Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureues qu’inattendues, suite 11

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Si jusqu’à présent les visites familiales ou amicales s’étaient effectuées en ordre espacé, en ce samedi après-midi il y avait foule autour de mon lit, à tel point que nous dûmes emprunter la salle d’attente pour accueillir convenablement nos hôtes. 

J’avais un besoin immense de distraction, et c’était sans doute en raison de cela, que je gardais péniblement mais durablement la position assise. La présence de mes visiteurs me procurait un ballon d’oxygène, me faisant oublier l’enfermement auquel j’étais astreint. 

A l’heure des soins, l’infirmière vint me chercher pour que je rejoigne ma chambre, mais dès qu’il me fut possible de le faire, je regagnai la salle d’attente, heureux de constater qu’elle n’avait pas désempli.

A l’heure du diner, il ne restait plus que Chantal pour me regarder manger, je m’apprêtais aussi à passer une nuit sans voisin de chambre.

J’espérais que ce week-end allait être marqué par la fin de ma présence en ce lieu, je prenais donc mon mal en patience, cette nuit de solitude et de questionnements pouvant être l’avant dernière.  

J’étais paisiblement en train de regarder la télévision lorsque les aléas de la vie vinrent une nouvelle fois me perturber l’esprit. Sans crier gare, trois membres du personnel médical firent irruption, m’informant que j’allais être immédiatement transféré.

Je n’eus pas le temps de poser la moindre question, car aussitôt mon lit déambula dans les couloirs, et je me retrouvai très vite dans une chambre double côté fenêtre. La tension était palpable au sein du personnel, une aide-soignante manqua à son devoir de réserve, en exprimant haut et faire, son ras le bol devant moi.

J’étais déménagé car le service avait besoin de la place pour y accueillir deux patientes, je ne pouvais guère protester, et d’ailleurs je n’en avais pas envie car la gêne était légère, d’autant que la télévision fut rétablie très rapidement, et que l’ensemble de mes affaires retrouvèrent la place que je leur avais attribuée.   

Tout le temps de ce tohu-bohu mon voisin resta impassible, les écouteurs sur les oreilles, et les yeux rivés sur son écran. Nous ne prîmes pas le temps de nous adresser la parole, ni même avant d’éteindre définitivement la lumière.  

Profiter de la proximité des fenêtres n’était pas un mince avantage, dès l’ouverture des stores je pus en effet me rendre compte du temps qu’il faisait, sans avoir besoin de le demander. J’avais mal dormi, mais ce n’était pas un scoop, car ce problème récurrent chez moi, n’avait fait que s’aggraver durant ce séjour.

Mon voisin demeurait peu loquace, il avait accepté contraint et forcé de s’installer au fauteuil pour prendre son petit déjeuner. Nous étions à présent côté à côte en train d’avaler une tasse de chocolat, séparés seulement par un rideau au trois quart ouvert. Il n’eut qu’une hâte retrouver son lit, d’ailleurs lors de la visite de sa chirurgienne, je crus comprendre qu’il souffrait d’une infection post-opératoire, accompagné d’une fièvre tenace. J’avais connu le même scénario une semaine plus tôt, et je comprenais aisément son envie de tranquillité.      

Ce dimanche était le second que je passais en ce lieu, et j’étais toujours perfusé dans l’attente des résultats d’une prise de sang qui me délivrerai peut-être de ma ‘’geôle’’. Pour l’heure le personnel étant réduit, personne ne me reprochait de rester trop longtemps au lit, et je ne manquai pas d’en profiter. Je pris moins de plaisir à faire ma toilette, car je manquais cruellement d’énergie, et chaque geste me coutait des efforts infinis. Je sentais mes muscles se recroqueviller, chaque jour ils devenaient un peu plus raides et douloureux. De plus j’avais la hantise de faire un mauvais mouvement, car ma perfusion restait un problème épineux, et je craignais une nouvelle intervention douloureuse de l’infirmière.     

Le temps commençait à me peser sérieusement, la télévision n’arrivait pas à tuer mon impatience, je supportais également de moins en moins cette solitude qui m’accompagnait une bonne partie de la journée.

A l’heure du déjeuner, je me retrouvai côte à côte avec mon voisin, mais cette fois le rideau totalement ouvert, ce qui ne me convenait guère, car je n’étais pas du tout à l’aise de devoir renoncer à mon intimité, d’autant que le repas s’effectuait dans un calme olympien, terriblement pesant. Je tentai malgré tout d’engager la conversation avec mon acolyte, mais nul doute il était fatigué, et me répondre le conduisait à faire des efforts bien inutiles, je renonçai donc à poursuivre ma tentative.

La grosse majorité de parents et amis étant venue me rendre visite durant ces deux dernières semaines, je m’apprêtais à passer un après-midi bien calme, mais contre toute attente ma belle-sœur vint effacer un peu de mon ennui jusqu’à l’arrivée de Chantal, qui comme prévu fut un peu plus en retard que d’habitude.

Un quart d’heure avant la vérification des constantes, j’eus une autre surprise avec l’arrivée de l’un de mes collègues de travail accompagné de sa femme. Nous restions de très bons amis, malgré mes très nombreuses années d’inactivité.

Leur départ marqua la fin de cette journée, le plateau repas du diner étant sur le point d’être servi.

J’allais passer ma dernière nuit d’hôpital, mais pour l’heure je l’ignorais encore.  

 



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