La douloureuse et profonde empreinte

douloureuse

Les jours s’égrainaient tranquillement mais sûrement, et j’avais beau faire les efforts nécessaires pour ne pas penser à cette date du 30 octobre, inconsciemment mon esprit transmettait à mon corps des signaux qui ne trompaient pas, la raideur de mes muscles, les spasmes intestinaux réguliers et bien d’autres choses encore m’indiquaient clairement mon état de stress.

Comme je le mentionne souvent dans mes écrits, les bons jours comme les mauvais jours finissent toujours par se trouver derrière nous.  Cependant  si les bons moments apparaissent comme des vecteurs de nostalgie, les mauvais jours à l’inverse laissent dans notre fort intérieur une empreinte pas toujours facile à effacer, au contraire même,  à chaque nouvelle approche d’une fâcheuse épreuve, cette empreinte réapparait de plus en plus distinctement.  

Ainsi donc le moment de passer l’examen incontournable dans la surveillance régulière de la maladie était arrivé,  je n’avais pas d’autres choix que de m’y soumettre, car après tout je tenais encore à ce monde, et ce contrôle s’avérait fort utile afin de conserver toutes mes chances de survie.

Le soleil était de la fête en cette douce journée de fin d’octobre, mais au lieu de profiter de cette météo quasi printanière, j’avais rendez avec mon destin, et ma tête était polluée par de vilaines pensées. 

Le 50ème scanner de mes 11 ans de dur combat contre le cancer était au programme, ce qui correspondait également à ma  137ème  visite, dans un des divers centres médicaux de la région nantaise, soit environ 20860 kms parcourus essentiellement dans le but de garder la tête haute face à mon implacable adversaire. 

La voiture filait vers la clinique de A, car la secrétaire de monsieur R n’avait pas pu placer mon examen dans le planning surchargé du CAC de l’espoir. Je n’étais cependant que moyennement contrarié, sans doute parce-que je commençais à prendre l’habitude de ce genre de situation.

Avec un rendez-vous fixé à 13h 30 je pouvais espérer être parmi les premiers patients de l’après-midi. Nous avions un peu d’avance mais je m’efforçai de garder mon calme en plongeant mes pensées dans un jeu de mots fléchés. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, d’autres personnes prenaient place dans la salle d’attente, et à chaque fois l’opératrice en radiologie citait le patronyme de l’un d’entre eux avant de citer le mien.  Nous étions arrivés avec une bonne demi-heure d’avance, et je pénétrai enfin dans la cabine de préparation avec une demi-heure de retard sur l’horaire indiquée. Pendant tout ce temps le stress avait fait des ravages, aussi la marmite était déjà prête à exploser, alors que le plus dur de la journée était encore à venir. 

La feuille de résultat de ma prise de sang mentionnait une insuffisance rénale qui s’était légèrement aggravée depuis la dernière fois, aussi le médecin décida-t-il de ne pas m’injecter le produit de contraste, ce qui me conduisit directement dans la salle de l’imposante machine.

Le ronron du scanner était un bruit devenu familier, et je ne prêtais pas davantage attention à l’équipe médicale qui s’affairait autour de moi, par la force des choses, j’avais l’habitude de côtoyer cet environnement.

Allongé sur la table, en attendant que mon corps tout entier passe à travers le tunnel, j’eu le temps de lire une petite plaquette métallique collée sur l’appareil, elle informait les patients de ne pas regarder le faisceau lumineux. Depuis le temps que je me soumettais à cet examen, je n’avais jamais remarquée cet avertissement, et après bref réflexion, je fus certain que par le passé ce fameux faisceau lumineux m’avait fait au moins une ou deux fois attiré l’attention.  

L’écran à cristaux liquide affichait probablement mon numéro de dossier, je notai également que l’heure d’hiver n’avait pas été réglée, petits détails me direz-vous, mais lorsque l’on se trouve comme c’était le cas dans ma bien peu enviable situation, tout est bon pour occuper l’esprit.

Cette fois c’était la bonne, je sentis une légère secousse, et la table d’examen s’avança lentement à l’intérieur du tunnel. L’opération se renouvela par trois fois, et à chaque fois, on me demanda de bloquer ma respiration.

Maintenant restait l’attente des résultats, l’épreuve la plus intolérable pour mes nerfs. Cette fois encore pour éviter d’exploser, je demandai  à mon interlocutrice de faire venir Chantal, car me retrouvé enfermé tout seul dans cette cabine sans fenêtre était au-dessus de mes forces.

 



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