Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 8

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Mes nuits étaient inégales, souvent il se passait beaucoup de temps avant mon endormissement, mon régulateur de sommeil remplissait tant bien que mal son rôle, et Dieu sait s‘ il n’avait pas le travail  facile, ma position dorsale, et mes fréquentes apnées ne favorisant pas la situation.

L’équipe du matin avait accompli sa tâche, j’étais à jeun et me tenais prêt à redescendre au bloc.  Je guettais le moindre bruit de chariot, et ma tension commençait à monter.

Contre toute attente, ce ne fut pas le brancardier qui ouvrit la porte de ma chambre, mais le professeur FR qui était porteur d’une bonne nouvelle.

Le germe responsable de l’infection avait été clairement identifié, j’étais soigné à base de trois antibiotiques, et mon organisme répondait favorablement au traitement. Dans ces conditions il semblait inutile de me torturer à nouveau, le prix à payer étant de passer une semaine supplémentaire en ce lieu.  

Ainsi donc pour une fois la chance tournait en ma faveur, j’étais surpris de le constater, à présent je regardai d’une toute autre manière le minuscule univers dans lequel j’étais enfermé depuis une huitaine de jours. La nouvelle me donnait un regain d’énergie, mais je ne pouvais guère en profiter car j’étais toujours l’esclave de mes tubulures.

La première chose que j’entrepris après le départ de FR, fut d’avertir ma famille de cette évolution favorable, une information qu’elle aussi avait bien besoin d’entendre.

Mon nouveau voisin de chambre était parkinsonien, de plus, depuis son arrivée il semblait sombrer dans une léthargie qui empêchait toute communication. Il souffrait d’une occlusion intestinale, et cette fois c’était à mon tour de posséder une longueur d’avance sur mon ‘’colocataire’’, je m’en fis la remarque.

Une fois encore ma toilette s’était limitée à mon visage et au brossage de mes dents.

J’avais été plusieurs jours sans boire une goutte d’eau, mais l’hydratation intense de mon organisme acheminée par ma perfusion, supprimait toute sensation de soif, et ma carafe restait quasiment pleine. Je n’accueillis pas non plus le yaourt et la compote avec grande enthousiaste, je n’avais pas faim.

De nouveau l’équipe médicale m’avait obligé à m’asseoir dans le fauteuil, et je dois le dire de ce côté-là je manquais sérieusement de motivation, d’autant que mon drain de redon continuait à me faire souffrir. L’heure de la sieste était salutaire, c’était le créneau  horaire ou mon sommeil était indiscutablement le plus calme, aussi attendais-je ce moment-là avec impatience  

Chantal et Eliane n’arrivèrent pas avec une bouteille de champagne, l’expérience des milieux médicaux nous avait enseigné la prudence. Rien n’était encore réglé, et ma date de sortie loin d’être déterminée.  Il était cependant indéniable que la décision prise par le chirurgien nous procurait un réel soulagement.

L’après-midi  ressembla aux autres, lorsque tous sujets de discussions étaient épuisés, nous restions dans le silence, jusqu’à ce que l’un ou l’autre de mes visiteurs ne viennent nous distraire pour un petit laps de temps.

Cette matinée du jeudi 7 janvier ne différait pas non plus des jours précédents, aucun grain de sable ne vint enrayer  l’emploi du temps bien huilé du personnel médical.

FR vint me rendre visite alors que je terminais un petit-déjeuner désormais autorisé. Il était porteur une nouvelle fois de très bonnes nouvelles. La charge virale contenue dans mon sang continuait à diminuer, de plus il avait donné l’ordre que l’on me débarrasse de mon drain de redon, ainsi que de ma sonde urinaire. Tous ceux de mes lecteurs qui ont vécu une telle expérience seront se reconnaître dans mon état d’esprit du moment. J’avais l’appréhension de l’acte chirurgical, sentir un tube siliconé vous traverser les entrailles n’est pas une partie de plaisir, pas plus que de sentir ce même tube siliconé vous traverser l’urètre.   

L’infirmière qui vint accomplir la besogne, se contenta de me dire comment me comporter au moment de l’extraction. Les deux opérations furent aussi brèves que pénibles, mais j’eus tôt fait d’apprécier ce que je considérais comme une délivrance. 

« Ne vous n’inquiétez pas monsieur, vous n’allez pas avoir envie d’uriner de suite, c’est normal ! »

Elle poussa son chariot vers la sortie, puis referma la porte derrière elle sans plus d’explications.

Apparemment l’aide-soignante chargée de mon hygiène corporelle avait été mise au courant de la progression  des choses, puisqu’il n’était plus question de faire la toilette au lit.

Elle me prépara une bassine d’eau chaude dans un coin de lavabo, m’approcha une chaise, puis me quitta en me demandant de la rappeler lorsque j’en aurais besoin.

J’étais bien fatigué, et chaque mouvement s’apparentait à un challenge, pourtant me laver les cheveux et le visage me procurait un véritable bien-être. Je pris aussi le temps de ma raser correctement, et aussi et surtout de me laver les dents.

Je n’étais pas encore tout à fait délivré de mes entraves, car j’étais toujours perfusé du côté droit, rendant les mouvements de ma main malhabiles, aussi fus-je bien content de l’aide que l’on m’apporta lorsqu’il fallut me laver le dos.



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