Nouvelle zone de turbulences aussi douloureuses qu’inattendues suite

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Il me restait dans la pharmacie de la morphine à effet immédiat. Chantal me proposa d’en prendre suivant la posologie autorisée, et j’acceptai sa proposition. J’eus la brusque impression que le médicament faisait l’effet inverse de celui désiré. A l’intérieur de mes entrailles je sentais en effet qu’un incident s’était déclaré, et tous mes intestins me brûlaient au-delà de ce qu’il m’était possible de tolérer. Cette fois pas d’hésitation permise, il fallait prendre à vitesse grand V le chemin des urgences.

Le parcours en voiture n’était pas bien long, mais je ressentais chaque soubresaut du véhicule comme autant de coups de poignards que l’on me plantait dans le corps.

Les urgences je connaissais, et elles n’avaient d’urgence que le nom, mais cette fois j’étais bien décidé de faire du forcing pour que l’on trouve rapidement la solution à mon calvaire.

La pâleur extrême de mon teint, et ma façon de me déplacer tel un fauve en cage, furent les manifestations incontestables de la préoccupation de mon cas, aussi l’équipe médicale me prit en charge sur le champ. Je refusai  néanmoins que l’on m’installe sur un brancard pour me rendre dans le box  d’examen. Je fus donc amené en fauteuil roulant. Il fallait pourtant que je rassemble tous mes efforts pour m’allonger, et ce n’était pas la moindre des choses, car chaque mouvement était autant de supplices infligés à mon corps.

Dieu seul sait comment je pus obéir, mais dès qu’il fut possible on me perfusa. Ma température corporelle n’était que de 35° 6, mais l’infirmière ne fit pas davantage de commentaires.  Elle me posa les questions d’usage, je lui précisai qu’un dossier médical devait exister déjà  dans ses locaux, puisque j’avais eu l’occasion de faire d’autres séjours en ce lieu. Le médecin de garde tenta de me rassurer, et elle ne manquait pas de sourire pour tenter de me ramener à la raison, car à cet instant précis j’avais peur de perdre la vie. Chantal donna mes ordonnances, rajouta quelques détails sur ma pathologie, puis rentra à la maison comme on lui avait conseillé de le faire. Sa présence n’était plus utile, il fallait attendre en effet deux ou trois bonnes heures avant d’émettre un diagnostic précis à mon sujet.

« Pour l’instant monsieur, nous allons vous hydrater, et nous allons aussi vous soulager avec une dose puissante de morphine. Nous allons ensuite vous faire une prise de sang. »

Le médecin de garde était d’un calme rassurant, d’autant qu’elle ne se défaisait pas de son sourire. Elle s’éloigna de mon champ de vision, puis l’infirmière vint exécuter les ordres. Déjà je me sentais apaisé et quelque peu groggy par l’effet de la morphine, comme on me le confirma d’ailleurs.

A cet instant précis je m’abandonnai corps et âme à mon destin, les douleurs, les contractions musculaires, les agitations excessives, ainsi que la peur s’estompèrent peu à peu pour définitivement disparaître.

Un homme entre la trentaine et la quarantaine se pencha au-dessus de moi. Il me posa des questions auxquelles j’avais déjà répondu, puis commença à me tâter le ventre, ce qui eut pour effet de rallumer le feu. En fait j’avais mal partout, il n’y avait pas une partie moins sensible qu’une autre, il n’eut pas besoin de s’acharner davantage pour le constater.

Malgré mon état plutôt préoccupant, j’avais encore la force de plaisanter un peu.

« Il n’est pas gentil le monsieur, de ma faire de la misère ! »

« Ne dîtes pas ça monsieur, c’est le chirurgien qui va sans doute devoir vous opérer » Rétorqua le médecin.

Le professeur FR m’informa aussi précisément qu’il pouvait le faire de la situation.

« Il y a plusieurs solutions à envisager, une crise de colite aigue, un problème de diverticules, ou bien une appendicite. » Il se garda bien d’évoquer mon cancer, et sur le moment cela ne me traversa pas du tout l’esprit.

L’équipe me laissa un petit moment tout seul, puis alors que j’étais à moitié assoupi, quelqu’un me chuchota à l’oreille que je devais libérer les lieux, et qu’on allait me placer dans le hall d’accueil, en attendant  un scanner prévu à dix-sept heures. Avant de partir de la maison j’avais pensé dans la précipitation à prendre mes appareils auditifs, heureusement d’ailleurs  car un tel oubli n’aurait pu que compliquer les choses.

Le fruit de hasard voulu qu’à cet instant précis mon fils aîné pompier professionnel se trouvait au bon endroit au bon moment. Il ne put pas me parler très longtemps, mais se présence fut un réel réconfort.

Les analgésiques produisaient leur effet, je ne ressentais rien d’autre qu’une lourdeur indécise au niveau de l’abdomen, et mon esprit voguait dans un monde parallèle, je n’avais aucune notion du temps. Le monde s’agitait autour de moi, les urgences continuaient de fonctionner à plein régime, mais je n’avais pas autre courage que de me laisser porter par le traitement que l’on m’avait injecté.



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