Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 16

alien

Je trimbalais toujours cet ‘’Alien’’ et il me pourrissait copieusement la vie. Etait-il en train de s’installer durablement ? Etais-je en train d’affabuler ?

Pourtant au fil du temps de mauvaises pensées naissaient dans ma tête, car je le sentais grandir et grossir en moi, alors que j’essayais tant bien que mal de me prouver le contraire.

J’étais cependant partiellement rassuré, car les antibiotiques offraient une barrière protectrice qui pour l’heure freinait considérablement la propagation du mal, j’en étais du moins intimement persuadé.

Depuis le 29 décembre mon organisme subissait des assauts répétés de la maladie, et il puisait dans une énergie devenant de plus en plus rare. J’étais fatigué et lorsque je n’étais pas chez les médecins,  mon emploi du temps se résumait à peu de choses, je passais de mon lit à mon fauteuil, où je m’occupais l’esprit en lisant un livre, ou en effectuant des mots fléchés.

Comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois lors de ce témoignage, je pouvais comparer mon cancer à une voiture, mon arythmie cardiaque, mon hypertension, mon hypothyroïdie, mes insomnies, mes problèmes auditifs, et mes apnées du sommeil à des options.  

Justement en matière d’options, l’apnée du sommeil était une de mes préoccupations du moment, et j’avais rendez-vous le jeudi 4 février au cabinet de mon cardiologue pour que nous nous penchions sur la question.

Compte-tenu de mon état  de faiblesse, le généraliste nous avait conseillé de téléphoner une heure avant de partir de chez nous au cabinet de cardiologie, car le spécialiste accusait souvent beaucoup de retard, aussi était-il inutile d’infliger à mon organisme une contrainte supplémentaire.

Ce n’était pas le docteur L qui allait nous recevoir, mais une infirmière qui avait été embauchée pour le décharger de certaines tâches ne relevant pas d’une compétence particulière. Madame LT pouvait nous accueillir à peu près à l’heure, nous ne tardâmes donc pas à monter dans la voiture pour rejoindre la clinique.

Madame LT était un petit bout de femme affable, souriante et très communicative. Elle nous expliqua très en détail comment allait se dérouler l’opération, et comprit fort bien ma réticence lorsque le moment fut venu de faire la démonstration du masque qui allait être peut-être le quotidien de mes nuits.

L’examen portait le nom scientifique de polygraphie ventilatoire, consistant à enregistrer ma respiration nocturne. L’appareil qu’elle allait me poser était capable de dépister et diagnostiquer le syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

Elle me demanda de me mettre torse-nu, puis débuta un semblant d’épilation nécessaire à la pose de différents capteurs.

Un capteur en forme de pince sur le bout d’un doigt pour mesurer l’oxygène et la fréquence cardiaque, un pour percevoir les bruits respiratoires et les ronflements, deux pour détecter les mouvements respiratoires, le tout étant relié à un boîtier qu’elle me fixa solidement au poignet gauche, à la manière d’une montre. Le seul travail qu’il nous restait à faire au moment du coucher c’était de me poser des lunettes nasales au préalablement branchée à ce même boîtier, pour mesurer le flux d’air respiré durant la nuit. Enfin nous devions restituer l’appareil le lendemain matin, pour qu’une analyse approfondie soit faite par le médecin, au terme de laquelle nous serions tenus informés de la procédure à suivre.

J’avais déjà subi un tel examen au début des années 2000, à l’époque cela avait nécessité une hospitalisation d’une nuit, mais grâce au progrès technique, je pouvais à présent rester chez moi, aussi j’acceptai sans trop de réticence de supporter cet encombrant accoutrement jusqu’au lendemain.

Handicapé par mon infection post-opératoire, et gêné par le port de mon appareillage, je doutais sur mes capacités d’endormissement, pourtant je me réveillai le vendredi 5 février au petit matin, plutôt satisfait de ma nuit. Les dés étaient jetés, il fallait maintenant patienter pour savoir à quelle sauce j’allais être mangé.

Cet examen était censé être le dernier des nombreux contacts que j’avais eu avec les médecins depuis le  29 décembre, mais j’en étais beaucoup moins persuadé, car mon côté droit continuait à me faire un mal de chien, et j’avais beau faire un important travail sur moi pour ne pas dramatiser, je constatais avec amertume que si la lésion ne s’était pas étendue, elle n’en demeurait pas moins  d’un rouge violacé qui ne me disait rien qui vaille.



Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie