec, et tenter autant se faire que peu de canaliser ce sentiment néfaste.     

Cette vilaine évolution de la maladie pouvait expliquer la dégradation soudaine de mon audition et ceux malgré le port d’appareils auditifs. Une chose était sûre, il fallait chercher une solution, car j’avais la sensation de me trouver de nouveau dans une logique destructrice d’isolement et de replis sur moi.

Fort de ses observations, le docteur M décida de me faire passer un audiogramme pour mesurer l’ampleur des dégâts, et nous invita à nous asseoir dans le grand couloir du service, en attendant qu’une opératrice vienne me chercher.

Lorsque je fus installé dans la salle d’audiométrie, la femme qui m’avait pris en charge me plaça le casque sur les oreilles. Là encore je n’avais pas besoin d’explications, car je connaissais parfaitement les tenants et les aboutissants  de ce genre d’examen.

Je restais profondément concentré car l’exercice n’était pas aussi facile que ça à réaliser. Des sons de différentes intensités me parvenaient aux oreilles, je levais la main lorsque je percevais un bruit, mais je n’avais aucune idée de ce que ‘’ ma prestation’’ allait donner comme résultats.

Comme je pouvais le craindre, le bilan n’était pas tout rose, l’oreille gauche accusait une perte auditive de 25% mais l’oreille droite n’avait semblait-il pas bougé.

Il fallait compter aussi sur une infection bactérienne, et je n’avais pas d’autres alternatives que de reprendre un traitement auriculaire à base d’antibiotique, de l’Ofloxacine que l’ORL m’avait déjà ordonné par deux fois.

Ainsi donc tel un peintre sur sa toile, le malin par touches successives peaufinait son œuvre. Petit à petit il gagnait du terrain, et pour contrecarrer son plan diabolique, je n’avais pas d’autres alternatives que celles de lui résister et de passer ensuite à l’offensive.

 



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