Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 7

cyclo

Lundi 4 janvier 2016, comme chaque matin, l’aide-soignante détacha de l’éphéméride, le feuillet correspondant à la date de la veille. L’hôpital reprenait ses pleines activités de la semaine, et l’on sentait dans les couloirs une certaine fébrilité.

Une fois encore j’avais été martyrisé par une infirmière qui s’y était reprise à deux fois pour me faire une prise de sang. Sans succès elle avait fini par appeler l’une de ces collègues à la rescousse.  

J’avais passé le test obligatoire des constantes, pouls, pression artérielle, température, et fréquence respiratoire, sans le moindre commentaire des aides-soignantes. Je n’étais d’ailleurs pas préoccupé outre mesure de mon état de santé, puisque je me sentais ni mieux, ni pire que la veille. Bien sûr le drain de redon me titillait un peu, mais à condition de ne pas trop bouger et avec l’aide des antalgiques, la douleur était supportable. L’infirmière avait constaté une petite rougeur et un gonflement de la peau autour du drain, mais elle le nota sur son cahier sans me faire elle non plus de commentaires.  

Un fois encore j’eus la visite de la chirurgienne de service, sans doute l’infirmière lui avait-elle fait son rapport, car elle commença en tout premier lieu par contrôler ce petit drain en plastique siliconé qui semblait poser problème. Elle tata mon flanc et je sentis la douleur envahir tout mon ventre, je restais plus que sensible à la palpation, elle en fit la remarque et demanda à l’infirmière de raugmenter les doses d’antalgiques.

J’étais tenu à l’écart des traitements que l’on m’appliquait, et Dieu sait si les poches suspendues sur mon pied à perfusions étaient nombreuses, mais en même temps, je ne songeais même pas à poser la question.

J’avais cependant une grand raison de me réjouir, la chirurgienne avait donné l’ordre de retirer ma sonde gastrique, et ce n’était pas la moindre de mes satisfactions.

Un brancardier allait venir me chercher pour passer un scanner, je pensais qu’il s’agissait d’un examen de contrôle, et je ne m’en inquiétai pas plus que ça.   

Retirer une sonde gastrique n’a rien de bien agréable, il fallut pourtant que je me soumette à l’épreuve, sachant qu’ensuite mon confort de malade en serait amplement amélioré.

Cette fois un aide-soignant avait suffisamment de temps à me consacrer pour s’occuper de mon hygiène corporelle.  Le sentiment de réserve qui prédominait entre moi, patient de sexe masculin, et les collègues féminines de mon ‘’bienfaiteur’’, n’avait plus lieu d’être. L’homme connaissait l’homme, y compris dans son domaine le plus intime. Il savait comment s’y prendre pour faire disparaître toute situation de gêne. C’était donc la première fois depuis bientôt une semaine que je bénéficiais d’une toilette digne de ce nom, et j’en éprouvais le plus grand bien. En prime j’eus même le privilège de profiter de massages dos, fesses, et talons,  pour soulager à ces endroits une peau on ne peut plus meurtrie, par une position allongée qui perdurait.

Me tirer de mon lit pour me transférer sur la table d’examen, fut une fois encore un déchirement pour mes entrailles. Je me sentais encore largement aussi fatigué qu’avant mon opération, mais je me soumis aux ordres donnés par le manipulateur radio sans la moindre réticence.

Cette matinée de lundi passa aussi vite qu’une lettre à la poste, de plus mon régime évolua quelque-peu, puisque en plus du bouillon, je pouvais à présent manger un yaourt et une compote. Mon voisin possédait toujours une bonne longueur d’avance sur moi, car il avalait désormais et de bon appétit, un déjeuner digne de ce nom.

Chantal me ramena dans l’après-midi un peu ‘’d’oxygène’’, celle d’un monde extérieur qui continuait à tourner sans moi. J’eus encore quelques visites, puis très vite il fut temps de fermer les volets.

Mardi 5 janvier 2016, cette fois c’était sûr mon voisin allait me quitter, sa compagnie avait été des plus agréable, et sans nul doute, j’allais regretter son absence.

Pour moi la situation ne s’arrangeait pas vraiment, j’appris avec étonnement par la bouche de FR que j’étais fiévreux, une surinfection sur drain polluait en effet mes chances de me rétablir rapidement. Ainsi donc je découvrais la clé du mystère, ces prises de sang à répétition, ce contrôle régulier du drain de redon, et enfin mon 52ème scanner, conduisait FR à un diagnostic peu réjouissant. Il allait devoir soit me réopérer, soit aspirer l’infection suivant la décision prise en collectif. L’intervention interviendrait le lendemain matin, on me retirerait ma carafe d’eau à minuit.

J’accueillis la nouvelle comme une fatalité, car malheureusement depuis onze ans, je n’étais que trop habitué à subir de vilains revers, alors un de plus, ou un de moins.  

Je serais malhonnête de dire que l’annonce ne m’avait pas porté un coup, mais j’avais une énergie mentale assez efficace pour accepter cet état de fait, ceci afin de rebondir le moment voulu.

En ce début de janvier le temps s’était un peu rafraîchi, mais l’hiver restait exceptionnellement doux. La terre était copieusement arrosée par des trombes d’eau qui se déversaient à espaces réguliers. Je tenais ces informations du personnel de service,  car de mon lit côté porte, je ne voyais guère ce qui se passait derrière la fenêtre, et d’ailleurs je ne m’en préoccupais peu.

J’avais averti Chantal par téléphone de mon infortune, mais lorsqu’elle  vint me rendre visite en compagnie de ma fille dans l’après-midi, nous ne prîmes pas un air accablé. L’expérience nous avait endurci l’esprit, la vie étant ainsi faite, il fallait faire avec, se révolter ne servirait à rien sinon qu’à nous faire encore plus de mal.  



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie