Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 12

taur

Le chirurgien était très matinal en ce lundi 11 janvier, FR venait me rendre visite pour me donner la bonne nouvelle. D’une part mes derniers résultats sanguins faisaient état d’une charge virale considérablement diminuée dans mon organisme, et d’autre part la lésion tissulaire constatée une semaine plus tôt n’était plus qu’un mauvais souvenir.  

Ma sortie était prévue en milieu d’après-midi aux alentours de seize heures. Instantanément toutes les souffrances subies durant ces quinze derniers jours s’envolèrent de mon esprit pour ne laisser la place qu’à un élan de joie et de profond soulagement.

Les dernières constantes n’étaient prises que pour la forme, mais je m’y adonnai sans la moindre réticence, d’autant que l’infirmière profita de ce moment pour me retirer mon cathéter.

Ainsi donc il avait fallu attendre les derniers instants pour être totalement libéré de mes entraves, mais là encore j’oubliai sur-le-champ mes misères.

Mon voisin sombrait dans l’apathie et la communication stérile, il n’y avait aucun moyen de le sortir de ce comportement pour le moins négatif, je respectai donc son besoin de silence.

Le plateau du déjeuner desservi, il fallait comme tous les après-midi s’armer de patience, avant de retrouver un peu d’animation dans la chambre. La télévision restait une fidèle compagne, mais je commençai à être saturer d’images.

Alors que les jours précédents je n’y prenais pas garde, les aiguilles de mon réveil semblaient s’être arrêtées, mettant ma fébrilité à rude épreuve. Inquiet de ne pas voir quelqu’un m’apporter mon bulletin de sortie d’hospitalisation ainsi que mes ordonnances, je rejoignis le couloir, surpris de n’y trouver aucune âme qui vive.  

Comme je le dis souvent dans ce témoignage, la patience est un dur travail qu’il faut effectuer sur soi-même,  mais elle est aussi une vertu qui porte toujours sa récompense. Après avoir arpenté deux ou trois fois aller et retour le long couloir, j’aperçus enfin au loin une blouse blanche occupée par la lecture d’un dossier.

Mon interlocutrice ne me rassura guère, l’ensemble du staff médical était en réunion, elle allait s’occuper de mon cas, mais il n’était pas sûr qu’elle puisse faire preuve d’efficacité.

Je n’avais pas d’autres choix que de retourner dans ma chambre, et d’espérer une solution rapide pour retrouver enfin ma liberté.    

Jusqu’à la dernière minute il fallait dompter son ennui, et ce ne fut qu’à l’arrivée de Chantal que je pus enfin retrouver un peu de sérénité.

Lorsque la porte s’ouvrit sur le sourire de l’aide-soignante, je compris que l’heure de la délivrance était enfin arrivée. Après avoir passé quinze jours d’abord en chemise de malade, puis en pyjama, en enfilant mes habits de ville, j’eus l’impression de retrouver soudainement mon identité laissée au placard quatorze jours avant.  

Malgré la souffrance, les multiples frustrations, un séjour à l’hôpital peut être aussi une aventure humaine, j’aurais aimé saluer deux ou trois personnes avec lesquelles j’avais eu de très bons rapports, mais le couloir restait désespérément désertique, et nous partîmes comme des voleurs.

Nous n’avions pas choisi mon heure de sortie, mais c’était le pire moment de la journée pour mettre le nez dehors. Le ciel était d’un noir intense, et inquiétant, des bourrasques de vent et des trombes d’eau dissuadaient quiconque de franchir la porte du hall d’accueil.     

Un séjour à l’hôpital c’est un tiers de temps à supporter son corps endolori, et les deux autres tiers à attendre le retour à la maison, je n’étais donc pas à quelques minutes près. 

En passant le sas d’entrée, je respirai mes premières bouffées d’air frais depuis bien longtemps, j’étais comme sonné, j’avais l’impression de découvrir une autre planète, bizarrement je quittais le personnel médical avec une certaine forme de nostalgie. J’avais été contraint de mettre ma vie entre parenthèse le 29 décembre 2015, aussi était-il à présent nécessaire de reprendre le cours de ma vie. 

Je me sentais comme un voyageur entrant dans sa maison après une longue absence, un peu perdu mais heureux de retrouver mes habitudes familiales. Je me tâtai le ventre pour être bien sûr que je n’avais plus mal. Etais-je sorti d’un mauvais rêve, la chance allait-elle enfin tourner à ma faveur, je voulais y croire, c’était là le seul moyen de poursuivre le chemin.   

  



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