Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 14

avala

Lorsque je parlais d’une période de relative accalmie, ce n’était pas des paroles en l’air. Depuis ma sortie de l’hôpital je n’avais pas cessé de voir des infirmières, j’avais été reçu en consultation par mon oncologue, et par FR le chirurgien qui m’avait opéré.

En ce jeudi 21 janvier cette fois c’était l’ORL qui m’attendait de pied ferme pour vérifier l’état de mes tympans.

L’hôpital devenait petit à petit ma résidence secondaire, nous en connaissions tous les coins, et recoins. C’était la onzième fois en deux ans que le docteur M me recevait dans son cabinet. Il ne possédait pas les pouvoirs d’un certain Merlin l’enchanteur qui d’un coup de magique aurait été capable de me guérir sur le champ. Mon cas n’était pas unique, mais excessivement rare, des oreilles qui coulaient en permanence ne formaient pas l’essentiel de sa clientèle. Il se contenta d’examiner à l’aide de son otoscope, mes conduits auditifs ainsi que mes tympans, et il ne constata pas d’infection. Il prit la peine ensuite comme à chaque visite d’aspirer les impuretés, il ne pouvait pas faire grand-chose d’autre pour moi. Il conclut la visite en nous donnant des échantillons d’antibiotiques auriculaires à utiliser évidement à bon escient. Il ne jugea pas nécessaire que je le revoie avant la fin de l’été.

Quatre jours plus tard, alors que j’en avais terminé avec les piqûres de Lovenox, je fus réveillé au chant du coq par une infirmière qui venait m’effectuer une ixième prise de sang avec les difficultés désormais coutumières, pour revenir ou non le lendemain suivant les résultats, m’injecter une dose de Xgéva

Etait-ce condamné à jouer de malchance ? Le destin ne m’était pas favorable, et comme je l’ai souvent mentionné dans l’écriture de ce témoignage, je n’avais de cesse de me demander pourquoi.

Il y avait à peine une semaine que j’avais vu FR qu’une petite plaque rouge réapparut en périphérie de la cicatrice de mon drain. Comme je suis du genre à penser que les choses finissent toujours par s’arranger, je ne m’en inquiétai pas outre mesure.

Les jours suivants la petite plaque rouge s’était étendue, et je ressentais de légers picotements, voir même quelques douleurs provoquées par le frottement de ma ceinture élastiquée de pantalon.

La nuit j’avais retrouvé ma position de côté droit pour m’endormir, et comme par hasard celle correspondant à la zone affectée. Chaque mouvement était un supplice, mais curieusement et à condition de ne pas bouger,  j’arrivais à me caler dans le lit où je finissais par m’endormir. Se réveiller signifiait quasiment le reste de la nuit sans sommeil, heureusement j’arrivais quand même à me reposer convenablement. Tous les matins je me levais avec l’espoir d’une amélioration, et tous les matins je regardais une ceinture rouge violacée qui continuait inlassablement de s’étendre.

Le vendredi 29 janvier soit un mois jour pour jour après mon entrée aux urgences, la mort dans l’âme, j’acceptai que Chantal prenne un rendez-vous chez mon généraliste.

Trois personnes attendaient leur tour avant moi dans la salle d’attente, j’avais tout le loisir de cogiter, et je n’étais pas spécialement détendu. Qu’allait-il me dire ? Mon destin allait-il me conduire encore à l’hôpital ?    

Lorsque le docteur C vint me chercher, mais tempes se mirent à battre à tout rompre, j’étais pris encore une fois dans un engrenage où aucune échappée ne s’offrait à moi.

Il me demanda d’ôter ma veste polaire et mon t-shirt, il palpa la zone enflammée, j’émis quelques grimaces, mais je ressentais plus de douleurs en surface qu’en profondeur. Il se voulu rassurant, il ne constatait pas de formation de pue, et il était persuadé qu’avec un traitement antibiotique, l’affaire serait vite classée. Il termina sa consultation en auscultant mon cœur, et en prenant une tension largement au-dessus de la moyenne habituelle. J’étais énervé et le médecin l’avait bien compris, il constata des dizaines de petits points rouges sur mon torse, et avant même que je lui en fasse la remarque, il m’expliqua qu’il s’agissait d’un signe évocateur de stress intense.

Nous remontâmes donc dans la voiture avec une ordonnance de Pyostacine à prendre matin midi et soir pendant dix jours, et une autre de prise de sang à effectuer le lundi suivant.

Je me sentais pleinement rassuré, je ne doutais pas un seul instant de l’efficacité des antibiotiques, et surtout j’évitais une nouvelle hospitalisation, je pouvais donc aborder le week-end un peu plus sereinement.

J’étais forcément très mal à l’aise avec cette lésion cutanée aussi mal placée, mais il fallait que je prenne mon mal en patience. Au cours de toutes ces années la maladie m’a appris la philosophie. La meilleure manière de combattre le mal, c’est faire en sorte de l’ignorer.

 

 

 



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