Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 15

zzozo

Malgré ma meilleure volonté, il fut difficile le week-end qui suivi d’oublier l’effet d’apesanteur que je ressentais sur le côté droit. J’avais adopté une tenue décontractée assez ample pour contrer les effets négatifs des frottements de mes vêtements sur la lésion, mais je vivais une situation plutôt inconfortable, et je me sentais soulagé uniquement lorsque je m’allongeais sur le dos.

Je n’avais pas lieu de m’alarmer puisque je n’avais commencé mon traitement que le vendredi soir, il fallait laisser le temps au temps.

Le lundi matin aux aurores, l’infirmière vint me prélever un peu de mon sang, conformément à l’ordonnance qui m’avait été prescrite par le généraliste.

Au levé du lit ma peau étant tout aussi rouge et enflammée que la veille, je savais que les résultats de laboratoires ne seraient pas bons, mais comme j’étais sous antibiotiques, j’imaginais que pour le docteur C, il ne s’agissait  là que d’un examen de surveillance. 

J’étais en train d’émerger de ma sieste lorsque j’aperçus sur mes genoux un petit billet écrit de la main de Chantal qui s’était absentée : rendez-vous chez le généraliste 16 h 45.

Voilà qui me donnait une nouvelle fois matière à réfléchir. Qu’avait-il décelé dans ma prise de sang qui l’incite à me revoir ?  Ainsi-donc je revenais à la case départ, pas plus avancé que je ne l’étais le vendredi précédent. Mon après-midi était gâché, et je me faisais violence pour m’occuper l’esprit, mais le cœur n’y était pas.

Encore une fois mon organisme était soumis à dure épreuve, car si je donnais l’impression d’encaisser ces assauts successifs de la maladie avec une certaine forme de sagesse, il n’en restait pas moins vrai qu’au fond de moi-même le traumatisme de ces onze années de luttes incessantes était bien réel, et je devais composer avec, ce qui n’était pas aussi simple que ça.    

Je me retrouvais donc encore une fois coincé entre les quatre murs d’un cabinet médical qui s’habituait à ma présence. La salle d’attente était quasiment vide, je n’allais donc pas devoir attendre trop longtemps, ce qui constituait un point positif, dans cette affluence d’ondes négatives qui déversaient sur moi leur fiel depuis déjà bien trop longtemps.

Ma prise de sang s’avérait en effet très préoccupante, la charge virale détectée par le laboratoire était très largement au-dessus des normes, je souffrais donc d’une importante infection qui nécessitait de prendre toutes les précautions possibles.   

Pourtant une fois de plus le médecin se voulait rassurant pour moi, et pour lui-même. Certes la lésion continuait sa progression, mais il n’y avait aucune trace de putréfaction. Je débutais mon traitement aux antibiotiques, il fallait faire confiance en leur efficacité. Il leur restait une semaine pour faire leur preuve, au bout de laquelle je subirais une sempiternelle prise de sang pour faire un bilan.

Je ne repartais pas du cabinet le cœur léger, je ne partageais pas l’optimisme du médecin, quoique je voulais encore croire à une amélioration sinon rapide, du moins progressive.

Mon programme était chargé, autant pas les rendez-vous imprévus que par ceux qui l’étaient. Ainsi le mardi 2 février, le dentiste m’avait réservé une place parmi ses créneaux horaires. Cette visite semestrielle était obligatoire en raison de mes traitements anticancéreux qui fragilisaient la dentition. Je n’avais absolument pas mal, et je respectais scrupuleusement ses consignes en matière d’hygiène buccale et dentaire, je n’eus donc aucune appréhension lorsque je quittai ma maison pour rejoindre à pied le cabinet du docteur P, situé à deux pas de chez moi. 

Comme rien n’est simple en ce qui me concerne, cet examen de contrôle décelait une carie sous couronne. Cette molaire supérieure droite bien que dévitalisée posait problème, sans soins elle risquait de se briser en plusieurs morceaux, et le dentiste jugeait important de la préserver. 

« Je suis en train de faire du bricolage ! »

Ces mots venaient directement de la bouche du dentiste, et je m’étonnai qu’il se laisse aller à une telle confidence. En fait il n’était pas question d’ôter la couronne, la dent était trop fragile, aussi devait-il composer avec. La tâche n’étant sans doute pas facile, il s’était senti soulagé de me le faire savoir.

Je ne peux pas dire que j’étais en train de vivre une partie de plaisir, mais j’en avais vu bien d’autres, et je n’avais pas spécialement la phobie de la roulette dentaire.  

Cependant pour être honnête, je me tenais un peu raide, et j’avais hâte que ‘’l’aventure’’ se termine, d’ailleurs je sentais des rougeurs envahir mon visage, signe que mon état de stress s’amplifiait au fil des minutes.

Entre examen de la bouche, prise de radiographie, traitement de la carie, et détartrage complet, il avait fallu pas loin de trois quart d’heure au praticien, pour me libérer de mon fauteuil.   

Mon optimisme d’avant rendez-vous venait d’être une fois encore contredit par la réalité, je rentrai donc chez moi en me faisant la promesse de ne plus jamais faire de prévisions concernant ma santé.  



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