Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuse qu’inattendues suite 5

turbu

Les ventres allaient se remplir et le champagne allait couler à flot, pendant que je ferais de mon mieux pour trouver le sommeil. J’étais cloué sur le dos, et c’était la pire de mes tortures, car j’avais l’immuable habitude de me coucher sur un côté. Dans ces conditions il était bien difficile de trouver les bonnes conditions d’endormissement. Je retardais le moment d’éteindre ma lumière, mais comme je n’avais pas encore la télévision, et que j’étais physiquement incapable de prendre un livre, il fallut bien me résoudre à le faire. Je souffrais depuis bien longtemps d’apnée de sommeil et par expérience je savais que la position dorsale n’arrangerait rien au problème, c’était même le pire des scénarios.  Jusque-là j’avais bénéficié d’une aide respiratoire, grâce à mes lunettes à oxygène, mais le dispositif m’avait été retiré en fin de soirée.  

D’autre part on m’avait sérieusement diminué les doses d’analgésiques, aussi  mon cerveau reprenait de plus en plus conscience de la réalité des choses.

Il fallait adopter la meilleure des stratégies, canaliser mes angoisses, faire en sorte de me détendre, et surtout il fallait tenter de ne penser à rien. Avec un peu de patience et d’exercices, je finirais bien par perdre connaissance. Ce que j’ignorais, c’était que des ennemies sournoises allaient s’immiscer dans le processus que je venais d’élaborer, rendant ma tâche quasi impossible à réaliser.

Bien réveillé et les yeux grands ouverts, j’apercevais le plafond comme un ciel blanc parsemé  d’étoiles bleus, ainsi que les queues lumineuses d’innombrables comètes.

Était-ce mon subconscient (nous étions la nuit du réveillon) qui me laissait entrevoir des feux d’artifices et des visages en liesse, un monde imaginaire s’agitait autour de moi, m’interdisant   de m’endormir, et même de trouver le moindre repos. J’avais pleinement conscience que j’étais en train de vivre des hallucinations, mais je ne savais absolument pas comment faire pour qu’elles cessent de me hanter.       

De guerre lasse je finis par appeler une infirmière qui semblait désarmer face à mon problème, elle me conseilla de respirer profondément, afin d’éliminer mon stress, elle s’inquiéta de savoir si j’avais de la fièvre, elle tenta autant se faire que peu de me rassurer, mais elle avait d’autres chats à fouetter, aussi finit-elle par me laisser seul avec mes fantômes.

Mes fantômes finirent effectivement par disparaître, mais j’étais extrêmement agité et je sentais mon cerveau perpétuellement en activé. Parfois j’avais l’impression de m’assoupir, mais je sursautais d’un bon, près à m’étouffer. Il fallait à partir de ce moment-là que je respire très vite et à petites doses, tel un chien qui halète, afin de de retrouver un souffle plus calme avant une nouvelle tempête.   

Avais-je fermé l’œil de la nuit, j’en n’avais pas l’impression, et pourtant lorsque l’équipe médicale du matin pénétra enfin dans la pénombre de la chambre, mettant un terme à mon cauchemar, j’eus la sensation de ne pas avoir mesuré le temps. Une chose était sûre cependant, si  j’avais bénéficié de quelques moments de sommeil, celui-ci avait été de mauvaise qualité.

Le drain de redon me faisait mal, un tube de matière plastique souple enfoncé dans le flan ne fait de bien à personne. L’infirmière vérifia le pansement qui l’entourait, puis ceux des cicatrices laissées par ma célioscopie. En ce jour de l’an le personnel était restreint, un service minimum était assuré, je dus me passer de toilette et de nouveaux draps.

Mon voisin qui décidément allait de mieux en mieux, passa devant mon lit roulant son pied à perfusions pour se rendre aux toilettes. Je devinai plus que je n’entendis, qu’il me souhaitait une bonne année, je lui rendis la politesse.

Tandis que le monde extérieur se réveillait avec la gueule de bois, moi j’avalais dans la plus grande indifférence,  un bouillon de poule dégraissé. Mon voisin avait droit en prime à un yaourt et à une compote.

L’infirmière de nuit avait pris soin de noter sur son rapport mes problèmes d’hallucinations, aussi lorsque la chirurgienne de service vint me rendre visite pour s’enquérir de l’évolution de ma santé,   elle tenta de me rassurer, sans me donner d’explications rationnelles, le phénomène que j’étais en train de subir allait s’estomper, il fallait être patient.     

En attendant même en pleine journée je voyais des fils de la vierge se détacher du mur, des couples d’amoureux en train de s’embrasser, des formes d’anges planer au-dessus de ma tête, je n’étais pas des plus sereins. Heureusement les hallucinations ne se produisaient qu’épisodiquement me laissant de larges moments de repos.

Chantal était rentrée assez tard dans la nuit, le réveillon s’était bien déroulé. Ma fille était revenue d’Angers, où elle avait passé quelques jours dans la famille de son compagnon. Ils allaient venir me rendre une petite visite dans la soirée.

En fin de soirée c’était toute ma famille qui était réunie autour de moi, j’appréciai ce moment à sa juste valeur, avant que tombe encore une nouvelle fois le couperet de la nuit. 



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