Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 10

zzzz

Nous avions Chantal et moi décidé d’aller faire quelques pas dans le couloir, depuis mon entrée à l’hôpital c’était ma première activité physique digne de ce nom, et j’en avais bien besoin pour me renforcer les jambes. En même temps que nous ouvrâmes la porte, mon voisin de chambre remontait du bloc. Il paraissait bien réveillé, cette opération bénigne qui consistait à soigner une hernie inguinale ne l’avait pas dépossédé de son assurance. Lorsque nous revîmes de notre petite escapade, il avait d’ailleurs repris son activité favorite, téléphoner à son ‘’fan club’’.  

Si j’étais délivré de la plupart de mes tubulures, je restais néanmoins dépendant de mon cathéter et de mon encombrant pied à perfusions. D’ailleurs à chaque fois que je me déplaçais, le sang refluait dans le tuyau, rendant parfois nécessaire l’intervention d’une infirmière.

Les constantes de seize heures révélèrent une forte tension, car je restais largement impacté par le chambardement de la veille au soir.

Le personnel médical ne m’administrait plus les antalgiques par injection, mais par voie orale, suivant ma demande. Je limitais néanmoins ma consommation à deux gélules de paracétamol le soir avant de dormir, le reste de la journée j’apprivoisais ma douleur. De ce fait mon esprit naviguait de moins en moins en eaux troubles, je retrouvais ainsi petit à petit la notion du temps, mais également celle de l’ennui. 

Certes je n’espérais pas sortir durant le week-end, mais je fondais de grand espoir sur l’après-midi du lundi pour retrouver enfin mon domicile.

Mon voisin faisait dans la provocation, il semblait prendre un malin plaisir à rester allongé en slip, sans avoir la décence de se recouvrir d’un drap, ce qui avait le don d’exaspérer ma fille, décidément ma cohabitation dans une même chambre d’hôpital, offrait bien des surprises.

Je ne pouvais pas dire que l’appétit était là, pourtant j’étais capable de manger les aliments que l’on me proposa au diner, sans trop de dégouts.

Ce vendredi soir ressemblait à tous les autres soirs, il fallait me faire une raison, la télévision allait être encore une fois ma seule et unique compagne, avant de retrouver mes appréhensions de la nuit.

En ce samedi 9 janvier, le branle-bas de combat du petit matin fit baisser d’un cran mon état d’anxiété, avant qu’il ne disparaisse totalement avec la lumière du jour.   

Mes constantes étaient rassurantes, ce qui me donnait l’énergie nécessaire pour prendre mon petit-déjeuner au fauteuil. De plus début de week-end oblige, il ne fallait pas compter sur un personnel réduit, pour une quelconque aide à la toilette. Je pris donc l’initiative de rejoindre tout seul le petit coin lavabo, et ne privai point d’un long moment de plaisir, tant la réalisation de mes soins corporels m’apportaient un réel bien-être.

Comme cela m’arrivait souvent, une nouvelle broutille vint m’empoisonner la vie. Mes veines étaient fragiles, on m’avait conseillé d’éviter les mouvements brutaux pour préserver la bonne implantation de mon cathéter. En pratique il était bien difficile d’appliquer ce conseil, car à moins de laisser mon gant de toilette sur le lavabo, et passer le reste du temps à regarder le miroir, il avait bien fallu me servir de mes bras et de mes mains pour pratiquer mes ablutions.

Ce que les infirmières redoutaient arriva, le goutte à goutte ne coulait plus dans ma veine, mais entre mon bras et mon pansement formant une poche de liquide peu efficace pour éradiquer l’infection. Je dus me résigner à sonner une infirmière, qui n’avait pas d’autres solutions que de piquer ailleurs. Piquer ailleurs tel était la difficulté ! Sollicitées plusieurs centaines de fois depuis ces onze dernières années, mes veines ne voulaient plus rien savoir. Après plusieurs tentatives aussi infructueuses que douloureuses, elle parvint enfin à me repositionner le cathéter, avec l’espoir de ne plus avoir besoin d’intervenir.    

Loin d’être anodins ces actes médicaux ou chirurgicaux subis depuis bien trop longtemps, agressaient mon organisme, et une certaine forme de rébellion s’installait au fur et à mesure du temps. Mes nerfs notamment en prenaient un coup, et il me fallait faire bien des efforts pour contenir en moi une agressivité sous-jacente. Être désagréable envers le personnel médical, ou envers mon entourage ne pouvait rien résoudre, personne n’était responsable de mon état de santé, il fallait accepter l’injustice sans aucune forme de procès.   

Mon voisin s’était montré finalement plutôt gentil envers moi, il m’avait entre autres choses ramassé mon oreiller tombé par terre, en le repositionnant correctement sous ma tête, ou encore faute de porter mes appareils, il m’avait également tapoté sur le bras, pour me signaler un appel téléphonique que je n’entendais pas. Nous avions déjeuné ensemble, mais cette fois il quittait l’hôpital pour de bon, me laissant seul avec mes pensées.  

Une demi-heure plus tard, Chantal arriva rompant mon isolement, nous ignorions encore que sa visite ne serait pas la seule de l’après-midi.



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