Nouvelle zone de turbulences, aussi douloureuses qu’inattendues, suite 17

 

 

 

nue

Le week-end s’annonçait bien peu folichon, dans mes rêves agités, j’avais senti s’abattre sur moi un vent chaud soufflant voilement du désert, et j’avais reçu l’image d’une nuée de sauterelles m’assaillant dans l’intention de me nuire au plus haut point. Mon côté droit me faisait mal et je discernais un net gonflement de la peau, qui ne laissait rien présager de bon. Je contrecarrais la douleur en prenant des antalgiques, mais j’étais à présent certain que ma prise de sang du lundi me réserverait de nouveaux déboires.

Avec une moyenne de 3 à 4 prélèvements sanguins par mois en onze ans, je frisais les 460 piqures et analyses associées, l’infirmière ne savait vraiment plus où enfoncer son aiguille.

En ce lundi matin du premier février je voulais croire encore au miracle, car la nuit n’avait pas été finalement si mauvaise, et la douleur était minime. Je détestai le moment où il fallut se déshabiller pour prendre une douche, car je dévoilais à mes yeux, un corps déformé autant par mes multiples opérations, que  par cette infection qui n’avait pas cédé un pouce de terrain aux effets soi-disant curatifs des antibiotiques.

Cette fois une auréole blanchâtre apparaissait sur ma peau en périphérie de la cicatrice laissée par l’ablation du drain. Je ne voyais pas ça d’un bon œil. Il n’y avait pas de doute possible, dès le début de l’après-midi nous allions recevoir un appel téléphonique alarmiste du médecin.  

Malgré mon mal être, j’avais quand même eu envie de m’allonger, sinon pour faire la sieste, du moins pour me reposer un casque d’écoute télévision sur les oreilles.

Isolé dans mon univers de malentendants, je ne percevais aucune manifestions du monde extérieur, mais je me tenais prêt à toutes éventualités.

En composant le numéro de téléphone du médecin généraliste, Chantal avait bien fait de prendre les devants. Contre toute attente les résultats de ma prise de sang œuvraient dans le sens d’une nette amélioration, aussi selon l’avis du praticien,  les antibiotiques ayant fait leur travail, mon affaire était classée.

Au vu de la situation qui était loin de correspondre à son diagnostic, C compris très vite qu’il ne fallait pas en rester là. Il faisait le nécessaire pour contacter l’hôpital, afin d’obtenir un rendez-vous de toute urgence.

Je n’osais pas palper mon côté droit, une grosseur de la taille d’un œuf de poule me tiraillaient la peau. Outre les tiraillements, je sentais des douleurs, des brûlures, des picotements voir même par moment des démangeaisons qui me donnaient l’envie de gratter là où ça faisait très mal.

Au service de chirurgie digestive du centre hospitalier, la salle d’attente était bien remplie, le chirurgien qui m’avait opéré était absent, c’était donc sa collègue madame M qui allait m’ausculter.

Notre rendez-vous s’ajoutait à d’autres rendez-vous de patients prévus de longue date, l’attente risquait d’être importante, il fallait s’armer de patience mais dans ce domaine nous en connaissions un rayon.

Je n’avais pas prévu d’emporter des mots fléchés, j’avais donc tout le temps d’observer autour de moi l’agitation des couloirs, et l’indiscipline des gens qui utilisaient leur portable alors qu’une inscription sur le mur interdisait son utilisation.

Je me triturais les méninges. Comment la chirurgienne allait-elle s’y prendre pour me sortir de ce mauvais pas ? Étais je condamné à une nouvelle intervention chirurgicale et donc à une hospitalisation possible ? Allais-je devoir souffrir davantage alors que mon organisme n’en pouvait plus de supporter la torture ?

J’en étais là de mes funestes pensées lorsqu’un besoin naturel me ramena à la réalité, je ralliai donc les toilettes pour soulager ma vessie, avant de m’armer une nouvelle fois  de patience.

En retournant dans la salle d’attente, subitement je perçus au niveau du bas des reins une sensation de vêtement humide collant fermement à ma peau. J’en fis part à Chantal que j’invitai à m’accompagner une nouvelle fois  aux toilettes, pour éclaircir un mystère qui en n’était pas un. L’abcès venait d’éclater, et mon t-shirt absorbait une grande quantité d’un liquide jaunâtre bien peu ragoutant. Il fallait faire vite car la plaie béante continuait de déverser son ‘’fiel’’, et le spectacle n’était pas beau à voir, à en juger la réaction de Chantal qui me semblait avoir perdu un peu de son sang-froid habituel.  

De mon côté j’adoptai une attitude beaucoup plus sereine, d’une part parce que j’évitais de regarder la lésion, et d’autre part parce que mon extrême tension nerveuse liée à la douleur venait brusquement de se volatiliser.



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