Le grand mystère

création

 

Mardi 2 décembre 2015

Aujourd’hui un anniversaire que j’aimerais bien ne pas avoir à commémorer. Il y a en effet onze ans que je me bats pour empêcher la faucheuse de pénétrer chez moi. Je n’ai pas envie de faire sa connaissance, du moins pas dans l’immédiat.

Onze ans donc que le cancer, que j’ai baptisé le malin, se fait complice de la mort (la faucheuse), en s’acharnant par tous les moyens à me détruire.

Pas loin d’une vingtaine de médecins, chirurgiens, spécialistes en tous genres

50 scanners

3 IRM

1 fibroscopie

2 scintigraphies des os

2 scintigraphies cardiaques

3 biopsies  bras  et ventre

5 séances intensives de radiothérapie

10 dopplers

7 opérations (reins, poumons, surrénales, etc. …..) dont une cryoablation 

15 échographies -  foie- prostate- cœur – glandes thyroïdiennes etc.

40 radios principalement des poumons

Pas moins de 5oo prises de sang et analyses, pose de cathéter comprise

7 hospitalisations

140 voyages aller-retour Cholet Nantes soit  plus de 21000 kms parcourus

3 traitements chimiothérapiques avec leurs effets secondaires, sans compter tout le reste.

Pourtant je ne suis qu’une petite goutte d’eau dans la mer, en comparaison des souffrances parfois extrêmes infligées à l’humanité toute entière.

J’ai une lourde épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête, mais chaque individu a aussi cette épée menaçante  au-dessus de lui, en tant que malade j’en suis plus conscient voilà tout !

Ma situation de handicap n’est pas pire que celle que connaissent bien d’autres patients atteints de pathologies diverses. Il faut voir plus malheureux que soit, et continuer à avancer, car la vie vaut la peine d’être vécue. 

Bientôt mon douzième Noël en famille, alors que le 2 décembre 2004, je ne donnais pas cher de ma peau.

Depuis lors avec l’aide précieuse de cette même famille, j’ai gagné pas mal de batailles, je n’ai malheureusement pas gagné la guerre. Je laisse au destin la charge de mon futur. 

Que ce message soit pour les malades et les bien-portants, porteur d’espoir.  Je vous souhaite à tous et à toutes de bonnes fêtes de fin d’année.

 

En ce mardi deux décembre, je ne sais pas pour quelle raison l’envie m’était venue de porter à la connaissance de mes lecteurs, le bilan de ces onze années de galères, mais une chose est sûre,  ce n’était pas pour prétendre l’exemplarité, il n’y a vraiment aucune raison de se vanter dans ce domaine. Non !  C’était plutôt que j’avais le désir de transmettre de l’espoir  à tous ceux ou à toutes celles qui pouvaient en avoir besoin.

Finalement entre 2004 et 2015 tout était passé très vite, et compte-tenu des nombreux obstacles qui s’étaient dressés sur mon chemin, je m’étonne moi-même d’être encore de ce monde.

Il y a un proverbe qui dit : ‘’ Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.’’

Être atteint d’un cancer, est une ‘’distinction’’  difficile à assumer, malgré la quasi-certitude d’une mort programmée, dès l’annonce du cataclysme,  il fallut me préparer à affronter les épreuves de la maladie en cherchant au plus profond de moi-même des raisons d’espérer, car le désir de vivre à tout prix était le plus fort.

Comment ai-je pu parvenir à mes fins, je suis bien incapable de le dire, mais je suis ardemment persuadé qu’un grand mystère plane autour de ça. Est-ce cela que l’on appelle la foi ?

Je pense avoir néanmoins une part de responsabilité dans l’aboutissement d’un ‘’succès’’ qui est loin de me conduire à la victoire, mais qui me permet aujourd’hui de témoigner de mon histoire.

Le désir de ne pas me replier sur moi-même fut un facteur clé dans ma tactique de combat. Eviter coute que coute une désocialisation contreproductive, voir même irrémédiablement  destructrice, m’a permis de ne pas m’enterrer avant l’heure. Continuer à vivre le plus naturellement possible, donner de ma personne auprès des autres, pour recevoir en échange l’énergie positive dont j’ai besoin, voilà qui me permet d’oublier un tant soit peu que mon existence ne sera plus jamais celle que je connaissais avant.  

Quel destin me réserve l’avenir ! Chacun est susceptible de se poser la question, quoique ma position particulière incite à réfléchir davantage sur le sujet.  

 

Le vendredi de ce 50ème scanner, nous reprîmes la route de notre domicile, délesté du poids de l’incertitude. Nous laissions derrière nous pour deux mois l’univers de l’hôpital avec ses lots d’angoisses, d’accablements, de larmes, mais avec aussi ces moments de sourires, d’espoirs et d’encouragements.  

Bien que la période estivale n’ait pas été complètement celle que nous attendions, en comparaison de l’été 2014, je n’avais pas eu trop matière à me plaindre.

Nous abordions tout doucement mais sûrement l’hiver et ses fêtes de fin d’année. Je n’osais pas me projeter dans le futur, pourtant quelque chose me disait que j’entrais dans une phase d’accalmie, conditions indispensables pour prendre du recul avec les tourbillons de contraintes en tous genres liés à ma pathologie.

Comme tous les mois pour tenter autant se faire que peu de dompter  mes tumeurs osseuses, je devais effectuer ma prise de sang, en particulier pour rechercher mon taux de calcémie, et en fonction du résultat subir ou non ma piqûre de Xgéva, tout ceci relevait de la routine et donc rien qui puisse altérer ma prudente sérénité du moment.

Cependant il fallait mettre  un petit bémol à cet optimisme ambiant, car du côté de mes capacités auditives, ce n’était pas encore le top. Je ne pouvais que me féliciter d’avoir choisi mon cabinet d’audioprothésistes, car le suivi était remarquable, il fallait juste adapter mes appareils en fonction de l’évolution positive ou négative de mon état de santé, et il fallait aussi apporter de nouveaux réglages, en fonction de mes besoins particuliers d’écoute. Ma plus grande crainte c’était de ne plus être en mesure de suivre une conversation. Celle-ci demeurait possible dans une petite communauté où chacun respectait la parole de l’autre, mais dès qu’il s’agissait d’un groupe un peu plus important, le brouhaha m’isolait irrémédiablement de mon environnement.

Moi qui avais toujours privilégié la communication, je craignais une nouvelle entourloupe du malin. Je le sentais en effet largement capable de me priver de cette arme dirigée contre lui. De toute façon il me restait l’écriture, et puis du côté de l’ouïe, rien encore n’était perdu, il fallait simplement détourner mon esprit de mes mauvaises pensées, accepter cette nouvelle épreuve, et conserver ma confiance en un avenir meilleur.

 

 



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